A propos des jugements mondains ou populaires que l’on entend prononcer sur tout et partout — y compris ici et par moi-même — voici un extrait du dernier volume de « A la Recherche du temps perdu », « Le Temps retrouvé ».
A travers les propos de Mme de Forcheville, anciennement Odette Swann, anciennement Odette de Crécy, cocotte de luxe, l’auteur se moque des avis subtils et définitifs que les gens émettent avec le plus grand sérieux sur le sujet de l’époque, à savoir la Première Guerre Mondiale.
Il (Monsieur de Charlus) finit par une remarque juste : « Ce qui est étonnant, dit-il, c’est que ce public qui ne juge ainsi des hommes et des choses de la guerre que par les journaux est persuadé qu’il juge par lui-même. » En cela M. de Charlus avait raison. On m’a raconté qu’il fallait voir les moments de silence et d’hésitation qu’avait Mme de Forcheville, pareils à ceux qui sont nécessaires, non pas même seulement à l’énonciation, mais à la formation d’une opinion personnelle, avant de dire, sur le ton d’un sentiment intime : « Non, je ne crois pas qu’ils prendront Varsovie » ; « Je n’ai pas Continuer la lecture de Je ne crois pas qu’ils prendront Varsovie
(…) Il fallait que je continue à marcher vers le centre. Plus loin, j’atteignis une allée faite de dalles irrégulières en béton formant un trottoir le long duquel quelques voitures étaient garées.