Morceaux choisis
De temps en temps, j’ouvre un Vialatte et je navigue au hasard parmi ses chroniques. J’y trouve parfois quelque chose, quelque chose de drôle, ou d’émouvant ou de bien dit, mais la plupart du temps, c’est quelque chose de bien dit, de drôle et d’émouvant. La preuve :
La peinture de précision
Passons à la peinture. La poésie naît de la précision. Comme en toute chose. Non de la ressemblance. Le père de Max Ernst pensait pourtant que la ressemblance était enfant de la précision et tenait à elle sur toute chose. Un monsieur lui commanda le portrait de son jardin. Il le peignit de mémoire, puis la commande livrée, s’aperçut qu’il manquait un arbre. Il n’osa redemander la toile et passa une nuit dans l’angoisse. Le lendemain il prit une scie et coupa l’arbre. Après quoi il vécut en paix.
La liberté préférée des hommes
(…les gouvernements forts) sont ceux que préfèrent les hommes. Ils n’aiment la liberté que pour la réclamer. Quand ils l’ont ils ne savent qu’en faire. Ce sont des choses qu’il ne faut pas leur dire parce qu’ils ne Continuer la lecture de Vialatte, au hasard des chroniques
Morceau choisi
« On ne peut pas toujours lire l’histoire de Monsieur Dupont qui épousera Mademoiselle Durand à la page 240 après mille péripéties qui ont bien failli nous faire croire le contraire. (Dieu ! Que j’ai frémi pour leur bonheur !) On sait bien qu’elle est fille d’officier supérieur, qu’elle fut chargée de diplômes comme un âne de reliques dans les couvents les plus distingués, qu’elle connaît 
Après Marcel Proust, voici Alexandre Vialatte qui reconnait l’importance du temps perdu.