Aventure en Afrique (40)

temps de lecture : 6 minutes 

Voir la mer (1)– la soudure
Début novembre, un soir au cours d’un apéritif, nous avions évoqué les vacances que nous pouvions pendre au mois de décembre soit une année pleine de service. Henri nous a dit en plaisantant : « en tant qu’Alsacien, je n’ai jamais vu la mer ». Il y eu un grand blanc puis un « pourquoi pas ? ».

Je précisais : « Je me permets de vous rappeler qu’officiellement nous n’avons pas le droit de sortir du département de Niamey sans un laissez-passer ».
Nous nous mîmes au travail : trouver une carte Michelin de l’Afrique Nord et Ouest, choisir un itinéraire, relever les positions des stations-services, des campements…Nous avons appris plus tard, à nos dépends, que sur le lot ils y en avaient de non approvisionnés depuis plusieurs semaines, de fermés et “Via Michelin“ n’existait pas encore.

Continuer la lecture de Aventure en Afrique (40)

Il va falloir passer aux choses sérieuses

Bon, le 14 juillet, c’est passé. Finis les lampions, finis les flonflons, finis les pétards et les belles bleues, il va falloir passer aux choses sérieuses. 

Vous avez peut-être dégusté en fin gourmet les acidités mondaines d’un Blind dinner parisien. Avec La Mitro, vous avez probablement souri à la journée la plus extraordinaire d’une petite ville de Provence, vous avez été charmés par l’innocence de Sassi Manoon et de ses Texas Rangers , surpris par le cours d’une journée vraiment pas faite comme les autres, étonnés par les véritables circonstances de la mort de Jules César… Mais ça aussi, c’est fini. Il va falloir passer aux choses sérieuses.

Et l’“Histoire de Dashiell Stiller“ , ça c’est chose une sérieuse :

Paris, mai 1935. Dashiell, jeune touriste américain, prend une photographie de la terrasse d’un café du Boulevard St-Michel, le Cujas. Treize années plus tard, il est de retour à Paris pour rencontrer les huit Continuer la lecture de Il va falloir passer aux choses sérieuses

PRÉFACES (15)

C’ÉTAIT UN JOUR QU’ÉTAIT PAS FAIT COMME LES AUTRES(1)

Un soir, avec des amis, nous parlions des tics de langage, de ces formules toutes faites, de ces syntagmes figés dont les gens, tous, émaillent presque involontairement leurs discours. Certains ne peuvent prononcer une phrase sans la commencer par « Du coup… » ou par « C’est pour ça… ». Il y a aussi le très classique « Tu vois » ou sa déclinaison plurielle « Vous voyez » avec l’insupportable « Vous voyez ce que je veux dire…», les agaçants « Écoute » et « Écoutez », le menteur « Je te raconte pas… » Il y a le faussement modeste « Je ne sais pas, moi, mais… » et le faux cul « Je ne suis pas (raciste, croyant, très intelligent…),mais… ». Pour cette préface, on en passera, et des meilleures. Mais je ne peux passer sur celle-ci, la meilleure à mon sens : l’un d’entre nous jura qu’il connaissait quelqu’un qui commençait toujours le récit de la drôle d’aventure qui venait de lui arriver, et il lui en arrivait chaque jour, en disant « Eh ben ! on peut dire que c’était un jour qu’était pas fait comme les autres ! »

Continuer la lecture de PRÉFACES (15)

Aventure en Afrique (39)

La vente aux enchères
       Un matin vers 10 heures, dans mon bureau, un de mes gars me dit « patron tu as vu, il y a un européen dans la cour. Le connais-tu ? « Non je ne le connais pas  » Une demi-heure plus tard, l’homme était toujours là debout en plein soleil. Je lui proposais de venir s’asseoir dans mon bureau bien que n’ayant pas encore de climatiseur.
Européen ? Il avait un fort accent canadien ! L’homme m’expliqua qu’il devait y avoir ce matin-là une vente aux enchères de vieux véhicules, dans la cour. Je demandais à mes gars, personne n’était au courant.
Vers 11h30 arrivait une grosse Mercedes noire avec un chauffeur : c’était le commissaire-priseur. En quelques minutes une trentaine de personnes arrivaient dans la cour. Je me glissais au milieu de mon personnel et d’autres du Génie-Rurale pour assister à la vente. Le commissaire-priseur nigérien, avec, ses lunettes noires son petit cartable en cuir, un papier et un stylo en or à la main, se tenait devant des véhicules. Continuer la lecture de Aventure en Afrique (39)

Les corneilles du septième ciel (30)

Chapitre 30

A l’Hôtel du Ragondin Bienveillant où il dormit à Fontenay, Ph. s’était levé de bonne heure et avait quitté les lieux avant même l’ouverture de la salle à manger pour le petit déjeuner, fait aussi surprenant qu’inhabituel chez lui. Malgré la saison, il faisait donc encore nuit quand il s’installa au volant de sa voiture. Aux alentours de six heures du matin et de la capitale du Marais, il s’arrêta pour prendre de l’essence et le pompiste, qui n’était pourtant pas un ancien camarade d’Ecole, l’identifia formellement lors de l’enquête ultérieure. A Coulon, un complice l’attendait à l’embarcadère de la Pigouille avec lequel il monta sur une petite barque qui disparut dans un canal latéral. Le responsable affirma que Ph. portait enroulé autour de son poignet droit le même fouet que celui d’Indiana Jones. Pourquoi s’enfonça-t-il dans le marais avec cette arme redoutable ? La perspicacité de nos trois enquêteurs aboutit assez vite à la conviction qu’il s’apprêtait à commettre un vilain forfait. Continuer la lecture de Les corneilles du septième ciel (30)