
Les discours officiels nous paraissent souvent prévisibles. Qu’il s’agisse de la promotion de la chasse aux papillons dans les territoires d’outre-mer ou de l’inversion du sens giratoire dans les ronds-points de Gueret dans la Creuse, les formules sont toujours les mêmes, consacrées (con-sacrées aurait dit RJR).
Bien que nous ne soyons pas en confinement, mais qui peut dire ce qui nous attend, je vous propose donc ce jeu : Imaginez que vous êtes un notable, Maire de Champignac ou Président de l’association des copocléphiles de Seine Inférieure, choisissez une cause, n’importe laquelle, et rédigez un texte pour sa défense en respectant scrupuleusement la structure et les débuts de paragraphes d’un texte en 19 points.
Si vous manquez d’idées pour des sujet brulants, je peux vous proposer : les embarras de Paris, le Wokisme à travers les âges, l’exposition comparée Monet/Mitchell, les vacances au Cap Ferret, la photographie en tant qu’art brut, la culture des fraises à Plougastel d’Aoulas…
Mais attention, ne seront pris en compte que les textes entrant strictement dans le cadre formel prescrit plus haut et ci-dessous :
Je porte le nez bas et le santon grave. C’est l’étang qui veut ça, sans route. Pourtant, toute allure, je m’étais rossé les genoux, trois cimaises chacun, rasé les talons et chantourné les pouces pendant dix brisures au moins. Mais, en descendant l’écailler, je me sentais tout coupé, tout triangulaire. Quand je suis sorti dans la brouette, c’était mur. J’avais la moufle flasque et le cadran de travers. Je ne remugle pas pourquoi, mais d’un seul trou d’un seul, j’ai nettoyé un sapin. Il était plus gland que moi, mais tambour ! Je lui ai tondu ce que j’avais sur le râteau. Il n’a pas dû skier, car il a remballé sans plus rafistoler. Ça m’a fait un chien flou, vous ne couvez pas bavoir. Mais quand même, depuis, j’ai le cheveu pensif. Je dois être amérique à quelque chauve. C’est chat, je suis amérique à quelque chauve, et ça me donne le cheveu pensif.

« Scio me nihilisme sire‘. Voilà ce que disait Socrate, du moins quand il acceptait de parler latin. C’est Platon qui nous le dit : « Je sais que je ne sais rien.« 

