Archives de catégorie : Récit

Aventure en Afrique (30)

temps de lecture : 4 minutes 

Le chantier de Saadia (suite 2)

      Quelque temps après, un jour à midi, une Mercédès noire était garée devant le bureau. Le chauffeur nous dit que monsieur le Ministre souhait nous voir. Nous indiquons que notre état ne nous permettait  pas de se présenter devant le Ministre. Nous étions transpirants, couverts de poussière. Que nous voulait donc le Ministre ?
Nous voilà parti en direction du ministère de l’Agriculture et de l’Élevage, pas très tranquilles. Pourquoi voulait-il nous voir si rapidement ? À l’arrivée nous sommes accueillis par une française, d’un certain âge avec un accent alsacien « les gars qu’avait vous fait, quelle est cette histoire de prière ? Le Ministre est furieux » C’était donc pour cela. Le Ministre arrivait passablement énervé. Il a été un peu surpris de nous voir dans notre tenue de travail sur les tapis de son bureau. Il nous dit : Continuer la lecture de Aventure en Afrique (30) →

Aventure en Afrique (29)

temps de lecture : 4 minutes 

Ce texte fait suite au 5ème épisode d’Aventure en Afrique : Le Chantier de Saadia, dont le lien est :  https://www.leblogdescoutheillas.com/?p=33002

Le chantier de Saadia (suite 1)

Le chantier avançait, mais lentement et cela commençait, Michel Granges et moi à nous inquiéter.
La grande difficulté, s’agissant de la réalisation de rizières sur des terrains presque plats (lit majeur du fleuve), résidait dans les différences des niveaux, pour que l’eau coule dans les canaux.
Mon prédécesseur avait quadrillé le chantier de grosses bornes en béton, parfaitement nivelées, sur lesquels nous nous rattachions en permanence. Pour avoir une homogénéité de précision sur l’altimétrie de ces repères : Il avait adopté dans les calculs une méthode de compensation dite par “les moindres carrés“. Méthode mathématique complexe à mettre en œuvre mais qui se justifiait Continuer la lecture de Aventure en Afrique (29) →

Rendez-vous à cinq heures à Chicago

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Have à Bud !
with Guy
in Chicago

Ah oui, une Budweiser pour se congratuler, c’est génial !

Ce monsieur épanoui sur une affiche publicitaire de 1993 collée sur le mur d’un restaurant de Chicago, symbolisait pour moi  cette ville animée et variée entre le lac Michigan et le Centre des Affaires, en passant par son anachronique Métro aérien – le Loop – des années 1900 avec ses quais en bois et son vacarme assourdissant qui me faisaient penser Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures à Chicago →

Les corneilles du septième ciel (9)

temps de lecture : 3 minutes 

(…) Bien au contraire, chez lui, la vie de tous les jours ressemblait à une vie monacale où l’on aurait fait vœu de silence. Personne n’avait le droit de raconter son dernier rêve ou de parler de ses problèmes. Cet homme pourtant dévoué à l’écoute de ses patients ne le fut jamais à celle de sa famille. Il ne s’intéressa ni à ses enfants ni, encore moins, à ce qu’ils pensaient. Le jour où son fils aîné médecin fut nommé chef de service dans un hôpital parisien, il ignorait sa spécialité …

Chapitre IX

Subitement, malgré sa décision de reprendre des études, Françoise alla mieux. Le docteur Philippe C. ne mit pas longtemps à en comprendre la raison. Lors d’un week-end chez ses parents, elle avait assisté au centre culturel interurbain de Chauvigny à une conférence donnée par Didier, le vrai Blonde. Elle connaissait tous ses écrits et elle éprouvait une véritable fascination pour son livre intitulé Leïlah Mahi. A partir d’un minimum d’informations récoltées à droite et à gauche, l’auteur avait imaginé Continuer la lecture de Les corneilles du septième ciel (9) →

De l’industrie au Luxembourg

temps de lecture : 3 minutes 
Bon, alors… Puisqu’il faut supporter chaque année, deux ou trois fois par an, ces panneaux qui reviennent le long de la rue de Médicis s’accrocher aux grilles du Luxembourg comme des chenilles processionnaires, autant que ce soit avec de belles photos. Cette année, pour une fois, on ne m’entendra pas protester contre la laideur et le mauvais goût des photos choisies par notre auguste Sénat pour cacher aux badauds de la rue les arbres, les pelouses et les joggeuses du plus beau jardin de Paris. Finis les hideux insectes grossis dix fois et colorisés cent fois pour faire peur aux bonnes d’enfant ! Finis les couchers de soleil photochopisés sur l’Adriatique par Boronali du Lapin Agile ! Finie l’exaltation des vieux métiers de France, les photos sépiatisées des plieuses de mouchoir de Cholet, de l’horloger du pendule de Foucault, des épépineuses de groseilles de Plougastel, des étêteuses de sardines de Douarnenez ! On en a enfin terminé avec Arthus Bertrand et ses sempiternelles vues de drones de drôles d’endroits ! Oubliées les bergeries de montagne, les fromageries de plaine et le tanneries de souks !

Cette année, place à la technique, à la technologie, à la science appliquée ! Place à la production du tout petit et à la fabrication du très gros ! Place à la méga-quantité et à l’ultra-précis ! Place à l’industrie !

Ici, on ne cherche pas à faire du joli, mais c’est beau. Oui, ils sont beaux Continuer la lecture de De l’industrie au Luxembourg →

Les corneilles du septième ciel (7)

temps de lecture : 2 minutes 

(…) La solitude, le goût des vieilles filles, ses difficultés avec les plus jeunes, conduisirent le jeune Philippe chez un autre médecin, le psychanalyste Henri Namur, qui réussit le tour de force de lui faire admettre enfin le bien-fondé de la réaction de Myriam.  A la fin de ses études de médecine, il choisit donc cette discipline à laquelle il devait tant.

Chapitre VII

En 1919, les arrière-grands-parents de Philippe d’origine juive avaient fui  la Crimée pour échapper aux bolcheviques. Sur le navire anglais qui les emmenait à Constantinople, leur fils, son grand père Isaac Kourilsky, alors âgé de dix ans, avait joué aux échecs avec le Prince Youssoupov émerveillé par ses dons précoces. En France, où sa famille s’installa, il épousa plus tard Esther Krawisky, une jeune fille juive d’origine polonaise. Ils eurent deux fils : Jacob, le père de Philippe, et Samuel, le père de Myriam. L’aîné fit de  brillantes études de médecine et fut nommé Chef du service d’Anatomo-pathologie au CHU de Poitiers.

Peu après sa cruelle désillusion avec Myriam, et Continuer la lecture de Les corneilles du septième ciel (7) →

Rendez-vous à cinq heures pour un duel

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Duel en Illinois
by Patrick

À propos de Spielberg et son premier film Duel qui m’a fasciné dès sa sortie il y a quelques 50 ans, j’ai conservé une véritable admiration doublée d’une certaine crainte parfois pour les vieux Mack Trucks US et leur calandre carrée, sans conteste les maîtres sur les routes US. Il y a une quarantaine d’années j’avais entrepris une collection de photos de ces monstres pour les mettre en album dont le titre était Truckologie. Jamais terminée bien sûr ! Cependant, en Octobre dernier, nous étions sur un « highway » pour un trajet d’une centaine de kilomètres depuis Chicago durant lesquels nous avons été constamment suivis par l’un de ces monstres qui manifestement s’amusait à accélérer jusqu’à notre pare-chocs puis à décélérer pour revenir à 2 mètres derrière nous, etc. Je l’ai laissé faire, un trucker a bien le droit – tous les droits – de s’amuser quand même ! Et puis j’ai pris cette photo dans le rétro, en souvenir car ces monstres sont en voie de disparition.

 

Les corneilles du septième ciel (5)

(…) En réalité, Françoise n’allait plus se confesser ni à la messe parce qu’elle avait découvert le jogging qu’elle pratiquait intensément et justement le mercredi soir, jour des confessions, et le dimanche matin, jour de la messe.

Chapitre V

Deux sujets passionnaient nos deux amies et animaient leurs discussions sans fin : l’Amérique et Jean-Paul Sartre. Françoise avait répété plusieurs fois à son amie qu’elle préférait le passé provincial à l’avenir anglophone. Annick, de son côté, ne démordait pas de sa passion pour les chefs d’œuvre du cinéma américain qui commençaient à dater comme le lui faisait remarquer Françoise quand elle était à court d’arguments. Les westerns en particulier la laissaient indifférente, et pour cause ! Les tracteurs Continuer la lecture de Les corneilles du septième ciel (5) →

Aventure en Afrique (28)

Temps de lecture : 5 minutes 

Captif ou esclave?

J’ai été perturbé par la rencontre fortuite avec une jeune fille captive dans le Camp du Lazaret. Je n’imaginais pas que cela existait encore de nos jours, la devise de notre pays étant “Liberté Egalité Fraternité” depuis deux siècles (abolition de l’esclavage: le 4 février 1794).

Henri et Bernard nous avait dit qu’un de leur collègue du Service du Cadastre était ingénieur géomètre, mais en tant que descendant d’esclaves, bien qu’affranchi, ne pouvait donner aucun ordre à quiconque y compris à une femme de ménage. Il devait travailler seul. On lui faisait uniquement calculer les coordonnées géographiques de points particuliers à partir de la position du soleil (faire un soleil). Un grand gâchis pour le pays pauvre en ingénieur. J’ai croisé une autre femme captive dans le camp du Lazaret. Celle-ci était chargée de jouer de la musique avec Continuer la lecture de Aventure en Afrique (28) →

Aventure en Afrique (27)

temps de lecture : 4 minutes 

Le marché de Filingué

Filingué se trouvait à 185 km au nord-est de Niamey. Chantal et moi nous y sommes rendus une fois en saison sèche et une fois en saison humide. Nous empruntions une piste en latérite à partir de la capitale qui était si déformée qu’elle avait pris la forme de tôles ondulées. Ce phénomène particulier fait d’ailleurs encore l’objet d’études par d’éminents chercheurs du CNRS et n’a toujours pas encore révélé tous ses secrets quant à sa formation.

La ”tôle ondulée” ébranlait fortement le véhicule. Les vibrations étaient telles qu’on avait l’impression que celui-ci allait finir par se démanteler à tout moment. C’était épuisant pour le véhicule, le chauffeur et les passagers. Avec les 2 CV, il fallait atteindre la vitesse de 60-65 km à l’heure pour que le véhicule passe à la crête des irrégularités. C’est seulement à ce moment-là que la direction devenait plus molle et l’adhérence presque nulle. Le freinage et le changement de direction étaient très délicats. À cette vitesse la caisse subissait peu de vibrations mais les suspensions souffraient. Pour effacer provisoirement la tôle ondulée, les services de la voirie passaient un gros balai cylindrique, en général tiré par un tracteur. Ce balai de 2.5 mètres de long faisait un petit angle par rapport aux ondulations. Ses poils étaient constitués de morceaux de câble métallique qui à la longue s’usaient et libéraient Continuer la lecture de Aventure en Afrique (27) →