Archives par mot-clé : Lorenzo dell’Acqua

Les corneilles du septième ciel (51)

Chapitre 51

La deuxième demande émanant des lecteurs du JdC rejoignait l’injonction du Bienaimé Rédacteur en Chef du JdC de disposer de la liste complète des acteurs des Corneilles. Malgré les obstacles, nous sommes parvenus à contacter l’auteur et à obtenir de lui non pas un résumé de son roman ce qui représenterait un travail trop colossal mais un récapitulatif de ses protagonistes ce qui n’est déjà pas si mal.

Françoise est l’héroïne à l’origine de cette fiction. Née à Joigny-le-Pont, elle vécut une enfance difficile en compagnie d’un poilu de la guerre de 14 qui n’en finissait pas d’agoniser jour et nuit devant sa fenêtre. Les conséquences psychologiques de ce traumatisme quotidien furent guéries par le docteur Philippe Premier. Elle fera la connaissance de Ph., le célèbre écrivain, au Café de Flore et du photographe Lorenzo sur les quais puis accompagnera ce dernier dans le Marais Poitevin où elle sera témoin de son agression par Continuer la lecture de Les corneilles du septième ciel (51)

Les corneilles du septième ciel (50)

Chapitre 50

Ne restait plus à Françoise et à Bruno qu’à démontrer l’existence du chantage supposé de Lorenzo sur le lauréat du Prix Goncourt. Ni l’une ni l’autre, pas plus d’ailleurs que l’auteur, n’avait la moindre idée pour y parvenir. Le hasard faisant bien les choses, ce fut le moment que choisirent les lecteurs du JdC pour poser deux questions à la rédaction. Cet intermède fit le bonheur de l’auteur des Corneilles Continuer la lecture de Les corneilles du septième ciel (50)

Les corneilles du septième ciel (46, 47, 48 et49)

Chapitre 46

L’arrêt du Conseil d’Etat annulant les résultats du référendum fut à l’origine d’une situation inédite comme n’en avait encore jamais connue le JdC. En effet, son fondateur en 1912, monsieur Emile Zola, avait imposé que l’Assemblée des lecteurs ait 51 % des voix au Conseil de Gestion du journal. Cette mesure considérée comme démagogique par la plupart de ses directeurs successifs, allait remettre en cause son existence même. Le rejet par le Conseil d’Etat Continuer la lecture de Les corneilles du septième ciel (46, 47, 48 et49)

Les corneilles du septième ciel (45, 45bis et 45ter)

Chapitre 45

Mais pourquoi interrompre déjà le vol des Corneilles ? Cette supplique de son éditeur n’attrista pas Lorenzo, elle l’anéantit. Avant même que Lariégeoise ait évoqué avec une intuition remarquable la similitude entre les Corneilles et Ulysse, Lorenzo pensait déjà que cette histoire pourtant imposée ne pouvait en aucun cas s’arrêter de sitôt. D’abord, l’expérience le passionnait et la vie de ses personnages ne faisait que commencer ; certains avaient à peine dépassé la trentaine alors qu’aujourd’hui, grâce aux progrès de la médecine, on pouvait envisager de les faire durer jusqu’à quatre-vingts, voire quatre-vingt-dix ans. Et puis, sur un plan pratique, il s’agissait du meilleur anti-dépresseur possible.  Quand son éditeur lui demanda avec une grande délicatesse de mettre un terme à ses Corneilles, Lorenzo Continuer la lecture de Les corneilles du septième ciel (45, 45bis et 45ter)

Les corneilles du septième ciel (44)

Chapitre 44

Une fois cette parenthèse refermée, l’auteur se retrouva dans la situation du début du chapitre précédent à laquelle il avait tout fait pour tenter d’échapper. Le boomerang lui revenait à la figure et il n’avait aucune idée sur la manière de s’en sortir avec élégance et crédibilité. La crédibilité, c’était son truc à lui, comme la fluidité était celui de Ph. De toute façon, il ne pouvait pas revenir en arrière. Philosophe, il se dit pour se rassurer qu’il ne devait pas être le premier auteur à se retrouver dans une telle impasse.

Rappelons la situation : Sophie C. est convaincue que les désirs de notoriété de son époux justifient un avis médical ce que Lorenzo dell’Acqua, un ami de confiance désintéressé, ne se prive pas de lui confirmer. Ce dernier, rancunier Continuer la lecture de Les corneilles du septième ciel (44)

Les corneilles du septième ciel (43)

Chapitre 43

Malheureusement pour sa charmante épouse, Ph. était un perfectionniste que ses succès récents ne parvenaient pas à satisfaire. Le Prix Goncourt, la publication de ses œuvres dans la Pléiade, l’Académie Française, tout cela était bien beau mais ne lui suffisait pas. Ce qu’il voulait, lui, ce n’était ni plus ni moins que le Prix Nobel de Littérature. Lorenzo en fut informé par Sophie que cette nouvelle lubie de son désormais illustre mari inquiétait à juste titre.

Troublé lui aussi par son comportement, Lorenzo pensa que l’avis du docteur Philippe, une vieille connaissance de son amie Françoise, serait utile et discret. Ce dernier se dit fort intéressé par Continuer la lecture de Les corneilles du septième ciel (43)

Les corneilles du septième ciel (42)

Chapitre 42

La publication de l’œuvre considérable de Ph. dans l’illustre collection de la Pléiade n’a surpris personne. Ce succès attendu et mérité, il l’aura connu de son vivant, prouesse unique partagée avec dix-huit autres célébrités. Nous n’énumérerons pas aujourd’hui la liste de ses écrits aussi éclectique que variée. Seule la présence de son roman de jeunesse, A La Recherche du Tampon Perdu, nous a semblé discutable. Certes, il le rédigea pour occuper son temps pendant un séjour au Grand Hôtel de la Santé dans le XIV ème arrondissement (voir supra) mais la trivialité et la misogynie de ce récit pornographique en ont choqué plus d’un. Reconnaissons néanmoins que ce texte écrit à la manière de son célèbre ainé possède une qualité supplémentaire : la concision. L’original ne comporte pas moins de 15 000 pages, soit 4 volumes dans la Pléiade et 7 tomes dans la collection Quattro de Gallimard, alors que le roman de Ph. dit à peu près la même chose en seulement 32 pages. Continuer la lecture de Les corneilles du septième ciel (42)

Les corneilles du septième ciel (41)

Chapitre 41

L’inspecteur Bruno Body découvrit en feuilletant le Monde Littéraire où son ami écrivain avait puisé son inspiration. C’était dans un article de Michel Houellebecq évoquant une région de France imaginaire qui, pour des raisons économiques et climatiques, était tombée dans un isolement extrême avec pour conséquence la régression de ses habitants à l’état de bipèdes analphabètes. Cette région fictive correspondait, mot à mot, à celle où son personnage principal avait passé les vacances de son enfance. L’article de Houellebecq était un pamphlet contre les hommes politiques de droite et de gauche dont le titre, Les Partis Cultes et les Menteurs, annonçait bien la teneur. Continuer la lecture de Les corneilles du septième ciel (41)

Les corneilles du septième ciel (40)

Chapitre 40

Bruno Body fut déçu par cette réunion de travail à la terrasse du Cyrano dont il attendait tant. Ni lui, ni Fabienne Pascaud n’en tirèrent de conclusion et encore moins la preuve de détournements coupables de l’écrivain. Plus le temps passa plus ils acquirent la conviction que ce dernier les avait menés en bateau. Ils en eurent la certitude quand, interrogé par Bernard Pivot lors d’une émission télévisée dont il était un habitué, Ph. présenta son prochain ouvrage dont la sortie en librairie était imminente. A l’évidence, il ne s’agissait pas d’un roman historique d’autant que Les bas d’Hélène n’étaient pas ceux dHélène de Troie. Difficile de deviner au résumé qu’il en fit devant les caméras s’il pouvait s’agir d’un plagia dont ils n’entrevoyaient d’ailleurs pas l’origine. Continuer la lecture de Les corneilles du septième ciel (40)