Archives de catégorie : Critiques

Rendez-vous à cinq heures à la Belle époque

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Voici l’avis de Lorenzo dell’Acqua sur le film de Nicolas Bedos « La Belle Époque ». Les lecteurs du JdC le remercient pour cette critique et ne manqueront pas de donner leur propre avis sur ce film ou sur tout autre qu’ils auraient pu voir au cours de ces soixante dernières années. 

LA BELLE EPOQUE
Nicolas Bedos

A priori, je n’aurais pas du aimer ce film pour au moins deux raisons : c’est une fiction dans une fiction, donc une double fiction, et je suis devenu insensible aux fictions, actuelles et passées. Eh bien, pas du tout, je l’ai bien apprécié et je l’ai même trouvé très intéressant. Passons sur un casting discutable avec une héroïne qui, bien qu’excellente comédienne, n’est pas le personnage (et pas du tout à mon goût) ce qui rend peu crédible le coup du foudre du héros (et impossible toute projection personnelle). Dans ce récit inventé d’une fiction inventée, on a le beurre et l’argent du beurre ; aucun risque d’être pris au Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures à la Belle époque

Plein soleil – Critique aisée n°215

Critique aisée n°215

Plein soleil
René Clément 1960
Alain Delon, Maurice Ronet, Marie Laforêt 

Netflix, ce n’est pas toujours toujours terrible terrible. Mais quand on vous offre en même temps, six ou sept films de Truffaut, trois ou quatre films de Tavernier, quatre ou cinq Chabrol, six ou sept Sautet, du fin fond de sa campagne, on se dit que Netflix, ça a du bon. 
Et c’est grâce à Netflix que l’autre soir, j’ai revu Plein Soleil. 

Plein Soleil, c’est la première adaptation cinématographique du roman de Patricia Highsmith, Monsieur Ripley. 
Philippe Greenleaf est le riche  héritier d’une famille encore plus riche. Il mène une vie de plaisir entre Taormina, Rome et Mongibello, entrecoupée de cotres bermudiens, de Continuer la lecture de Plein soleil – Critique aisée n°215

¿ TAVUSSA ? (75) – Les placards du Luxembourg (encore ?)

Les placards du Luxembourg
(encore ?)

En termes journalistiques on appelle ça un marronnier. Ça désigne un évènement qui revient chaque année, comme la floraison des arbres du même nom. 

Alors ça, pour être un marronnier, c’est un marronnier ! D’abord, ça se passe en limite du jardin du Luxembourg, célèbre notamment pour cette essence d’arbre si caractéristique de la capitale. Ensuite, ça se répète plusieurs fois chaque année. C’est un marronnier quatre saisons. 
Et cette année, les revoilà, les placards !

Les revoilà, ces photos, vilains chromos fignolés, aux sujets galvaudés, aux couleurs écoeurantes.

Les revoilà, ces photos dont on se demande par quelle Assemblée de Notables à Barbichettes et de Secrétaires de Mairie Hyper-Sensibles elles ont été choisies ! 

Mais, que voulez-vous ? Le badaud s’extasie, il Continuer la lecture de ¿ TAVUSSA ? (75) – Les placards du Luxembourg (encore ?)

Un flic – Critique aisée n°214

Critique aisée n°214

Un flic
Jean-Pierre Melville – 1972
Alain Delon, Catherine Deneuve, Richard Crenna

Wikipedia vient de me rappeler qu’« Un flic », que je viens de revoir sur Netflix, c’était le dernier film de Melville. Alors, je vais mettre la pédale douce.

Je ne dirai donc pas qu’« Un flic », c’est un film ennuyeux, dont le scenario est sans intérêt, où l’interminable scène d’action principale est laborieusement tournée avec des maquettes de train et d’hélicoptère à peine dignes d’un feuilleton pour enfants des années 50, dans lequel les seuls acteurs qui se donnent la peine de jouer le peu qu’on leur donne sont André Pousse, tout naturellement dans le rôle d’un gangster, et Paul Crauchet dans celui du chien (triste) du commissaire, les autres acteurs étant là seulement pour faire les têtes d’affiche, Alain Delon, Catherine Continuer la lecture de Un flic – Critique aisée n°214

Un cœur en hiver – Critique aisée n°213

Critique aisée n°213

Un cœur en hiver
Claude Sautet – 1992
Emmanuelle Béart, Daniel Auteuil, André Dussolier

Il y a quelques temps, je vous avais donné mes impressions de César et Rosalie. Aujourd’hui, je voudrais vous parler un peu d’Un cœur en hiver et tout d’abord souligner les points communs et les différences qui me sont apparus entre ces deux films.

Les points communs
Premièrement, ils sont tous les deux de Claude Sautet. Deuxièmement, je les avais vus tous les deux à leur sortie. Troisièmement, je les ai tous les deux revus très récemment sur Netflix.

Les différences
Tout d’abord, ils sont sortis en salle à vingt ans de distance. Ensuite, on ne retrouve dans Un cœur… aucun des acteurs de César…. Enfin, les caractères des personnages, leurs professions, leurs milieux culturels sont différents. Dans Un cœur… , plus de capitaine d’industrie un peu ordinaire, plus de femme hésitante, plus de groupes de copains au Continuer la lecture de Un cœur en hiver – Critique aisée n°213

Rendez-vous à cinq heures : Eric Hazan

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L’Invention de Paris et Le Tumulte de Paris
d’Eric Hazan

Eric Hazan a publié plusieurs ouvrages sur Paris, une ville qu’il aime et dont il connaît tous les recoins. Il écrit bien et ses livres fourmillent d’informations passionnantes sur Paris. Dans Le Tumulte de Paris, il veut nous faire apprécier autant le Paris d’hier que celui d’aujourd’hui, voire de demain, dont l’architecture et la population ont changé. C’est un vœu respectable. Il n’y a rien de critiquable dans sa démarche sauf Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures : Eric Hazan

Rien ne va plus – Critique aisée n°212

Critique aisée 212

Rien ne va plus
Claude Chabrol – 1997
Michel Serrault -Isabelle Huppert

Depuis peu, Netflix propose plusieurs films de Claude Chabrol : La Cérémonie, L’Enfer, Merci pour le chocolat, Betty, Madame Bovary, Le Corps de mon ennemi, Rie ne va plus, etc…

Il paraît que chez Chabrol, un film sur deux est une couillonerie, terme dont il qualifiait lui-même certains d’entre eux. Si j’avais su cela, avant de voir Rien va plus, j’aurais vérifié quel film le précédait. Réalisant que c’était La Cérémonie, je me serais abstenu.

Chabrol était, disait-on, un bon vivant, épicurien et farceur. D’ailleurs, ça se voyait, il en avait l’apparence, tout rond, rubicond, et rigolard. Il me donnait l’impression d’un Tartarin qui aurait été intelligent. Sympathique, le Chabrol, plein d’humour. Tout l’opposé de Godard, par exemple.

Mais ça et le fait qu’il ait réalisé Le Beau Serge et Les Cousins ne sont pas des raisons suffisantes pour que je lui pardonne Rien ne va plus.

Dans une intrigue qu’on pourrait Continuer la lecture de Rien ne va plus – Critique aisée n°212

César et Rosalie – Critique aisée n°211

Critique aisée n°211

César et Rosalie
Claude Sautet – 1972
Romy Schneider, Yves Montand, Sami Frey

Bon ! Comme, je l’ai dit avant, je me réservais de revoir César et Rosalie pour mes encore plus vieux jours. Mais une récente discussion sur le film de Sautet et le désir de voir s’il pouvait me faire aujourd’hui le même effet qu’autrefois m’ont poussé à revoir César, Rosalie et David. Et voilà, c’est fait.

Durant le temps d’un générique aussi démodé que les voitures de mon père, je suis entré dans le film avec un plaisir anticipé, un peu comme on entre dans une pièce familière et accueillante pour s’installer dans un fauteuil confortable et usé dont on connaîtrait les creux, les bosses et les odeurs. Et pendant deux heures, j’ai retrouvé la beauté bouleversante de Rosalie, le charme discret et lucide de David, l’exubérante maladresse de César. J’ai retrouvé avec délectation cette ambiance des cafés enfumés des quartiers de Paris où se mélangeaient encore Continuer la lecture de César et Rosalie – Critique aisée n°211

Rendre à César… Critique aisée n° 210

Critique aisée n°210

Rendre à César…

Hier, Lorenzo dell’Acqua était tout chose. Il venait de revoir César et Rosalie et, pour tout dire, il n’avait pas aimé.

Ce n’est pas moi qui irais constester le droit à bruler une idole que l’on a adoré autrefois, à trouver mauvais ou seulement médiocre un film que l’on a aimé dans sa jeunesse. L’année dernière à Marienbad, Tirez sur le pianiste, Les tricheurs, Docteur Jivago…

Donc, Lorenzo a trouvé que Montand surjouait un personnage peu crédible, que Schneider, instable, aurait dû se faire soigner, et que Frey était un peu plus ou un peu moins immature (un peu plus ou un peu moins ?) que ses deux partenaires. Leurs histoires d’amour étaient tordues et n’intéressaient plus personne, et en particulier les jeunes gens. La raison qui apparaissait de tout cela était que cette société Continuer la lecture de Rendre à César… Critique aisée n° 210

¿ TAVUSSA ? (74) – L’héritage Hidalgo

C’est presque évident : Anne Hidalgo sera candidate aux prochaines présidentielles. 

Quand, un jour,  vous aurez à voter, souvenez-vous bien de ce que Paris lui doit :

Quelques accessoires de douche en guise de fontaines au Rond-Point des Champs-Elysées:

Un bouquet de chamallows délavés Continuer la lecture de ¿ TAVUSSA ? (74) – L’héritage Hidalgo