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Archives de catégorie : Citations & Morceaux choisis
Rendez-vous à cinq heures avec Desproges (2)
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Donc, encore Desproges
Pierre Desproges, né le 9 mai 1939 à Pantin et mort le 18 avril 1988 à Neuilly-sur-Seine, est un humoriste français réputé pour son humour noir, son anticonformisme et son sens de l’absurde.
Célèbre pour son humour grinçant, mis en valeur par une remarquable aisance littéraire, Pierre Desproges s’est notamment illustré avec des thèmes souvent évités par les autres humoristes de son époque, prenant à contre-pied certaines positions convenues dans la société. Il est notamment considéré comme l’auteur de la maxime suivante : « On peut rire de tout, mais pas avec tout le monde ».
Wikipedia
Rendez-vous à cinq heures avec Desproges
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Donc, Desproges
Pierre Desproges, pour moi, vous le savez, est inégalable. D’ailleurs, il reste inégalé. Sa syntaxe parfaite, son vocabulaire étendu, l’usage décalé qu’il a toujours fait de ces deux qualités, sa vision anarcho-vialattienne du monde, et sa grande aptitude à l’absurde, à l’humour et à l’autodérision m’ont emballé une fois pour toutes lors de son premier one-man-show au théâtre.
Il est inégalable et reste inégalé, même par François Morel, le plus honorable de ses disciples. Inégalable vous dis-je, et ce ne sont pas les misérables et laborieux tâcherons des matinées de France-Inter qui vont me faire changer d’avis. A ce propos, n’écoutant plus cette radio depuis plusieurs années, avant d’écrire cette introduction, poussé par mon esprit scientifique et par l’impartialité qui va avec, j’ai ouvert quelques podcasts de quelques uns de ces perpétuels ironiseurs. Guillaume Meurice, Tanguy Pastoureau , Thomas VDB, Aymeric Lompret, Alexis Le Rossignol, Monsieur Poulpe, Marina Rollman, Waly Dia…., tous sur le même modèle, bonne humeur forcée, rires complaisants des présentateurs…, prévisibles, exaspérants, insupportables, nuls…
Passons…. Donc, Desproges. Voici, pour vous le remettre en mémoire, un sketch de quelques minutes sur le Q.I. Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures avec Desproges
Bardamu et les New-Yorkaises
temps de lecture : 2 minutes
morceau choisi
On se souvient de la description de l’arrivée de Bardamu à New York : « Figurez- vous qu’elle était debout leur ville, absolument droite. New York c’est une ville debout. »
Mais on se souvient certainement moins bien de ce qui se passe quelques heures plus tard. Bardamu, clandestin décharné et fiévreux, erre dans Manhattan. Il remonte Broadway jusqu’à l’Hôtel de Ville et s’assied sur un banc d’où il contemple le spectacle de la ville :
J’attendis une bonne heure à la même place et puis de cette pénombre, de cette foule en route, discontinue, morne, surgit sur les midi, indéniable, une brusque avalanche de femmes absolument belles.
Quelle découverte ! Quelle Amérique ! Quel ravissement ! Souvenir de Lola ! Son exemple ne m’avait pas trompé ! C’était vrai !
Je touchais au vif de mon pèlerinage. Et si je n’avais point souffert en même temps de continuels rappels de mon appétit je me serais cru parvenu à l’un de ces moments de surnaturelle révélation esthétique. Les beautés que je découvrais, incessantes, Continuer la lecture de Bardamu et les New-Yorkaises
On ne peut pas lire que du Barbara Cartland
2 minutes
Avez-vous lu les « Chroniques du grand micmac » d’Alexandre Vialatte ? Non ? Faudrait vous décider !
Dans l’une d’entre elle qui s’intitule histoires noires et histoires blanches, Alexandre veut nous inciter à lire le dernier recueil de nouvelles de Jacques Sternberg. Jacques Sternberg fut un auteur belge qui eut son heure de gloire dans la deuxième moitié de ce siècle bizarre que fut le XXème, période où les nouvelles se vendaient encore. Les siennes se situaient dans le domaine de l’humour noir, de la science-fiction, pour tout dire, du bizarre. Aujourd’hui, Sternberg est totalement oublié., Mais si vous tombez un jour sur un de ses recueils, plongez-vous y (plonjévouzi ?) pour y passer un moment agréable, rigolo ou effrayant.
En attendant cet événement improbable, veuillez lire le début de cette chronique d’Alexandre Vialatte qui nous apprend que parfois, il faut abandonner Barbara Cartland.
« On ne peut pas toujours lire l’histoire de Monsieur Dupont qui épousera Mademoiselle Durand à la page 240 après mille péripéties qui ont bien failli nous faire croire le contraire. (Dieu ! Que j’ai frémi pour leur bonheur !) On sait bien qu’elle est fille d’officier supérieur, qu’elle fut chargée de diplômes comme un âne de reliques dans les couvents les plus distingués, qu’elle connaît Continuer la lecture de On ne peut pas lire que du Barbara Cartland
La parole du prince
morceau choisi
Combien il serait louable chez un prince de tenir sa parole et de vivre avec droiture et non avec ruse, chacun le comprend : toutefois, on voit par expérience, de nos jours, que tels princes ont fait de grandes choses qui de leur parole ont tenu peu compte, et qui ont su par ruse manoeuvrer la cervelle des gens ; et à la fin ils ont dominé ceux qui se sont fondés sur la loyauté. Vous devez donc savoir qu’il y a deux manières de combattre : l’une avec les lois, l’autre avec la force ; la première est propre à l’homme, la seconde est celle des bêtes ; mais comme la première, très souvent, ne suffit pas, il convient de recourir à la seconde. Aussi est-il nécessaire à un prince de savoir Continuer la lecture de La parole du prince
Qu’est-ce que le loup ?
temps de lecture : 1 minute et quelques
morceau choisi
(…) le vrai fléau de la saison, ce n’est pas le lion, c’est le loup. C’est la vraie plaie des mamelles de la France. L’agriculteur sérieux s’attachera à le chasser comme le ver blanc ou le doryphore avec lesquels il ne saurait être confondu (le ver blanc est moins fort du garrot ; le doryphore n’a pas l’oreille pointue). Il Continuer la lecture de Qu’est-ce que le loup ?
Rendez-vous à cinq heures avec Renoir
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Jean Renoir présente La Règle du jeu
Maintenant que, grâce à mes récentes explications, vous avez enfin compris pourquoi La Règle du jeu est le plus grand film jamais tourné, vous êtes enfin aptes à écouter son réalisateur. Pendant 6 minutes, de sa voix chaude et joyeuse, Jean Renoir vous parle très simplement de celui de ses films qui a connu le plus gros « insuccès ».
Je n’ai connu aucun de mes grands-pères. J’aurais aimé qu’ils soient un peu comme lui.
Maintenant, cliquez sur l’image :
Rendez-vous à cinq heures autour d’une coupe (8)
temps de lecture : 5 minutes

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Presque tout sur le champagne (8)
On a beau d’avoir du vocabulaire, des bouteilles, des verres, des rafraichisseurs, et tout le toutim, on ne peut quand même tout boire d’un coup. Il faut donc savoir aussi conserver les bouteilles que l’on a pas pu boire le jour même. Il faut donc :
CONSERVER SES BOUTEILLES
LES BOUTEILLES COMMERCIALISÉES SONT IMMÉDIATEMENT CONSOMMABLES
Le champagne a séjourné dans les Maisons le temps nécessaire à sa parfaite évolution. Il est prêt à être consommé dès la sortie du cellier d’expédition.
Quelques semaines de repos favorisent son équilibre moléculaire qui a pu être quelque peu perturbé pendant son transport jusqu’à vous mais, il peut être consommé fort agréablement sans attendre.
Quelques mois ou années peuvent épanouir davantage encore les qualités de certains grands champagnes sous réserve qu’ils soient conservés dans un environnement favorable. Ce vieillissement supplémentaire permet Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures autour d’une coupe (8)
Laisser flotter les rubans
temps de lecture : 1 minute et 30 secondes
Morceau choisi
La vie en Europe et mes rapports avec les hommes avancés et les savants européens m’affermirent de plus en plus dans cette croyance au perfectionnement en général qui avait été la mienne et que je retrouvais chez eux aussi. Cette croyance prit en moi la forme habituelle, celle qu’elle revêt chez la majorité des gens instruits de notre temps. Elle s’exprimait par le mot « progrès ». Il me semblait alors que ce mot signifiait quelque chose. Je ne comprenais pas encore que, tourmenté comme tout homme qui pense par cette question : Comment dois-je vivre pour vivre le mieux possible ? et y répondant : Vivre en accord avec le progrès, je répondais exactement comme un homme dont la barque est emportée par les vagues et qui à cette question essentielle et unique pour lui : « ou faut-il se diriger ? » répondrait indirectement : « les vagues me portent là-bas ».
Tolstoï – Ma confession (1880)
Mon père disait : « De temps en temps, il faut laisser flotter les rubans ». Comme Tolstoï sans doute, il voulait dire que parfois, il était bon de se laisser porter, de ne pas intervenir, que l’avenir, le progrès, la science, la chance feraient probablement bien les choses. Pourtant, comme tous ceux de sa génération, il avait connu deux guerres. Après tout, c’était peut-être ce qui l’avait rendu ainsi, optimiste.
Mais ça, c’était hier.
Nous qui n’avons connu que la paix, le progrès, la raison et le droit, nous n’avons aucune raison d’être optimistes.
À Paris, lundi 15 décembre 1670.