Morceau choisi
Le prix Goncourt sera décerné dans quelques jours. Voyons ce qu’écrivait Alexandre Vialatte à son propos :
« Il y a des moments où il faut voter selon sa conscience. » C’est une maxime que j’ai trouvée tout récemment dans un journal. Un grand journal. Du 9 octobre. Aux grands journaux les grandes maximes. Celle-ci est parmi les plus belles. Le jury des Goncourt l’applique une fois par an. Chacun y vote selon sa conscience. Du moins au premier tour. Quand arrive le cinquième, comme il faut bien qu’on en finisse, car le prix doit être attribué, on vote selon la conscience des autres. Sans quoi il n’y aurait pas de Goncourt. Comment en serait-il autrement ? Et après tout, la conscience du voisin ne vaut-elle pas celle qu’on a soi-même ? De toute façon les saisons Continuer la lecture de Voter selon sa conscience
9h45
Finalement, plus qu’une simple parole et qu’un geste, Namasté est une
Un peu de temps à l’état pur
Si l’art, comme il l’affirme dans une formule célèbre, « est le folklore d’un pays qui n’existe pas », le génie de Vialatte s’etend bel et bien dans un paysage littéraire qui va de Kafka à Jean Dutourd et de Nietzsche à Pierre Desproges. Quand ce dernier déclarait que l’auteur des « Fruits du Congo » était l’un des plus grands écrivains du demi-siècle, il n’exagérait pas. Car les admirateurs de Vialatte ne sont pas des lecteurs ordinaires. Ils forment une secte d’initiés et de jaloux, adeptes d’un culte rendu à un poète-philosophe parfaitement méconnu de son vivant. Il n’est pas un chagrin de la vie qui puisse résister à la lecture d’une page de ce prince de l’humour « plus tendre et désespéré – c’est encore Desproges qui parle – qu’un la mineur final dans un rondo de Satie ».