Archives de catégorie : Textes

Photos souvenirs – 8

Nous avions fini par nous en convaincre : nous ne serions jamais grands parents. Quel paradoxe pour Anne et moi qui avions toujours adoré les enfants et surtout les nôtres ! Et puis, à 70 ans, il nous en est arrivé trois de suite : Gabrielle, Vadim et Jeanne. Dire que nous en sommes heureux est très en deçà de la vérité même si nous aurions préféré avoir quinze ans de moins pour mieux nous occuper d’eux.

“Etre grand-père ne m’ennuie pas du tout. Ce qui m’ennuie c’est d’être marié à une grand-mère.” Woody Allen. Continuer la lecture de Photos souvenirs – 8

Sacrée soirée ! (19)

19

— Bon, pas de jeu de rôle. À quoi voulez-vous jouer alors ? lance Charles à la cantonade en se versant le reste de la bouteille de bordeaux.

— Charles, foutez-nous donc la paix avec vos jeux, dis-je en soupirant. C’est pas le Club Med ici. Vous voyez bien que personne n’a envie de jouer. Et puis, ce n’est vraiment pas le moment ! L’heure est peut-être grave…

— Mais vous disiez que tout ça n’était rien qu’une gesticulation du gouvernement, un truc pour nous faire peur ? Vous avez changé d’avis, Géraaaard ?

Il le fait exprès, le salaud. Et avec un sourire ironique, en plus !

— Nom de Dieu de nom de Dieu ! Est-ce que vous allez arrêter de Continuer la lecture de Sacrée soirée ! (19)

Sacrée soirée ! (18)

 18

— Et qu’est-ce que vous proposez, Charles ? Un jeu ? demande Renée prête à beaucoup de choses pour sauver sa soirée.

— Oui, un jeu… C’est une bonne idée, dit Longchamp. Pourquoi pas un jeu de rôle ?

— Pourquoi pas ? approuve Charles. Ou alors un jeu littéraire. Qu’est-ce que vous en pensez, Gérald ?

— Oh, moi, les jeux, vous savez…

— Ne vous occupez pas de lui, dit Anne. C’est un perpétuel rabat-joie. Kris ? Ça vous amuserait de jouer avec moi, je veux Continuer la lecture de Sacrée soirée ! (18)

Sacrée soirée ! (17)

17

On s’est un peu bousculé dans l’office pour parvenir jusque dans la cuisine. Mon irrépressible galanterie m’a fait céder le pas aux dames, Anne y compris, et les hommes se sont engouffrés derrière elles sans plus faire attention à moi, tant et si bien que j’arrive bon dernier dans la pièce. Il n’y a plus une seule place pour s’asseoir. Renée, Marcelle et Anne sont installées sur des chaises en Formica bleu ciel — c’est très chic en ce moment — et Charles et André sur d’anciens tabourets à traire. Longchamp, lui, est monté sur un petit escabeau devant un énorme frigidaire sur lequel trône un poste de radio gros comme un annuaire du téléphone. C’est un poste portatif Pizon Bros dont on a dû cesser la fabrication vers la fin des années cinquante. François, les bras levés, Continuer la lecture de Sacrée soirée ! (17)

Les dames de Vichy

Publié il y a sept ans, vous n’avez surement pas oublié le récit de mon court séjour à Vichy.

Vichy, novembre 1996

Il y a longtemps, c’était un grand hôtel luxueux. Il avait même été fréquenté par la cour de Napoléon III. Aujourd’hui, ce n’est plus qu’un trois étoiles.

Dans l’immense salle à manger toute blanche, il n’y a que de petites tables, pour une ou deux personnes. L’alignement est impeccable : rangées de dix tables dans la largeur de la salle et de douze tables dans la longueur, cent vingt tables au total.

Il est 19 heures 15, l’heure de l’unique service du diner. Une douzaine de tables seulement sont occupées, toutes par des dames seules et âgées. Elles sont venues en cure. Seule à table, chacune fait face au côté de la salle d’où Continuer la lecture de Les dames de Vichy

Sacrée soirée ! (16)

16

Françoise est repartie en cuisine et Renée ne sait pas quoi faire du bouquet qu’elle a couché sur la table. Elle se lève, le saisit, fait deux pas vers la cuisine, se ravise, le pose sur sa chaise, repart vers la cuisine, revient vers la table, reprend le bouquet et finalement se rassoit en gémissant :

— Mon Dieu, mais quelle soirée ! C’est une catastrophe !

Mais la mère Wu est là pour la consoler :

— Mais pas du tout, chère amie. Il y avait longtemps que je n’avais pas assisté à une soirée aussi intéressante.

— Ah ? Vous trouvez ? C’est gentil de dire ça, dit Renée en souriant pauvrement.

— Absolument. Vous savez, parler de Continuer la lecture de Sacrée soirée ! (16)

Rendez-vous à cinq heures : Jim fait le pont (5)

La page de 16h47 est ouverte…

Construire un pont, quelle bonne idée !
par Jim

Un pont sur le Mississippi, à Natchez

« Le Mississippi vaut la peine d’être lu. Ce n’est pas un fleuve banal, mais au contraire remarquable à tous égards. »

C’est l’incipit du livre Life on the Mississippi (La vie sur le Mississippi) écrit par l’un des plus authentiques écrivains américains : Mark Twain (nom de plume, de son vrai nom Samuel Clemens). Nul ne peut parler du Mississippi mieux que lui. Mark Twain passa sa jeunesse aux abords mêmes du Mississippi, devenu Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures : Jim fait le pont (5)

Chasseur blanc, cœur noir – Critique aisée n°218

Critique aisée 218

Chasseur blanc, cœur noir
Clint Eastwood – 1990

Je l’ai vu pour la première fois sur Arte, début septembre. A sa sortie en 1990, je l’avais royalement ignoré et depuis, j’avais  totalement oublié son existence. C’est en parlant des « Racines du ciel » qu’un ami l’a évoqué devant moi. Quand je l’ai vu programmé sur Arte, cette fois-ci, je ne l’ai pas manqué.

Je ne vous apprendrai rien en vous disant que Clint Eastwood a réalisé plusieurs dizaines de films, dont presque autant de dizaines ont connu un très grand succès populaire. Mais Chasseur blanc, Coeur noir, est, je crois, le film d’Eastwood qui a perdu le plus d’argent (budget 24 millions, recettes 2 millions). Bon, et alors ?

Depuis cette vision tardive, Chasseur blanc, Coeur noir est devenu pour moi l’un de ses trois ou quatre Continuer la lecture de Chasseur blanc, cœur noir – Critique aisée n°218

Sacrée soirée ! (15)

15

C’est notre chauffeur de taxi qui entre. Je le reconnais facilement : il est grand et gros et noir. Et vieux aussi. Il tient le bouquet de chez Morelli d’une seule main au bout de son bras tendu. Il a reconnu Anne et s’est dirigé droit vers elle.

—Voilà, Madame. Faudra pas m’en vouloir d’avoir mis tout ce temps à vous rapporter les fleurs. C’est qu’elles avaient glissé derrière mon fauteuil. Et le client après vous, il les a pas vues. C’est le couple d’après qui les a trouvées. Ils voulaient les garder, les fleurs. Mais j’ai dit que c’était pas possible. Des fleurs comme ça, c’était surement pour une femme, et cette femme, elle attendait surement ses fleurs, et si elles les avaient pas ce soir, ça lui ferait Continuer la lecture de Sacrée soirée ! (15)

Rendez-vous à cinq heures : Jim fait le pont (4)

La page de 16h47 est ouverte…

Construire un pont, quelle bonne idée !
par Jim

Un Pont Empaqueté, Neuf qui plus est !

Série des Ponts Ephémères

Le Pont Neuf, Empaqueté ou Emballé, c’est pareil, par Christo et Jeanne Claude (crédit photo Mairie de Paris).

« Je vous fait un paquet cadeau ? »

Vendeuse à la Samaritaine

Anniversaire de l’Emballage du Pont Neuf (le plus vieux des ponts de Paris) par le couple Christo Vladimir Javacheff – Jeanne-Claude Denat de Guillebon réalisé pour une période éphémère du 22 septembre au 7 octobre 1985. Un paquet cadeau !