Chapitre 10 – Dashiell Stiller
Dix-neuvième partie

(…) C’est bien pour cela que dans ces cas-là, on ne se confie qu’à quelqu’un dont on sait qu’il vous aime, une mère, un ami, quelqu’un qui atténuera la faute et qui, de ce fait, en portera une partie du poids. Et c’est bien ce qui s’était passé pour Dashiell : quand il avait raconté la nuit du Nid d’Aigle, la foudre n’était pas tombée sur lui, son père et sa mère n’avaient pas été horrifiés par ce qu’il avait fait. Ils lui avaient même trouvé des excuses. Sa faute n’était donc pas aussi horrible qu’il l’avait cru. Il se sentait déjà mieux… pas moins coupable, mais mieux.
Mais avouer sa faute à une personne qui en a souffert, une personne qui aura toutes les raisons de vous haïr, c’est une autre affaire. Dashiell n’arrivait pas à s’imaginer se présentant devant Isabelle et lui disant qu’il était le responsable de la mort de son mari.
Telles étaient les pensées indécises de Dashiell. Ses parents, anxieux et bienveillants, guettaient les effets que leurs paroles avaient pu avoir sur leur fils. C’est alors qu’il poussa un soupir et se secoua comme pour remettre ses idées en place après une longue réflexion.
— Vous avez raison, dit-il. Je vais le faire ! Je vais aller à Paris, je trouverai Isabelle et je lui dirai… je lui dirai tout…
En réalité, Dashiell n’avait rien décidé, mais l’attente de ses parents était tellement visible, tellement suppliante qu’il n’avait pas voulu les décevoir en continuant à tergiverser. Il ajouta :
— Mais avant, il Continuer la lecture de Le Cujas (85) →