Avant de publier la troisième nouvelle de la série intitulée « Les trois premières fois « , j’ai voulu vous remettre dans l’ambiance enfumée et bavarde de cette nuit de l’Auberge des Hollandais où se sont retrouvés, réunis par leur désir de voyage, Franz, l’Autrichien, Bertram, le Britannique et François, le Français. C’est pourquoi, aujourd’hui je publie le texte intégral de La Nuit des Roggenfelder. La deuxième, La Nuit d’Amsterdam, sera republiée après demain, et ce n’est qu’à partir du 30 janvier que sera publiée en quatre épisodes la dernière de ces nouvelle « La Matinée de Sainte Firmine d’Amelia« .
LES TROIS PREMIÈRES FOIS
Le diner s’était prolongé fort tard dans la nuit. D’abondantes volutes de fumées bleues et grises flottaient sous les poutres du plafond de l’auberge en enveloppant la roue de charrette qui, avec ses pauvres ampoules électriques, faisait office de lustre au-dessus de nos têtes. Depuis quelques instants, sans doute sous l’effet des mets et des vins que nous avions absorbés en quantité, nous étions tombés dans un silence méditatif qui contrastait avec la gaité et la vivacité des conversations que nous avions échangées jusque-là.
Franz Bauer, Bertram Fitzwarren et moi nous étions rencontrés pour la première fois quelques heures auparavant dans les Continuer la lecture de LES TROIS PREMIÈRES FOIS : 1 – La nuit des Roggenfelder (texte intégral)





Blackson-Booth me rejoignit et me poussa du coude d’un air goguenard.
(…) et tout en la regardant intensément dans les yeux, de ma main restée libre, je lui pris un sein et le serrai. Je fus surpris par sa douceur. Tandis qu’une tendre tiédeur gagnait la paume de ma main, je pensais que j’étais perdu : elle allait me gifler, ou crier, ou s’échapper pour courir jusqu’au refuge et me dénoncer à mes camarades horrifiés, je serais chassé sur le champ du refuge et de Sankt-Johann et je rentrerais chez mes parents couvert de honte…