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Ah ! Les belles boutiques – 27


Les boutiques du Jardin du Luxembourg

Les kiosques n’ont pas changé depuis Napoléon III, ou tout au moins depuis René Coty.
On y vendait autrefois des cerceaux, des moulins à vent, des ballons, du sirop de coco, des avions en balsa, des épées de bois, des batons de réglisse…
On y trouve maintenant des hula-hoops, des moulins à vent, des ballons, du Fanta, des avions en plastique, des épées lumineuses, des bonbons pétillants…
Si la matière a changé, l’esprit est toujours là.
Merci, le Sénat…

Post scriptum
Bonne nouvelle : le Sénat donne à exploiter deux kiosques de vente. Voir ci-dessous les conditions de candidature :

La série « Ah ! les belles boutiques »
L’objectif : rendre hommage aux commerçants qui réussissent à conserver l’aspect traditionnel de leur façade de magasin, et les encourager à persévérer.
Le contenu : une photo de la devanture d’un magasin, avec si possible l’adresse et, très éventuellement, un commentaire sur la boutique, ou son histoire, ou son contenu, ou sur l’idée que s’en fait le JdC.

 

La campagne – Post it n°20

Aujourd’hui, quelques jours après la Toussaint, le Jardin du Luxembourg est à son meilleur. Le soleil est radieux, l’air est purifié par un petit vent irrégulier et les nuages laissent une large place au ciel bleu. Il y a une dizaine de minutes, je me suis assis face au Sud. Les pieds bien posés sur la petite rampe métallique qui court au ras du sol le long de la pelouse en demi-lune, à peine renversé dans mon fauteuil de métal, les avant-bras appuyés sur les accoudoirs, j’ai ouvert le livre que l’on vient de m’offrir : « Les leçons du Vertige ». De temps en temps, je lève les yeux du bouquin et je vois le parterre de fleurs, l’herbe tondue, et plus loin les arbres et, au-dessus de leurs cimes vertes et jaunes, les nuages qui passent sans se presser du haut de la tour Montparnasse au dôme de l’Observatoire. Pas d’autre bruit que celui des conversations tranquilles des promeneurs qui passent derrière moi, des pieds des enfants qui raclent le sol et des ailes des pigeons qui m’effleurent. Le soleil me chauffe amicalement le visage.

Un couple s’est approché. Il s’est dirigé vers les deux fauteuils qui sont demeurés libres à ma droite. L’homme a la cinquantaine. Il est habillé d’un pantalon de flanelle grise, d’une veste de velours noir et d’un large Borsalino marron. Une longue écharpe rouge entoure son cou une fois et pend jusqu’à ses genoux. La femme qui l’accompagne est jeune, vingt ans peut-être, tout habillée de noir. L’homme au chapeau a choisi le fauteuil le plus proche, l’a déplacé un peu, puis s’est assis.

En quelques ondulations du corps, il s’est installé confortablement. Il a croisé une jambe sur l’autre et il a regardé autour de lui. Il a vu les fleurs, l’herbe, la cime des arbres, les nuages qui couraient entre la tour Montparnasse et l’Observatoire. Il a fermé les yeux, il a respiré profondément et il a dit:

—Ah ! Ce que j’aime la campagne…

 

ET DEMAIN, NOUS IRONS AU MUSEE VOIR SI, PAR HASARD, IL N’Y AURAIT PAS UNE EXPO DE BIDONS

Post it n°18 – Marée montante

Une ligne parfaitement droite sépare la grande pelouse rectangulaire en deux parties, à cette heure parfaitement égales : à l’ouest, l’ombre fraiche des grands marronniers, à l’est, la chaleur du soleil d’un printemps qui tourne à l’été. Sur l’herbe dense, les jeunes gens, étudiants ou lycéens, se sont répartis également entre l’ombre et la lumière, par couples ou par groupes. Ils sont allongés, sur le dos, sur le ventre, sur le côté, ou bien assis, lisant, parlant, s’embrassant ou bien dormant. Tout est calme, tout est tranquille. On se croirait sur une plage d’où les adultes auraient été chassés. Soudain, deux gardiens sont entrés sur la pelouse par le nord. Ils viennent de retourner la pancarte qui l’autorisait. Les deux hommes remontent lentement vers le sud, les bras légèrement écartés, débonnaires. Tout en marchant, ils psalmodient doucement : « s’il vous plait, veuillez passer sur l’autre pelouse, celle-ci est fermée ». Lentement, paresseusement, mais sans protester, les jeunes gens se lèvent, ramassent leurs affaires, puis remontent la pelouse devant les gardiens, comme feraient des estivants chassés vers le haut de la plage par la marée montante.

 

… ET DEMAIN, UNE PHOTO DE L’ÉTÉ

Le parc à jeux

A l’intérieur de l’enclos, il y a bien une centaine d’enfants et presque autant de parents, grands-parents, baby sitteuses et bonnes du quartier. Selon l’âge et le tempérament des gamins, on les trouve accrochés à des passerelles de bois, agrippés à des Tours Eiffel de cordes entrelacées ou suspendus à des tyroliennes sécurisées. Ou alors, ils glissent dans des tubes inclinés, ils courent sur des cylindres brillants ou ils chevauchent des éléphants à ressort. D’autres sont simplement assis par terre et parmi ceux-là, certains sont en train de s’appliquer mutuellement un shampooing au sable. Il y en a toujours un ou deux qui  pleurent, immobiles au milieu de l’agitation, la bouche largement ouverte dans un grand cri silencieux, l’index accroché à la mâchoire inférieure, comme pour l’ouvrir encore davantage.

Parmi ceux qui les surveillent, il y a une jeune femme Continuer la lecture de Le parc à jeux