Archives par mot-clé : Philippe

LA MITRO

LA MITRO

Un jour, l’envie m’a pris d’écrire une histoire provençale. Je revenais sans doute du Midi car j’avais en tête une petite ville entre Aix et Saint Maximin, à la limite des Bouches du Rhône et du Var, Trets. Une place de la Mairie à l’ombre de platanes centenaires, un café-tabac-PMU, des parties de boules…vous connaissez ça aussi bien que moi. J’ai donc écrit une première phrase, à la première personne, avec l’accent. Il y était question de la douceur du temps sous les platanes de la place Honoré Panisse à l’heure de l’apéritif, quand les parties de boules vont commencer… A ce moment-là, je n’avais aucune idée de ce qu’il allait advenir de ce parfait cliché. Juste pour voir, j’ai fait débouler sur la place le petit Félix, messager affolé d’une catastrophe imminente : « Il a de la Mitro ! » Bien sûr, moi, je savais que le mot que Félix déformait, c’était nitro, pour nitroglycérine. Mais ce que je ne savais pas encore, c’était qui pouvait bien avoir de la dynamite, ni ce qu’il voulait en faire et pourquoi. Pourtant la suite est venue simplement ; elle s’est construite sous mes yeux, naturellement, presque automatiquement. Continuer la lecture de LA MITRO

Histoire de Dashiell Stiller – Critique aisée n°264 (2/3)

(suite de l’autocritique malaisée d’Histoire de Dashiell Stiller)

(…) Et puis bien sûr, il y a Le Cujas. Aujourd’hui, le Cujas, c’est l’Histoire de Dashiell Stiller, mon premier vrai roman, le texte qui justifie sous forme de critique aisée mon intervention d’aujourd’hui. Je ne le répèterai jamais assez : je l’ai lu et relu, et j’ai aimé ce que j’ai lu.

Comment l’idée du Cujas m’est venue, je l’ai dit cent fois à qui voulait l’entendre : la vieille dame joyeuse à Aurillac, la carte-postale bihebdomadaire à la maison de retraite et, un jour, celle qui m’arrête au moment de la mettre à la boite : Étudiants à la terrasse d’un café du boulevard Saint-Michel à Paris, vers 1935.  © Albert Harlingue/Roger-Viollet. Huit personnages sur la photo, le Quartier Latin, quatre ans avant la seconde guerre mondiale… Qu’est-ce qui peut bien lier ces gens en ce jour de 1935 ? Comment vont-ils traverser la guerre ? Vont-ils seulement en réchapper ? Et Continuer la lecture de Histoire de Dashiell Stiller – Critique aisée n°264 (2/3)

Rendez-vous à cinq heures avec une réponse

la page de 16h47 est ouverte…

Parce que le roman
par Philippe

Cette chronique est censée répondre à celle que Lorenzo a signée hier dans le JdC

Elle est intéressante cette étude sur les différences qui existent entre le roman et la réalité, ou plutôt entre les comportements humains romanesques et les comportements  réels. Bien que je sois en désaccord avec elle sur presque tous les points, elle est intéressante, argumentée. On peut regretter cependant qu’à la fin du texte ainsi que dans l’addendum, l’auteur n’ait pas su s’empêcher d’enfourcher une fois de plus sa monture favorite, sorte de mulet increvable né de la fusion improbable de personnages réels et de leurs images fantasmées sous la plume d’un auteur en verve. Mais passons.

Donc, selon la théorie Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures avec une réponse

Histoire de Dashiell Stiller – Critique aisée n°264 (1/3)

Histoire de Dashiell Stiller
Philippe Coutheillas, 2023
Amazon, 419 pages, 12€

 Il m’arrive parfois de quitter le second degré ; il m’arrive aussi de quitter nuance, réserve et modestie et généralement, ça se produit en même temps. En voici la preuve :
J’ai relu Histoire de Dashiell Stiller. Il le fallait : c’était nécessaire pour les corrections d’épreuves avant publication. Mais c’est aussi par goût que je l’ai fait et, comme je le disais l’autre jour dans une critique plus lapidaire parue fin août dernier : j’ai aimé ce que j’ai lu.

Oui, j’ai aimé. Cela vous surprend, n’est-ce pas, de lire ici ce genre d’aveu ? Ce sont des choses qui ne se font pas : c’est fichtrement casse-gueule, c’est un faux-pas, une faute de goût, et, pire, c’est une erreur.
Eh bien, c’est peut-être une erreur, mais Continuer la lecture de Histoire de Dashiell Stiller – Critique aisée n°264 (1/3)

Dans le monde de l’édition (21)

Les dernières corrections, la mise en page et le découpage de ma dernière nouvelle, dont le titre toujours provisoire reste pour le moment “Fais chier, Gisèle“, m’a détourné pendant plusieurs jours de mes préoccupations d’éditeur et c’est pourquoi vous n’avez pu lire ces derniers temps aucun reproche, aucune jérémiade ni promesse de sanction de ma part.

Omnibus completis(1), comme disait César avant de rentrer à Rome en diligence, j’ai examiné à nouveau les chiffres de vente de mes trois livres amazoniens Blind dinner, La Mitro et Histoire de Dashiell Stiller. Bien qu’ils n’aient pas bougé d’un point depuis le 6 aout dernier, je vous les redonne quand même :

Blind dinner : 41
La Mitro : 14
Histoire de Dashiell Stiller : 10
Total  65

Devant ces performances lamentables, je Continuer la lecture de Dans le monde de l’édition (21)

Sans légende – 7

Avertissement : ceci est un jeu !

Cette photographie sans légende est destinée à vous faire réfléchir. Avec un peu d’imagination, vous devriez pouvoir à partir de l’image et de ce qu’elle peut évoquer pour vous quant à son instant, son avant ou son après, créer une brève histoire, quelques lignes bucoliques ou spirituelles, un souvenir, une bulle de dialogue, un aphorisme bovin, un proverbe cantalou ou simplement une légende. Regardez-là encore une fois, fermez les yeux et laissez-vous aller à la création… Qui sait ? Vous pourriez être publié dans la page du Rendez-vous à cinq heures…

Rideau de fer 

Demain dimanche 10 septembre, pour la première fois en presque 10 ans, il n’y aura pas d’article à 7h47. Il n’y en aura pas davantage à 8h47, 9h47, ou 16h47. 

Toute la journée, le rideau de fer restera baissé.

Ce n’est pas que le JdC n’ait plus d’article en réserve, de photo à publier, de complainte sur le monde de l’édition à renouveler ni de résurgence de corneilles à produire. Ce n’est pas davantage qu’il s’impose désormais une fermeture hebdomadaire.

C’est juste pour voir l’effet que ça fera, sur moi, sur vous, sur la rotation du monde.