Archives de catégorie : Citations & Morceaux choisis

Rendez-vous à cinq heures : souvenir de cinéma (22)

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César et Rosalie
Claude Sautet – 1972

Ça peut se discuter (et encore), mais c’est pour moi le meilleur film de Sautet et cette superbe scène finale est à l’image du film. J’en suis encore tout ému. À ceux qui se posent encore la question de savoir si Rosalie revient pour César ou pour David, je donne un indice : la maison dans laquelle les deux amis déjeunent appartient à César. Pourquoi Rosalie aurait-elle donné à son taxi l’adresse de César si elle voulait retrouver David ? D’ailleurs, David l’a bien compris ; pour s’en convaincre, il suffit de voir son regard.

 

 

Rendez-vous à cinq heures avec une allégorie

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Allégorie Est-Ouest

L’heure est la guerre. Les Achéens construisent un mur défensif. Le poème tisse la dialectique de l’assiégeant et de l’assiégé. Jusqu’alors l’offensive revenait aux Grecs et les Troyens se terraient dans l’ombre de leurs remparts. Les uns viennent de la mer, les autres vivent dans l’opulence. Les uns  envahissent, les autres se protègent. Message d’Homère pour les Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures avec une allégorie

Le salut des Guermantes

Morceau choisi 

(…) Un seul point sur lequel Guermantes et Courvoisier se rencontraient était dans l’art, infiniment varié d’ailleurs, de marquer les distances. Les manières des Guermantes n’étaient pas entièrement uniformes chez tous. Mais, par exemple, tous les Guermantes, de ceux qui l’étaient vraiment, quand on vous présentait à eux, procédaient à une sorte de cérémonie, à peu près comme si le fait qu’ils vous eussent tendu la main eût été aussi considérable que s’il s’était agi de vous sacrer chevalier. Au moment où un Guermantes, n’eût-il que vingt ans, mais marchant déjà sur les traces de ses aînés, entendait votre nom prononcé par le présentateur, il laissait tomber sur vous, comme s’il n’était nullement décidé à vous dire bonjour, un regard généralement bleu, toujours de la froideur d’un acier qu’il semblait prêt à vous plonger dans les plus profonds replis du cœur. C’est du reste ce que les Guermantes croyaient faire en effet, se jugeant tous des psychologues de premier ordre. Ils pensaient Continuer la lecture de Le salut des Guermantes

Rendez-vous à cinq heures : souvenir de cinéma (20)

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Un homme est passé
Bad day at Black Rock

Un film de John Sturges de 1955, une Série Noire ultra classique, ou un  western si on veut tenir compte du décor : un homme seul, handicapé de surcroit, face à une petite ville pourrie. La scène qu’on va voir est de celles qui réconfortent le spectateur de bonne foi : celle où le gentil qui n’a qu’un bras (Spencer Tracy, éternel redresseur de torts)  va casser la figure à la grosse brute (Ernest Borgnine, sempiternel méchant), sous les yeux du maître de la ville (Robert Ryan, souvent ambigü) et de son  homme de main (Lee Marvin, future star d’Hollywood).

 

Naissance de Madame Bovary

Morceau choisi

La naissance de Madame Bovary

Dans un long article paru dans « L’Article » en 1857, Charles Baudelaire(1) imagine Gustave Flaubert(2)esprit bien nourri, enthousiaste du beau, mais façonné à forte escrime — réfléchissant à la création d’un roman pouvant remuer toutes ces vieilles âmes que sont les lecteurs du XIXème siècle.

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(…) Dans des conditions semblables, un esprit bien nourri, enthousiaste du beau, mais façonné à une forte escrime, jugeant à la fois le bon et le mauvais des circonstances, à dû se dire : «Quel est le moyen le plus sûr de remuer toutes ces vieilles âmes ? Elles ignorent en réalité ce qu’elles aimeraient ; elles n’ont un dégoût positif que du grand ; la passion naïve, ardente, l’abandon poétique les fait rougir et les blesse.

— Soyons donc vulgaire dans le choix du sujet, puisque le choix d’un sujet trop grand est une impertinence pour le lecteur du XIXe siècle. Et aussi prenons bien garde à nous abandonner et à parler pour notre propre compte. Nous serons de glace en racontant des passions et des aventures où le commun Continuer la lecture de Naissance de Madame Bovary

NOUVELLES DU FRONT (26) – 22/03/2022

LA BÊTISE AU FRONT DE TAUREAU

Nous avons, pour plaire à la brute,
Digne vassale des Démons,
Insulté ce que nous aimons
Et flatté ce qui nous rebute ;
Contristé, servile bourreau,
Le faible qu’à tort on méprise ;
Salué l’énorme bêtise,
La Bêtise au front de taureau.

Explosion d’une tête de cylindre

Voici un très court extrait des Aventures de Huckleberry Finn. Il s’agit d’un dialogue au cours duquel Huckleberry ment à Tante Sally. Il lui explique que s’il est en retard, c’est parce qu’il y a eu une explosion à bord du Continuer la lecture de NOUVELLES DU FRONT (26) – 22/03/2022

Rendez-vous à cinq heures : souvenir de cinéma (16)

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The Commitments 
Alan Parker- 1991

Parmi mes bons souvenirs de cinéma figurent ce film d’Alan Parker, The Commitments, l’histoire d’un groupe rock éphémère dans les rues de Dublin des années 80. A voir absolument. A écouter aussi absolument cette interprétation d’anthologie d’un succès d’Otis Redding :

Try a little tenderness

Essayez donc un peu de tendresse en cliquant sur ce lien :

https://www.youtube.com/watch?v=PKfHC5eY5C

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