Archives de catégorie : Textes

Pauvre Monsieur

Ma chère Madeleine,

Cela faisait bien longtemps que je n’avais pris la plume pour te donner de mes nouvelles, et j’espère que tu ne m’en voudras pas. J’ai été très occupée ces derniers temps car la santé de Monsieur va plutôt en déclinant. Mais tout à l’heure, il est parti en fiacre à la Grande Cascade où il m’a dit qu’il devait retrouver Monsieur Gide. J’ai donc une heure ou deux devant moi pour la première fois depuis longtemps, et je veux en profiter pour t’écrire quelques lignes.

Tout d’abord, je dois te dire que j’ai été très contente d’apprendre le mariage de ta fille avec Grand-René. Il parait que c’est un bon garçon qui travaille et qui ne boit pas. Je n’ai pas pu venir aux noces parce que Monsieur avait besoin de moi. J’ai appris que Fernande Dubost était morte. C’est bien triste. Et toi, vas-tu bien ?

Pour ce qui est de moi, je suis un peu fatiguée en ce moment car, depuis que Monsieur a chassé Alfred, notre chauffeur, je dois le remplacer dans Continuer la lecture de Pauvre Monsieur

Rendez-vous à cinq heures à la plage (5)

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Conversation sur le sable (5)

Saint-Brévin l’Océan, 12 août 1948

Voix off dont on aperçoit l’ombre dans l’angle inférieur droit de la photo :
— J’ai besoin de changer d’atmosphère et mon atmosphère, c’est toi.

Enfant au deuxième plan :
— C’est la première fois qu’on me traite d’atmosphère. Si j’suis une atmosphère, t’es un drôle de bled.

Les jambes au maillot de bain en laine en Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures à la plage (5)

De père en fils (Couleur Café n°31)

5 minutes 

Couleur Café n°31

 De père en fils

Café le Sully
6 Boulevard Henri IV

Et me revoilà chez Vidal. Au dessus de la terrasse, le vélum dit « Le Sully », mais pour moi, c’est chez Vidal. De l’autre côté du carrefour, en diagonale, je peux voir l’Hotel de Fieubet. Il abrite toujours l’École Massillon. C’est là que j’ai fait mes armes de galopin avant d’y faire celles d’adolescent. Au rez de chaussée de la sévère façade qui fait l’angle du quai des Célestins et de la rue du Petit Musc, et que je qualifierai de Louis XIV tirant sur le Louis XIII, il y a une fenêtre qui attire mon regard. C’est celle de ma classe de 7ème qui servit de cadre à la première saison de ma Continuer la lecture de De père en fils (Couleur Café n°31)

Rendez-vous à cinq heures à la plage (4)

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Conversation sur le sable (4)

Saint Brévin l’Océan, 12 aout 1948

Voix off dont on aperçoit l’ombre dans l’angle inférieur droit de la photo :
— Bizarre…bizarre

Enfant au premier plan :
— Qu’est-ce qu’elle a ma pelle ?

Voix off dont on aperçoit l’ombre dans l’angle inférieur droit de la photo : Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures à la plage (4)

Rendez-vous à cinq heures sur la plage (3)

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Conversation sur le sable (3)

Saint Brévin l’Océan, 12 aout 1948

Voix off dont on aperçoit l’ombre dans l’angle inférieur droit de la photo :
— Oh Roger ! Ce qu’il est joli ton château de sable !

Enfant au premier plan :
—  Euh… ben…oui… euh… hein… ça … ça … ça va Ginette ?

Enfant au deuxième plan : Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures sur la plage (3)

Rendez-vous à cinq heures à la plage (2)

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Conversation sur le sable (2)

Saint Brévin l’Océan, 12 aout 1948

Voix Off dont on aperçoit l’ombre dans l’angle inférieur droit de la photo (Marcel) :
—    Dis, Roger, tu m’la prêtes, ta pelle. J’ai paumé la mienne.

Enfant au deuxième plan (Machin) :
—    C’est deux billes et un roudoudou du quart d’heure, mec !

Voix Off dont on aperçoit l’ombre dans l’angle inférieur droit de la photo (Marcel) :
—    Ta gueule, Machin. C’est à Roger que j’cause. Alors, Roger, tu m’la prêtes ? Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures à la plage (2)

Rendez-vous à cinq heures sur la plage (1)

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Conversation sur le sable (1)

Bon ! L’été est fini… C’est pas trop tôt ! Finies les longues marches vers la plage dans le sable brulant, encombrées par des seaux, des pelles, des parasols et des sacs en plastique, finies les baignades dans une eau à 17°, finis les sandwiches au sable et les coups de soleil au second degré, finies les peaux qui pèlent et le sable dans le lit… finis, finis, finis !
Mais pour ne pas oublier complètement tout ça, voici en seconde diffusion, tous les deux jours, les 7 conversations sur le sable, publiées une première fois il y a un peu plus de 3 ans.

Si vous aussi, vous avez des souvenirs de vacances, ne vous gênez pas.

Saint Brévin l’Océan, 12 aout 1948

Voix Off dont on aperçoit l’ombre dans l’angle inférieur droit de la photo :
—    Alors les enfants, on fait un château de sable ?

Enfant au deuxième plan :
—    Parce que ce trou, là, ça ressemble à un château, peut-être ? Connard !

Voix Off dont on aperçoit l’ombre dans l’angle inférieur droit de la photo :
—    Bon, ben, un canal alors ?

Enfant au premier plan :
—    Un canal ! Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures sur la plage (1)

Sassi Manoon et les Texas Rangers

temps de lecture : 9 minutes 

Serena Foster était née en 1888 dans la bonne société New-yorkaise. Après vingt ans d’une vie de luxe et de volupté, de plaisirs et de vanités, elle décida d’entrer dans les ordres. Elle avait alors 38 ans. Comme c’est l’usage, elle changea son prénom et choisit celui de Madeline en référence à ce qui la rapprochait, croyait-elle, de Sainte Marie-Madeleine, à savoir le péché et la rédemption.  C’est ainsi qu’elle devint Sister Madeline. Une fois ses vœux prononcés, et après une courte formation d’infirmière sage-femme, Sister Madeline fut envoyé en Louisiane, à Chattawbannack, pour y diriger le petit dispensaire-orphelinat qu’un magnat du pétrole y avait fondé pour racheter son âme au diable et réduire ses impôts. L’ile de Chattawbannack est située sur la Sabine River qui marque la frontière entre Texas et Louisiane. C’est l’endroit le plus Continuer la lecture de Sassi Manoon et les Texas Rangers

Rendez-vous à cinq heures avec Renoir

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Jean Renoir présente La Règle du jeu

Maintenant que, grâce à mes récentes explications, vous avez enfin compris pourquoi La Règle du jeu est le plus grand film jamais tourné, vous êtes enfin aptes à écouter son réalisateur. Pendant 6 minutes, de sa voix chaude et joyeuse, Jean Renoir vous parle très simplement de celui de ses films qui a connu le plus gros « insuccès ». 

Je n’ai connu aucun de mes grands-pères. J’aurais aimé qu’ils soient un peu comme lui.
Maintenant, cliquez sur l’image :