Archives de catégorie : Critiques

Edmonde, l’envolée – Critique aisée n°245

temps de lecture : 3 minutes
Critique aisée n°245

Edmonde, l’envolée
Dominique de Saint Pern
Stock – 420 pages – 22€

« Edmonde Charles-Roux, née le 17 avril 1920 à Neuilly-sur-Seine et morte le 20 janvier 2014 à Marseille, est une femme de lettres et journaliste française. Elle reçoit le prix Goncourt en 1966 pour le roman Oublier Palerme. Elle est, de 1983 à 2016, membre de l’académie Goncourt qu’elle préside de 2002 à 2014. »

Telles sont les premières lignes de la page que Wikipédia consacre à E.C-R. Mais Edmonde ce n’est pas que ça. Allez ! Je vous raconte le pitch (c’est pas tous les jours)  :

Née dans une famille de la grande bourgeoisie, (père ambassadeur, membre de l’Institut, président du Canal de Suez, etc, etc…), Edmonde avait tout pour faire un beau mariage. Mais elle est fantasque, indépendante, courageuse. Pendant la 2ème guerre mondiale, elle est Continuer la lecture de Edmonde, l’envolée – Critique aisée n°245

Cher connard – Critique aisée n°244

temps de lecture : 5 minutes 

Critique aisée n°244

Cher connard
Virginie Despentes – 2002
Grasset – 344 pages – 22€

Avertissement : Cette critique a été écrite sur la seule lecture du premier tiers de ce roman. En cela, elle est sujette elle-même à critique. Mais bon, qui me jettera la pierre ? Qui n’a jamais critiqué que ce qu’il a lu ? 

 Je vous ai déjà fait le coup, vous vous souvenez ? C’était avec « La plus secrète mémoire des hommes« , incontournable événement littéraire, pavé chéri du Masque et de la Plume, gros succès de librairie. Lecteur de Panurge, j’achète bien sûr, et je commence à lire avec la ferme intention d’en faire une de ces Critiques aisées complètes, sincères et objectives dont vous avez l’habitude, histoire de rentabiliser mon investissement de 22 euros.  Seulement voilà, dans La Mémoire des hommes, je n’avance pas, ou plutôt j’avance avec cette sensation que l’on éprouve au bord de la mer quand on marche parallèlement à la plage avec de l’eau jusqu’à la ceinture : il parait que c’est bon pour la santé, mais c’est quand même très pénible. Alors, qu’est-ce que je fais ? Juste un petit mot pour déclarer dans quoi je me suis embarqué et annoncer que je ne suis pas certain d’aller au bout.

Eh bien, c’est à peu de choses près ce qui m’arrive avec ce Cher connard, le dernier événement littéraire incontournable, le chéri Continuer la lecture de Cher connard – Critique aisée n°244

Rendez-vous à cinq heures avec César, Rosalie, Lorenzo et les autres

temps de lecture : deux minutes vingt secondes

La page de 16h47 est ouverte…

César et Rosalie
Claude Sautet – 1972

Sur les conseils avisés de mon ami Cyrano de Couteillac, un écrivain gascon au physique scandinave, j’ai revu cinquante ans après sa sortie le film de Claude Sautet, César et Rosalie, sous-titré La Belle et les Bêtas, dont il a fait récemment l’éloge. Et il avait raison ce bougre qui ne passe pas pour un romantique d’après son hagiographe ariégeoise ! Couteillac est en effet un matérialiste froid, imperturbable et parfois cruel comme tous les scientifiques issus d’une Grand Ecole d’Ingénieurs qui n’ont pas pour habitude de se laisser aller à la gaudriole. Imaginez une seconde les conséquences d’une négligence infime dans l’exercice de leur fonction : un nid de poule sous les œufs d’une remontée mécanique, un SDF fixé dans le jambage d’un pont ou un marais sans Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures avec César, Rosalie, Lorenzo et les autres

Novembre – Critique aisée n°243

temps de lecture : 2 minutes papillon

critique aisée n°243

Novembre
Cédric Jimenez – 2022 – 100 minutes
Jean Dujardin, Sandrine Kiberlain, Anaïs Demoustier

Un film parfaitement maîtrisé, sobre, nerveux, sans effet racoleur, interprété de la même manière, maîtrisée, sobre, nerveuse et sans effet racoleur et, dans cette manière, remarquablement par Jean Dujardin.

Les attentats du 13 novembre 2015 à Paris… Le sujet est énorme, mais à aucun moment ils ne nous sont montrés : pas une rafale, pas une victime, rien. Rien qu’une grande salle de la Direction de la Police Antiterroriste, remplis de bureaux inoccupés et sur lesquels les téléphones de mettent à sonner les uns après les autres. Rien que les regards incrédules et effarés des policiers et des membres de la cellule de crise. Rien que Continuer la lecture de Novembre – Critique aisée n°243

Workingirls – Critique aisée n°242

temps de lecture : 1 minute et demie
Critique aisée n°242
 

Workingirls
Série TV Canal+

C’est une assez idée assez bonne, ma foi, déjà traitée par les anglais (The Office, The IT crowd) et les américains (The Office), celle de la vie quotidienne de bureau, mais assez bonne quand même, arrangée selon la tendance du jour qui est de tout mettre au féminin, c’est donc une bonne idée de créer une série TV sur la vie quotidienne au bureau d’une bande  de femmes de niveaux hiérarchiques différents,  de créer quelques archétypes, celui de la patronne autoritaire, Continuer la lecture de Workingirls – Critique aisée n°242

Le Serpent majuscule – Critique aisée n°241

temps de lecture : 5 minutes grand maximum !

Critique aisée n° 241

Le Serpent majuscule
Pierre Lemaitre – 1985
Le Livre de Poche – 305 pages – 7,90€

On ne sait jamais, ça pourrait vous intéresser de savoir comment j’en suis venu à acheter ce bouquin. Alors voici : je trainais l’autre jour à la FNAC de la rue de Rennes à la recherche des présentoirs de ces petites collections (Librio, par exemple, mais il en existe d’autres dont les noms ne me reviennent pas à cet instant) qui pour 2 euros vous offrent de courts mais grands classiques. Ne les trouvant pas — je ne trouve jamais rien à la FNAC — je demandai de l’aide à l’un de ces intellectuels neurasthéniques qui tiennent en principe les guichets d’information mais que l’on ne trouve qu’ailleurs et tout à fait par hasard.

— Bonjour, Monsieur, les petits livres pas chers qui donnent les grands classiques, vous savez, du genre de Librio par exemple, où sont-ils ?

— Vous cherchez quel livre ? Continuer la lecture de Le Serpent majuscule – Critique aisée n°241

Fantasia chez les ploucs – Critique aisée n°240

temps de lecture : 2 minutes

Critique aisée n°240

Fantasia chez les ploucs
ou
Le bikini de diamants
Charles Williams – 1956
Poche – 9€

Je vous l’ai dit l’autre jour, je n’avais pas lu Fantasia chez les ploucs depuis des années et des années. Comme j’en avais parlé avec des larmes dans les yeux à des amis qui ne connaissaient pas ce bouquin des années 50, j’ai foncé chez mon meilleur libraire, où je ne l’ai pas trouvé en stock, pour foncer ensuite chez mon moins bon libraire, où je l’ai trouvé en nombre, en neuf et en occasion, mais je n’en ai pris que deux, et encore, pas sous le titre original. Sans concertation aucune, le nouvel éditeur avait profité de la nouvelle traduction pour changer le titre en « Le bikini de diamants ». Si l’éditeur prétend que ce changement a été adopté pour être fidèle au titre original, The diamond bikini, je doute fortement de cette explication, bien trop Continuer la lecture de Fantasia chez les ploucs – Critique aisée n°240

Rendez-vous à cinq heures avec Pierre Adrian

la page de 16h47 est ouverte…

Que reviennent ceux qui sont loin
Roman de Pierre Adrian – Gallimard – 20€

Ce roman m’avait été conseillé par la rubrique littéraire du Figaro Magazine ou bien celle de Télérama, deux mondes que tout oppose sauf le même amour de la belle écriture. Cela n’est pas nouveau ; tous les deux m’ont fait découvrir quantité d’écrits formidables. Que reviennent ceux qui sont loin, de Pierre Adrian, m’a ému pour au moins trois raisons ;
1) le thème : après dix ans de vagabondages, le narrateur revient passer Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures avec Pierre Adrian

L’Anomalie – Critique aisée n°239

temps de lecture : 5 minutes

critique aisée n°239

L’Anomalie
Hervé Le Tellier
Gallimard – 327 pages – 20 €
Prix Goncourt 2020

Avertissement : si vous vous foutez des états d’âme qui m’ont conduit à reprendre et à lire ce livre abandonné sur une table de nuit pendant plusieurs mois autant que de votre premier masque chirurgical, si vous ne vous intéressez qu’à mon avis motivé sur l’avant dernier Goncourt, alors vous pouvez sauter le paragraphe suivant, celui dont les premiers mots, Longtemps il est resté…, sont en caractères gras, disons épais, car gras, c’est moche, et passer directement à celui qui commence par « Donc, L’Anomalie d’Hervé Le Tellier »

Longtemps il est resté sur ma table de nuit, celui-là. Un an ? Davantage ?
C’est un ami qui me l’avait offert. Il faut dire que je n’achète pratiquement plus de livres, à deux occasions près : a) lorsque je veux en offrir un et b) quand je veux en relire un. Tenez, justement, pas plus tard que l’autre jour, Continuer la lecture de L’Anomalie – Critique aisée n°239

The Great – Critique aisée n°238

temps de lecture : moins de 2 minutes 

Critique aisée n°238

The Great
Elle Fanning, Nicholas Hoult…
Série US – 2020 – 2 saisons de 10 épisodes.
Diffusée par MyCanal

The Great raconte l’histoire de l’arrivée à la cour de Russie puis de l’accession au pouvoir de Catherine, épouse de l’empereur Pierre III, qui deviendra Catherine II, Catherine la Grande, Catherine The Great !

Pour la Grande Histoire, on rappellera seulement que cette Catherine (1729-1796), qui renversa son mari et le fit plus tard étrangler dans sa prison (Mme de Staël, toujours d’actualité : « La Russie est un despotisme tempéré par la strangulation ») régna 34 ans Continuer la lecture de The Great – Critique aisée n°238