La Grande illusion – Critique aisée n°233

Critique aisée 233

La grande illusion
Jean Renoir – 1937
Gabin, Fresnay, Dalio, Von Stroheim, Carette

Il y a deux différences essentielles entre les deux films les plus célèbres de Jean Renoir, La Grand illusion (1937) et La Règle du jeu (1939) : la première est que La Grande illusion est un film d’un grand classicisme, tandis que La Règle du jeu est un film moderne, fantasque et foisonnant. La deuxième différence, c’est que le premier connut un grand succès commercial et critique, dont l’Oscar du film étranger en 1939, alors que le second fut un colossal échec critique et commercial. Ce n’est qu’avec l’apparition de la Nouvelle Vague qu’il fut reconnut progressivement par tous comme l’un des plus grand films de l’histoire du cinéma. 

Un de leurs points communs est que ce sont tous les deux des films profondément humanistes.  

Si La Grande illusion est bien un film de guerre, et plus précisément un film d’évasion, il n’est pas centré sur cette intrigue qui par la suite sera reprise, avec ou sans talent, par bien d’autres réalisateurs. Le véritable sujet, c’est la division de la société en classes sociales hermétiques traversées parfois par la fraternité et même par l’amitié. 

Les deux extraits que vous pourrez voir si vous cliquez sur les liens ci-dessous montrent bien deux aspects essentiels du cinema de Renoir que j’appellerai ici la théâtralité et le réalisme. 

Dans le premier, on assiste à une scène de pur théâtre dans laquelle des comédiens très à l’aise réunis dans une prison qui semble tout ce qu’il y a de confortable échangent des répliques amusantes sur les maladies spécifiques qui affectent les classes sociales. C’est brillant, spirituel et on a envie d’applaudir. 

Dans le second, le dialogue entre les deux évadés épuisés, affamés et transis n’est plus du tout théâtral. Il est réaliste, naturel. Ils ne peuvent plus se supporter l’un l’autre, ils se détestent et se le disent, méchamment, naturellement. La scène est tragique, Dalio est bouleversant. 

 

Vous avez peut-être compris que cette critique aisée n’en est pas vraiment une. Elle n’est qu’une mise en jambe pour celle que j’oserai peut-être faire un jour de La Règle du jeu.

Bientôt publié

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1 réflexion sur « La Grande illusion – Critique aisée n°233 »

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