
Vous l’avez peut-être remarqué : ce n’est pas la première fois que j’utilise cette photo. Prise il y a six ou sept ans du ferry-boat qui relie Staten Island à Manhattan, on y voit par dessus quelques têtes anonymes se profiler le skyline du quartier des affaires de New York par un matin gris. La sourde angoisse mêlée de promesse qui selon moi diffuse de cette photo me l’avait fait choisir pour illustrer un texte que j’ai publié ici récemment : Les Immigrants.
J’ai fait la connaissance de ce ferry lors mon premier voyage en Amérique. C’était en 1962, en juillet. À l’arrivée, je n’avais rien vu de Manhattan, ni même de New York. Trop pressé sans doute de commencer mon aventure, au sortir de l’aéroport d’Idlewild avec quelques coéquipiers éphémères, j’avais pris immédiatement un bus qui m’avait amené directement dans le New Jersey, là où commençait l’autoroute qui menait vers Continuer la lecture de La ville debout

Il y a bien longtemps, quand finissait le mois de Janvier, nous allions, François, Patrick, Jean-Louis et moi, passer quelques jours dans notre appartement de Tignes. En fait, il appartenait à François mais c’était « notre appartement ».
Il s’est installé il y a une quarantaine d’années Rue Notre-Dame des Champs dans les locaux d’une ancienne usine de chalumeaux. On y trouve aujourd’hui 3 salles de cinéma, 3 salles de théâtre (le Rouge, le Noir et le Paradis (!)), un bar, un restaurant et une librairie. Ce n’est pas très confortable — de quel théâtre peut-on dire qu’il est confortable ? — mais c’est sympathique. Et puis, ce n’est pas loin de chez moi. 
Le 10 décembre 1919, à 14 heures, dans un salon du premier étage du restaurant Drouant, au 18 de la rue Gaillon, l’Académie Goncourt attribue au troisième tour de scrutin son dix-septième prix au roman de Marcel Proust « A l’ombre des jeunes filles en fleurs » par six voix contre quatre qui vont aux « Croix de bois » de Roland Dorgelès.