¿ TAVUSSA ? (67) – Socialistes de tous les pays, arrêtez les conneries !

Allez ! Je me lance ! Ce soir – demain matin pour nous – c’est Bernie Sanders qui arrivera en tête du caucus de l’Iowa. Si j’ai bien compris et si les traditions sont respectées — dans ce pays qui a si peu d’histoire, tout est conduit par les traditions — les deux qui arriveront en tête du Caucus de l’Iowa (le premier à être organisé) seront les candidats à la candidature lors des prochaines primaires du parti Démocrate. Il est en effet d’usage que les candidats classés troisième et au-delà retirent leur candidature. Selon ma boule de cristal, Bernie Sanders sera donc classé premier. Son avance lui donnera un énorme avantage sur son compétiteur.

Mais qui sera-t-il, ce compétiteur ? De mémoire, je ne connais pas tous les autres chevaux en course, seulement Warren, Bloomberg, Buttigieg et Biden.

Warren me semble exclue : il ne me parait pas possible que deux candidats « socialistes », Sanders et Warren, puissent remporter un caucus, même au sein du parti Démocrate.

Bloomberg a fait l’impasse sur l’Iowa. Il ne figurera donc pas au palmarès de cet état. Ça ne l’empêchera de maintenir sa candidature aux primaires jusqu’au dernier moment.

Buttigieg serait sans doute le meilleur candidat à opposer à Donald Trump. Il présente bien et parle bien ; il est jeune, il est centriste, il a fait de très bonnes études et une belle guerre en Afghanistan. Pourtant, pour moi, il a peu de chances : son homosexualité déclarée ne devrait pas lui permettre de bien se placer dans un état de la Corn Belt.

Biden offre l’avantage d’avoir été le Veep de Barak Obama et de présenter une figure paternelle et rassurante. Mais pour la partie gauche des électeurs démocrates, il représente l’establishment, qu’ils détestent plus encore qu’ils ne détestent Trump. Par ailleurs, la fumée des affaires ukrainiennes de son fils risque de le faire tousser.

Ce soir, continuant à prendre tous les risques, je parie pour un couplé dans l’ordre Sanders-Biden. A partir de là, de deux choses l’une :

Si Sanders est le candidat démocrate aux élections présidentielles, on verra Trump triompher. En effet, pour que le président actuel soit battu, il me parait indispensable qu’une frange de l’électorat Républicain, scandalisé ou même seulement fatigué par les excès trumpien, vote démocrate. Or, aucun électeur républicain, le plus libéral soit-il, ne pourra jamais voter pour un candidat qui se réclame du socialisme.

Et si c’est Biden qui passe les primaires ? Ouf ! vous direz-vous sans doute. Oui, mais non, car cette désignation aura eu lieu après une vigoureuse campagne de démolition par les tenants de la gauche qui s’emploieront à détruire Biden, assurant ainsi, comme en 2016, la victoire de Trump.

En disant cela, je ne dis pas que « Trump, c’est la faute à Sanders » ; je ne néglige pas l’importance des menées de la Russie, de la campagne populiste de fake news et des annonces anarchiques de James Comey du FBI une semaine avant l’élection dans l’issue de celle-ci. Mais quand je me souviens des résultats chiffrés, je me dis que c’est aussi un peu à Sanders que nous devons d’avoir un chef mafieux comme président de la première puissance mondiale.

Eh bien, préparez vos mouchoirs ! C’est reparti comme en 16. Ce soir, c’est Sanders qui gagne !

Ainsi donc, une nouvelle fois l’idéologie de gauche va permettre de maintenir au pouvoir le plus grand danger pour l’équilibre écologique et politique du monde.

Les tenants de cette idéologie, et Bernie en premier, ne peuvent-ils accepter un seul instant de considérer que l’essentiel, l’urgence aujourd’hui, est de se débarrasser du président le plus voyou de l’histoire des USA ? Et que, pour cela il faut présenter face à lui un centriste, un homme modéré pour qui une partie des Républicains puisse voter ? Il semble que non, ils ne peuvent pas.

Et c’est bien la même idéologie qui, chez nous, dans un nombre de mois pas si élevé que ça, fera dire à bien des gens : « Entre Le Pen et Macron, seuls probables candidats restant au deuxième tour, je refuse de choisir. Je voterai donc nul ou blanc ou pas du tout ! » Et ce sont de tels électeurs de gauche qui nous amèneront un président d’extrême droite.

J’aurais bien ajouté un petit mot sur les élections municipales à Paris, mais je l’ai fait hier. Ça pourrait finir par lasser, non ?

6 réflexions au sujet de « ¿ TAVUSSA ? (67) – Socialistes de tous les pays, arrêtez les conneries ! »

  1. Les choses sérieuses commencent aujourd’hui et vont être bien plus passionnantes à suivre pour ceux qui s’intéressent à ce qui se passe outre-Atlantique (c’est mon cas) surtout quand il s’agit de débarrasser le monde de Trumpty Dumpty. Le résultat d’hier dans l’Iowa était celui d’un caucus (vote des représentants du parti, des militants en quelques sorte) et c’est pourquoi personnellement je n’y attache pas beaucoup d’importance, en tout cas pas autant que les commentateurs des chaînes TV US qui parlent en boucle ce matin de « big mess »! Mais aujourd’hui c’est le tour du New Hampshire, un état qui procède au choix de ses délégués pour la Convention nationale finale par un véritable vote primaire des membres du parti (« encartés » je suppose). Le résultat sera beaucoup plus significatif et on y verra plus clair. Les rangs des candidats commenceront à s’éclaircir, les moins bien placés perdront les dons des supporters (càd les millions de $ nécessaire) et s’effaceront, le milliardaire Bloomberg (qui n’a pas besoins de dons en $, ils les a déjà) poindra le nez. En 2016, les prétendants républicains étaient nombreux avant le NH, Trump les a tous éliminés. Un outsider à surveiller à mon avis: Pete Buttigieg, il est jeune, cool, intelligent (mais c’est pas un critère de choix là-bas), peu connu mais dans le coup pour les américains qui aspirent au changement après Trump, un peu comme pour Obama en 2007 et Clinton en 1991, qui se fait appeler Pete seulement parce que son nom est imprononçable en anglais, qui est homosexuel, marié à un homme, mais peut-être « so what »! Les autres paraissent subitement vieux, ou très vieux! L’époque est aux jeunes. De toute façon, dans ce pays où l’abstention dépasse souvent les 50%, le résultat final en Novembre dépendra du vote de ceux qui veulent vraiment se débarrasser de Trump dans les fameux « swing states ». J’espère que le procès en destitution de l’infâme Trump aura convaincu quelques uns d’aller aux urnes.

  2. New York Times – 9:09 Paris time
    On a brief conference call with reporters, Troy Price, the chairman of the Iowa Democratic Party, said that the caucus results were being delayed because of problems reporting delegate totals from the more than 1,600 precincts, not because the system had been hacked.

  3. Ce commentaire de 19heures n’est pas parvenu jusqu’au JdC, probablement hacké par la Maison Blanche.

  4. J’ai envoyé hier soir vers 19h un commentaire pour dire que je ne croyais pas, et pourquoi, en la victoire « en fin de compte », càd à la fin de la totalité des primaires du parti démocrate, de Bernie Sanders. Ce matin on sait qu’aucun des candidats ne sort véritablement en tête du lot. Donc, c’est vrai, le grand vainqueur c’est Trump et le parti républicain. Ils pourront clamer que le parti démocrate n’est pas un parti de gouvernement, qu’il reste obsédé depuis 2016 par le refus de l’élection de Trump, etc. Cette salade démocrate ne m’étonne pas. On retrouve ça ailleurs, à Paris par exemple… Chaque parti reste persuadé que ses analyses et ses propositions sont les seules bonnes, meilleures que celles du pouvoir en place (exécré pourtant) et meilleures que celles des concurrents (qui exècrent pourtant tout autant le pouvoir en place). Chacun pour soit! InshAllah!

  5. Permets moi de m’étonner de ton étonnement. Je l’ai dit à longueur de chronique à de multiples occasions et plus souvent à propos de la France que des USA.
    Par ailleurs, le lien direct entre la gauche et l’avènement de Mussolini, Hitler et Pétain me parait demander une étude plus précise que je n’ai ni le temps ni l’envie de faire ce soir.
    Enfin, pour moi, ce n’est pas la gauche elle-même qui amène l’extrême droite, mais c’est la réaction butée des électeurs de gauche devant le dilemme que j’ai caricaturé et qui se pose à eux à chaque fois que leur candidat a été préalablement éliminé.
    Ce genre de réaction n’est d’ailleurs pas réservé à la gauche. N’a-t-on jamais vu un électeur de droite voter à gauche pour éliminer le centre ?
    A part ça, comme dit souvent Jim, à moins que ce ne soit Paddy : Dump Trump !

  6. A l’impossible nul n’est tenu ! Ton exhortation est donc sans espoir …

    Les leçons de l’Histoire auraient dû t’inspirer et je m’étonne que tu ne découvres qu’aujourd’hui que le socialisme amène au pouvoir l’extrême droite. Mussolini, Hitler et Pétain, ça te dit quelque chose ?

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