Gisèle ! (2)

(…) mais c’est sûr que j’aurais pas dû. maintenant, elle va me faire la gueule pendant quinze jours… je vais encore aller coucher dans le salon… ou alors, elle va partir une semaine à la Croix-Rousse, chez Françoise, cette garce ! c’est sûr que je n’aurais pas dû… bon sang, il neige de plus en plus…

Le moteur ronronnait calmement. Bernard observait les flocons qui se collaient sur le pare-brise. Ils glissaient lentement vers le haut de la vitre avant d’être rattrapés et chassés vers l’extérieur par les essuie-glace. De temps en temps, un flocon plus rapide parvenait à échapper aux balais. Il restait un instant avec quelques autres, bloqué par le rebord du pare-brise et puis, d’un coup, il disparaissait dans l’obscurité, emporté par le vent de la course. Instinctivement, Bernard jetait un coup d’œil dans le rétroviseur pour tenter de suivre sa fuite.

…pauvre petit flocon, je me demande ce qu’il devient, tout seul, dans le noir…

Sa petite réflexion le fit sourire, mais quand il quitta le rétroviseur des yeux pour revenir à la route, il eut un haut le corps : Continuer la lecture de Gisèle ! (2) →

Gisèle ! (1)

La neige est apparue à la sortie du dernier tunnel avant Chambéry. En une fraction de seconde, la voiture est passée de la lumière jaunâtre du souterrain à celle, éblouissante, des phares. Des millions de flocons qui flottaient doucement dans la nuit se transformaient en un rideau blanc tacheté de noir à l’apparence infranchissable. Au moment où il sortait du tunnel, Bernard est passé en feux de croisement et l’éblouissement a disparu. C’étaient maintenant des centaines de petites fleurs blanches qui s’écrasaient à chaque instant sur le pare-brise, aussitôt balayées par le ballet des essuie-glaces.

…ah, la barbe ! la neige ! …manquait plus que ça ! d’abord la séance avec Gisèle… ensuite l’accident dans le tunnel de Fourvières et maintenant, la neige… bon sang de bon sang ! j’y arriverai jamais …

Deux jours plus tôt, quand il avait appelé l’Hotel Politecnico à Turin, on lui avait dit qu’on ne pourrait lui garder sa chambre que jusqu’à 20 heures. « Nous sommes désolés, signore Ratinet, ma siamo en pleine mostra dell’automobile, no ?… allora, capisci signore… ». Il avait juré qu’il serait à Turin avant 20 heures et on avait pris sa réservation « ma, solamente perche sei un buon cliente, signore Ratinet… » Et maintenant, il était presque huit heures, et il n’était même pas à Chambéry ! Il lui faudrait encore au moins deux heures et demi pour arriver à Turin et, avec ce temps, peut-être trois.
Bernard tâtonna pour trouver son téléphone sur le siège passager et, tout en surveillant la route d’un œil, il composa le numéro du Politecnico.
« Oui, bonsoir. Bernard Ratinet à l’appareil. Écoutez, j’ai une réservation pour ce soir jusqu’à huit heures, mais j’ai eu un petit ennui sur la route. Je pense arriver vers 9h30. Vous êtes gentils de me garder ma chambre, d’accord ? »
Contrairement à ce qu’il craignait, ça ne semblait pas poser de problème. Il se dit qu’il serait toujours temps Continuer la lecture de Gisèle ! (1) →

A demain matin, Gisèle ! N’oublie pas ! 7h47 !

Demain matin commencera la publication en épisodes des aventures d’un nouveau membre de la famille Ratinet, Bernard. Vous ne le connaissez pas, celui-là : Ratinet Bernard, trente huit ans, marié, sans enfant, délégué commercial chez SAUTI-CASAGRANDE Spa, fabriquant de chaudières domestiques au gaz ; habite Écully, dans la banlieue Lyonnaise ; parti en retard de son domicile pour se rendre le soir-même à Turin afin de participer demain matin à une importante réunion au siège de son employeur. 

Et, comme on dit souvent en Maurienne : « Eh ben ! Il est pas rendu ! »

NdE : Désolé, mais ça va pas être drôle…

PIAZZA NAVONA

RETOUR SUR LA PIAZZA NAVONA

Pour y avoir vécu et y être souvent retourné en touriste, je connais Rome assez bien. La Piazza Navona n’est pas la place que je préfère, mais un jour, depuis la table de café qui me servait d’observatoire, j’ai extrait de la foule quelques passants et je leur ai inventé une vie ou, plutôt,  deux.

J’ai voulu montrer par là combien notre imagination nourrie par les préjugés que nous portons tous en nous nous conduisent à nous tromper sur les gens.

Cette nouvelle fait partie du  recueil intitulé « La Mitro ». Cette préface est destinée à vous donner envie de la lire, d’acheter le livre, éventuellement de le lire en entier, et surtout, surtout, que vous l’ayez lu ou non, d’émettre un avis, un commentaire, une appréciation, deux lignes, trois mots, quatre étoiles sur le bouquin. 

De la collection Schaefer (1)

Bernard Schaefer collectionne les aphorismes. Il les a mis à la disposition du JdC. En voici une première série consacrée à la science vue par les scientifiques. Les commentaires qui suivent le nom de l’auteur des sentences sont de Bernard. 

*

L’homme ne pourra jamais échapper à son besoin de comprendre le monde.
Trinh Xuan Thuan, astrophysicien vietnamo-états-unien
ce besoin lui vient-il de la seule curiosité ? je suis curieux de la réponse

La condamnation de Galilée n’a jamais empêché la terre de tourner.
Pierre Bréant, ingénieur
la réalité l’emporte sur les dogmes ou les diktats

La poupée que jette un enfant hors de son berceau ébranle Sirius sur sa trajectoire.
Niels Bohr, astrophysicien danois
affirmation de l’effet « papillon » ; est-ce vrai ou pas ?

La chance ne favorise que les esprits préparés.
Louis Pasteur, biologiste
Convergence

L‘intention du Saint-Esprit est de nous enseigner comment on va au ciel et non comment va le ciel.
Galilée, astronome italien
1) sempiternelle dialectique entre science et religion, entre raison et foi
2) les spationautes et autres astronautes ou cosmonautes ont-ils commencé à découvrir comment on va au ciel ?

Rendez-vous à cinq heures en auto-stop

la page de 16h47 est ouverte…

Bernard Schaefer a beaucoup pratiqué l’auto-stop. Il nous fait part de quelques unes de ses expériences. En voici une entre Paris et Le Mans.

 Un avocat au Mans

Une autre occasion de faire du stop fut de rejoindre femme et enfants sur la côte vendéenne où je les avais conduits en voiture une semaine auparavant. Je prépare mon itinéraire. Je quitterai l’agglomération parisienne en fin d’après- midi, espérerai atteindre Le Mans avant la nuit, dormirai dans cette ville, de là selon les possibilités, en une journée, je passerai par Angers, Cholet, Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures en auto-stop →