Archives par mot-clé : Philippe

Bon anniversaire, Jean-Baptiste (2/3)

temps de lecture : 6 minutes 

Jean-Baptiste Poquelin est né il y a quatre cents ans. Pour célébrer cet anniversaire, le Journal des Coutheillas est fier de publier à nouveau ce plagiat de Molière en trois épisodes, dont vous avez lu hier le premier épisode.
Voici donc la suite de la leçon du Maitre de Philosophie : 

 

Acte II- Scène IV

Monsieur Jourdain, Maitre de Philosophie

 

Le Maître de Philosophie

—Comme il vous plaira. Nous autres, Philosophes…

Monsieur Jourdain

—Que c’est beau ! Comme il parle bien !

Le Maître de Philosophie

Nous autres, Philosophes, nous avons classé les diverses sortes de biais cognitifs en vingt-quatre catégories. Continuer la lecture de Bon anniversaire, Jean-Baptiste (2/3) →

Bon anniversaire, Jean-Baptiste (1/3)

temps de lecture : 6 minutes 
Jean-Baptiste Poquelin est né il y a quatre cents ans. Pour célébrer cet anniversaire, le Journal des Coutheillas est fier de publier à nouveau ce plagiat de Molière en trois épisodes, aujourd’hui, demain et après demain. 

*

Le 14 octobre 1670, il y a 352 ans (!), Le Bourgeois gentilhomme était joué pour la première fois au château de  Chambord. Molière ayant été averti par la Montespan que le  Roi Soleil était de très mauvaise humeur ce soir-là, l’auteur décida de raccourcir sa pièce en supprimant trois scènes. La pièce ainsi tronquée ayant eu l’heur de plaire énormément à Sa Majesté, les scènes supprimées ne furent jamais rejouées par la troupe de Molière, instaurant une  tradition que la Comédie Française a respectée jusqu’à ce jour. Cette tradition sera interrompue à la saison prochaine où l’on verra enfin la pièce dans son intégralité. Voici les trois scènes en question :

 

Le bourgeois gentilhomme

Acte II – Scène III

Monsieur Jourdain, Maitre de Philosophie, Nicole

Monsieur Jourdain

— Holà, Monsieur le Philosophe, vous arrivez tout à propos avec votre philosophie.

Le Maître de Philosophie

—Qu’est-ce donc ? Qu’y a-t-il, Monsieur Jourdain ? Continuer la lecture de Bon anniversaire, Jean-Baptiste (1/3) →

Le problème avec Céline

2 minutes et 30 secondes 

J’en ai marre !  Ça doit bien faire deux mois que j’en suis là, au même point, en panne. Ras le bol, cette histoire avec Céline ! Elle m’en fait voir de toutes les couleurs. Avec elle, ça n’avance pas, ça n’avance plus.

Pourtant, ça n’avait pas mal commencé dans ce bistrot où je l’avais rencontrée, rue Saint-Jacques. Ça marchait bien, et ma petite affaire progressait normalement, facilement, comme d’habitude…

Bien sûr, comme toujours au début, je ne savais ni précisément quoi dire ni jusqu’où je voudrais vraiment pousser, mais de ça, j’ai l’habitude. Ça commence souvent comme ça : au début, c’est flou, et puis après quelques savants détours, deux banalités et trois clichés, tout d’un coup ça se précise, je sens que ça vient, que c’est pour bientôt : dans quinze jours, Continuer la lecture de Le problème avec Céline →

Pour faire un œuf à la coque

2 minutes

Recette n°18

Pour faire un œuf à la coque :

1—Tout d’abord, acheter une résidence secondaire à la campagne. La choisir avec soin, pas trop chère, mais pas trop loin non plus. La toiture devra être en bon état, mais le nombre de pièces est indifférent. La surface du terrain ne devra pas être inférieure à cinq cents mètres carrés.

2—Si nécessaire, défricher le terrain. Abattre quelques arbres pour avoir du soleil, c’est important, mais en laisser quelques-uns pour avoir de l’ombre, c’est primordial. Au besoin, planter.

3—Labourer, sarcler, emmotter, semer du gazon, rouler, arroser à bon escient mais avec parcimonie.

4—Ajouter quelques fleurs et quelques Continuer la lecture de Pour faire un œuf à la coque →

Un couple inachevé (18)

7 minutes

Elle pillait tout doucement l’entreprise et son compte bruxellois prenait gentiment du volume. Prudente, elle ne dépensait que peu d’argent pour ne pas attirer sur elle l’attention d’une petite ville où tout le monde surveillait tout le monde. C’était déjà bien assez ennuyeux que toute la région ait connu sa liaison avec Bernard Combes et en ait fait ses gorges chaudes. Mais c’était maintenant du passé.

18 – Attention danger !

 Le 22 mai 2018, alors qu’elle était au téléphone en train de finaliser un important accord de rétrocession à son profit sur les achats d’argile et d’émail avec le responsable commercial de AKE -France à Limoges, Jean-François Combes entra dans son bureau.

— Écoutez, Robert, prononça-t-elle sèchement dans le combiné, il me faut absolument ce certificat pour le premier du mois prochain, au plus tard. Débrouillez-vous ! Au revoir !

Elle raccrocha, puis levant les yeux vers son patron :

—C’était le responsable du labo de Cergy-Pontoise. Ils ont encore pris du retard dans leurs essais de tenue au gel. C’est chaque fois la même chose. Qu’est-ce Continuer la lecture de Un couple inachevé (18) →

Un couple inachevé (17)

3 minutes

Aurélie et Jean-François se séparèrent très satisfaits. Elle avait obtenu en douceur tout ce qu’elle voulait et lui, il avait l’impression d’avoir mené cette réunion de main de maître et d’avoir pris les décisions énergiques que les circonstances imposaient. Tandis qu’Aurélie se retirait dans son bureau pour prendre rendez-vous avec le responsable commercial d’Enedis, le nouveau PDG de Combes & Fils déployait sur son bureau une grande carte routière de la France.

17 – Business as usual

À partir de ce jour, les choses devinrent encore plus faciles pour Aurélie. Jean-François s’intéressait à la comptabilité encore moins que son père et il lui confiait maintenant des pans entiers de la gestion. En particulier, c’est elle qui fut chargée de mettre au point la transformation informatique de l’entreprise avec l’aide d’un ingénieur conseil. Après l’avoir mis très vite à l’écart, elle négocia directement avec le fournisseur parisien et obtint de lui une rétrocession de 10% du montant de la facture. Encouragée par cette réussite, elle procéda de la même manière lors du remplacement du vieux four à fuel. La société allemande Continuer la lecture de Un couple inachevé (17) →

Un couple inachevé (16)

6 minutes

Parce que Jean-François était persuadé qu’Aurélie venait le supplier de ne pas la licencier. Tout en parlant, il avait rabattu d’un coup sec l’écran de son PC et s’était renversé dans le fauteuil de son père. Il poursuivit :
— Bien ! Qu’est-ce que je peux faire pour vous, Mademoiselle Millon.

Pas mal, le « Mademoiselle Millon », glacial à souhait ! Elle devait être dans ses petits souliers, la pauvre petite.

16 – Aurélie au pouvoir

Mais la pauvre petite n’était pas du tout dans ses petits souliers. Elle avait passé le week-end à réfléchir à la façon de mener cette entrevue. Quand, sept ans plus tôt, elle était entrée dans l’entreprise, Jean-François était déjà Directeur Commercial. Elle l’avait observé au travail et elle avait appris à bien le connaître. S’il avait fallu définir l’homme en un seul mot, elle aurait dit « labrador », un bon gros toutou, pas très intelligent, certes, mais fidèle, honnête et affectueux, incapable de faire le moindre mal à qui que ce soit, sympathique à tout le monde, en adoration devant le maître qu’était son père… un labrador. Et comme tout le monde, Aurélie l’aimait bien. Elle l’aimait bien mais elle connaissait ses limites, et elle avait deviné l’angoisse du fils Combes devant la disparition du père.

Pour Aurélie, l’essentiel c’était de parvenir à maintenir Continuer la lecture de Un couple inachevé (16) →

Dernière heure : assaut d’élégance au Conseil de Paris

Dernière heure : assaut d’élégance au Conseil de Paris

Je dois avouer que Rachida Dati et Anne Hidalgo me sont aussi antipathiques l’une que l’autre. Entre l’agressivité latente de l’une et la vulgarité sous-jacente de l’autre, je n’ai jamais eu de mal à ne pas choisir. 

Leurs origines, leur formation, leurs mentors, leur parcours et leur sensibilité politique, tout les oppose. Néanmoins, leurs fonctions les obligent à se retrouver de temps en temps  au Conseil de Paris où elles ont tout loisir de s’engueuler. Les conseillers en ont l’habitude, les journalistes aussi. Mais cette fois, elles ont réussi à surprendre tout le monde.  Continuer la lecture de Dernière heure : assaut d’élégance au Conseil de Paris →

Un couple inachevé (15)

5 minutes

Il aurait voulu pouvoir étaler tout cela devant lui, là, sur la table, tous les éléments de la société, les examiner avec calme et méthode, prendre des notes, dessiner des cercles avec des clients, des rectangles avec des moyens, des ellipses avec des objectifs, relier le tout par des flèches rouges et vertes et bleues et tirer de tout ça des orientations, des conclusions, une organisation, des actions,. Mais il lui manquait l’organigramme. Il ne pouvait pas travailler sérieusement sans ce foutu organigramme !
Il rabattit violemment l’écran de son PC et, abandonnant ordinateur et petit-déjeuner sur la table, il rentra dans la maison et retourna se coucher.

15 – Les petits souliers d’Aurélie

 Le lendemain matin, quand il arriva au bureau, il était presque dix heures. Il n’avait que peu dormi. Debout vers six heures, il avait volontairement trainé deux bonnes heures avant de prendre sa douche et de s’habiller. Déjà fin prêt à neuf heures moins le quart, il aurait pu aisément être au bureau à neuf heures comme c’était l’usage pour la Direction, c’est à dire pour son père et pour lui. Mais, inconsciemment, il voulait que cette première journée sans Bernard Combes s’organise aussi sans lui, sans qu’il ait à intervenir. Qu’ils se débrouillent, on verra bien ce que ça pourra donner ! Tête basse, engoncé dans Continuer la lecture de Un couple inachevé (15) →

Un couple inachevé (14)

6 minutes

Son souffle était court, il sentait la transpiration lui couler sur les tempes, dans les yeux, le long du nez, sur les joues, entre les omoplates. En trois secondes, il fut trempé de sueur. Il se mit à frissonner et un bourdonnement sourd naquit dans ses oreilles. Il se renversa en arrière jusqu’à toucher des épaules le mur glacial et tenta de respirer à fond, mais son souffle se bloqua. Incapable d’expirer, il s’évanouit.

14 – L’organigramme

Quand il se réveilla, la lumière lui fit mal aux yeux. Sa femme était penchée sur lui et lui donnait des gifles. Dans son affolement, elle ne voyait pas que son mari avait rouvert les yeux et qu’il tentait de lever un bras devant son visage, tant pour se protéger de la lumière que des coups qu’elle lui portait. Il réussit à articuler :

— Arrête… ça va… arrête, bon sang…

— Jean-François ! Tu m’entends maintenant ? Tu m’entends ?

­— Ça va, oui. Ça va aller.

— Mais qu’est-ce que tu m’as fait, là. Tu avais Continuer la lecture de Un couple inachevé (14) →