Archives par mot-clé : Cinema

Le sens de la fête – Critique aisée n°102

Le sens de la fête
Eric Toledano et Olivier Nakache -2017
Bacri, Lellouche, Rouve

Il y a de bons acteurs : Jean-Pierre Bacri dans son rôle éternel de râleur mais gentil, Lellouche et son aisance de beauf dragueur mais sensible, Eye Haïdara, une belle jeune femme noire au physique étrange et au vocabulaire chargé, et quelques autres tout aussi bons, un marié, insupportable, sa mère, adoratrice, deux ou trois serveurs, abrutis, quelques extras, tamouls, un photographe, sans gêne, un stagiaire, illuminé, un gendarme, au phrasé de gendarme, tout cela très bien.

L’idée est bonne aussi : l’organisation d’une somptueuse réception de mariage. Il y avait eu l’excellent « Un mariage » de Robert Altman et le grinçant « Mariages !  » de Valérie Guignabodet. Il y avait eu aussi bien sur les célèbres « Branquignols » (Robert Dhéry – 1950), qui décrivait le sabotage grandiose d’une réception. « Le sens de la fête » serait assez dans la ligne des Branquignols, sans atteindre à l’absurde et au délire dont la troupe de Robert Dhéry avait le secret (à voir absolument : Les Belles Bacchantes) : ici le sabotage sera involontaire et du fait d’une brigade d’incapables et de caractériels.

Quelques situations sont drôles, mais je ne les décrirai pas pour ne pas gâcher (spoiler) votre plaisir ; il y a un très beau moment visuel, un envol, je n’en dirai pas plus. Malgré la bêtise de certains personnages, rien n’est méchant, ni aigre, ni vulgaire, ni cliché. On n’est pas dans la farce non plus, on évite le gag de la tarte à la crème, et tout idiots qu’ils soient, les personnages sont sympathiques.

Mais la comédie ne prend pas vraiment et reste au niveau d’une succession de scènes, isolément assez réussies. Est-ce parce que le film est trop long (1h57) ou parce qu’il manque un fil, une intrigue, une évolution ?

Voyez-vous-même. Car, si vous voulez, ce film, vous pouvez le voir.

Happy end – Critique aisée n°101  

Happy end
Michael Haneke – 2017
Isabelle Huppert, Jean-Louis Trintignant

Le sujet est banal : une famille bourgeoise de Calais, les Laurent, très riches, très bourgeois, très province.

Le genre n’est pas original : une comédie du genre « Pièce grinçante » d’Anouilh, c’est-à-dire pas une comédie, mais pas un drame non plus, juste de quoi se moquer de manière consensuelle des turpitudes des gens.

L’histoire est métaphorique : un effondrement sur un chantier de travaux publics va, sinon provoquer, du moins accélérer l’effondrement de la famille Laurent.

Le point de vue est double : un narrateur omniscient et silencieux qui passe d’un personnage à l’autre et une jeune fille de 13 ans, troublante et perturbée, surement la meilleure performance de comédien du film.

La position morale ou politique n’est pas trop manichéenne, mais quand même : les bourgeois sont des méchants ; il n’y en a pas un, y compris la petite fille, pour Continuer la lecture de Happy end – Critique aisée n°101  

Petit paysan – Critique aisée n°100

Petit paysan
Hubert Charuel – 2017
Swann Arlaud, Sara Giraudeau

Je viens de voir un film, « Petit paysan », et j’ai brusquement réalisé que j’avais vécu des centaines et des centaines de week-ends à côté d’un éleveur de vaches laitières, un tout petit éleveur, encore plus petit que celui du film. Sans que je m’en aperçoive, ou plutôt sans que j’y prête attention, pendant ces week-ends et pendant les semaines qu’ils encadraient, mon tout petit paysan travaillait, peinait, s’inquiétait du temps, pourri, du prix du gas-oil, trop cher, de celui du lait, trop bas, des nouvelles normes, incompréhensibles… En fait, mon voisin des fins de semaine s’inquiétait de tout. Est-ce que sa voiture allait tenir encore longtemps, est-ce qu’il faudra vraiment remplacer le tank à lait, est-ce que le toit de l’étable supportera encore un hiver… ? Mais je ne le voyais pas, ou plutôt, je n’y prêtais pas attention. Et puis, après des centaines de week-ends et de semaines intercalées, il a vendu ses vaches laitières et il a élevé quelques veaux. Il a un peu changé d’inquiétudes : est-ce que le prix de la viande va encore baisser, combien va couter la réparation du chauffage de l’étable… Mais toujours : est-ce que ma voiture…, pourvu que le toit…, s’il se met à faire vraiment froid…. Mais je ne le voyais pas, ou plutôt, je n’y prêtais pas attention.

Et puis, il a pris sa retraite. Il a vécu enfin tranquille pendant quelques années, sans trop d’inquiétudes. Mais je ne le voyais pas, ou plutôt, je n’y prêtais pas attention. Et puis il est mort. Sa voiture, son toit, sa chaudière avaient tenu jusqu’au bout.

Toute sa vie de voisin, il avait été aimable, discret, souriant même. Il disait bonjour, ça pousse les enfants, comment ça va dans la banque ? car il me croyait banquier. Je disais bonjour, il fait drôlement froid, hein, vous avez voyagé un peu pour vos vacances ? car je croyais qu’il en prenait. Mais nous ne nous parlions pas, nous ne nous disions rien, que des petites paroles, banales, sans poids.

Voilà, j’ai pensé à tout ça. Je me suis dit que si je l’avais vu plus tôt, ce film, quelques centaines de week-ends plus tôt par exemple, je lui aurais prêté attention, à mon voisin des fins de semaine, un peu plus peut-être. Je lui aurais peut-être dit des choses, il m’aurait peut-être répondu. Va savoir…

Bon, on secoue les épaules et on pense à autre chose. Au film, par exemple. Je ne vous ai encore rien dit du film, ou si peu. Alors disons que le héros, Pierre, est un petit paysan, jeune, 30 ans, éleveur de vaches laitières, vingt-six. Il a une sœur, vétérinaire, des parents, retraités, il a repris leur ferme, des voisins, un gentil vieillard à l’esprit égaré, un autre éleveur, gros celui-là, cinq-cents hectares, un patron de bistrot, chaleureux. Il y a aussi une boulangère, éphémère.

Pierre vit avec ses vaches, par elles, pour elles. Il rêve d’elles, il en est fier, il les soigne, il les lave, il les caresse, il les trait, il ne fait jamais rien d’autre. Mais une méchante épidémie arrive de Belgique. Une de ses vaches est atteinte. Elle devrait être abattue, et le reste du troupeau avec. Mais non, il ne veut pas. Alors…Mais je ne vous dirai rien de plus. Ce n’est pas que l’histoire soit inattendue mais, même prévisible, sa progression est prenante, inexorable, comme celle d’une tragédie antique.

Quand vous irez voir ce film — parce qu’il le faut — ne vous attendez pas à un documentaire d’Arte sur la condition paysanne, avec petit matin brumeux sur pâture luisante, tasse de café et tartines silencieuses sur toile cirée à carreaux, dialogues renfrognés en contre-jour, gadoue et misère latente. Non, Pierre n’est pas renfrogné, il n’est pas pauvre, pas vraiment en tout cas, enfin on n’en parle pas. Il aime ce qu’il fait, il ne fait que ça, il n’a de temps pour rien d’autre. Même qu’il est peut-être heureux. On ne sait pas vraiment. Mais Pierre ne veut pas qu’on tue ses vaches. Alors avec obstination, avec lenteur, avec douleur, il fait ce qu’il ne devrait pas faire…

Film noir, thriller, drame psychologique, le film est tout ça à la fois. Il est dense. Il est tendu sur une action unique, sauver le troupeau. Il n’y a aucune complaisance sur l’éventuelle beauté de la campagne, sur l’hypothétique philosophie bucolique ou une prétendue amitié campagnarde. Mais il n’y a pas non plus de pathos, d’affectation, de cliché. On est toujours dans le sujet et, quand le film diverge brièvement sur un diner au restaurant, une partie de chasse ou une nuit de bowling, c’est pour montrer la perte de temps que ces distractions constituent dans l’itinéraire du petit paysan et faire ainsi monter encore un peu la tension.

Swann Arlaud est tellement convainquant dans son obstination douloureuse qu’on dirait un paysan doué pour le théâtre.

Enfin, j’ai un très gros faible pour Sara Giraudeau. Elle m’avait déjà emballé dans son rôle dans la série « Le bureau des légendes« . Elle est ici sensible et volontaire dans son personnage de sœur-vétérinaire. Et puis, elle ressemble tellement à son père.

On doit voir ce film, même quand on n’a pas de paysan dans ses voisins de fin de semaine.

Birdman (Critique aisée 54)

Birdman    
d’Alejandro Gonalez Iñarritu, avec Michael Keaton et Edward Norton.

Drôle d’oiseau, drôle de film !

Moi, vous savez, je n’aime pas vraiment le théâtre. Sauf si c’est pour Feydeau, Shakespeare, et parfois pour Giraudoux, je n’aime pas beaucoup traverser Paris aux heures de pointe, ne trouver à me garer qu’au sixième sous-sol d’un parking qui sera sans ascenseur et à 21 minutes de marche du théâtre, brandir mes billets que j’ai dû imprimer chez moi par-dessus les têtes de mes semblables pour obtenir enfin de la boite à sel les numéros des sièges où je serai autorisé, après avoir soudoyé une ouvreuse,  à m’asseoir de travers sur un mauvais fauteuil d’où je verrai, les genoux enfoncés dans le dos de ma voisine de devant, une  scène coupée en deux par une colonne du XIXème siècle. (Vous voudrez bien noter que je n’ai rien dit de la pièce elle-même.)

Mais le cinéma, j’aime. Et le cinéma au carré, je veux dire le cinéma dans le cinéma, encore plus. Passionnants, ces films qui vous démontrent comment se fait un film, combien de personnes il faut écraser sur Sunset Boulevard pour arriver au sommet, comment on obtient Continuer la lecture de Birdman (Critique aisée 54)

Whiplash (Critique aisée 52)

Whiplash  (Toute la musique que j’aime !)
de Damien Chazelle avec Miles Teller, J.K. Simmons.

Toute la musique que j’aime !

Je croyais que ce genre de jazz avait disparu vers la fin des années soixante. Je n’imaginais pas qu’une telle musique puisse encore exister, aussi forte, aussi vivante, aussi joyeuse, mais aussi technique, aussi précise, aussi écrite. Et c’est à New York que ça se passe, bien sûr.

Andrew Neiman entre dans école de musique pour devenir le meilleur batteur du monde. Il a choisi pour cela la meilleure école de New York, c’est-à-dire « la meilleure école du monde ». Terence Fletcher y enseigne le jazz. Il remarque le jeune Andrew et croit voir en lui un nouveau Buddy Rich. Jusqu’ici, tout va bien. Mais Fletcher enseigne la musique par la violence. Il gifle ses élèves pour leur apprendre le rythme, leur balance des chaises à la figure, les traite de pédés, de sales juifs et autres galanteries. Quand il rentre dans la salle de cours, les élèves sont pétrifiés, terrifiés, comme Continuer la lecture de Whiplash (Critique aisée 52)

The imitation game – Critique aisée n°51

Critique aisée 51

The imitation game
de Morten Tyldum, avec Benedict Cumberbatch et Keira Knightley.

C’est l’histoire d’un homme, probablement autiste, certainement très perturbé, et intelligent au-delà du raisonnable : l’homme qui a réussi à briser le code Enigma, selon lequel étaient cryptés tous les messages secrets allemands pendant la deuxième guerre mondiale.
C’est une histoire vraie, avec laquelle il semble que le scenario ait pris quelque liberté mais, la liberté d’expression, on s’est battu pour ça, n’est-ce pas ?
C’est un film normalement intelligent sur l’histoire d’un homme anormalement intelligent, un film Continuer la lecture de The imitation game – Critique aisée n°51

The Homesman (Critique aisée 26)

De et avec Tommy Lee Jones
Que dire de ce film?
Qu’il n’a rien obtenu au Festival de Cannes? C’est déjà un bon point.
Que c’est un film américain? C’est dire qu’il a une histoire solide et des acteurs excellents.
Que c’est un western? Oui, mais que pour une fois, il n’est ni lourd ni parodique. Aucun Leone, aucun Tarentino n’aurait su faire ça.
Que ce n’est qu’un long voyage en chariot? Oui, mais cette fois-ci vers l’Est et dans des paysages immenses, il est vrai, mais désespérants.
Que le thème est classique? Pas vraiment, mais que chaque évolution de situation est inattendue, totalement.
Qu’il prône une fois de plus les valeurs américaines, l’esprit pionnier? Hé bien, oui et non. La morale est là, ultra présente, religieuse ou athée, mais l’Ouest, cette fois-ci, n’est pas le but de l’aventure, mais la cause du malheur, de la folie. Go back East, young women.
Qu’il faut aller le voir? Certainement.

Black Coal (Critique aisée 25)

Black coal ( de Diao Yi’nan)
Ours d’Or du Festival de Berlin.
Hier après-midi, en sortant de Black Coal, j’ai soudain regretté l’absence d’Eric Neuhoff à la dernière réunion des Masques et des Plumes qui m’avait envoyé séance de cinéma tenante voir cette incarnation du renouveau chinois du film noir. On avait cité Chandler, Hammet, Le Grand Sommeil, alors vous pensez!
Éric aurait certainement apporté un peu de raison à ce dithyrambe unanime.
De ce film à l’intrigue incompréhensible, aux dialogues languissants, et aux acteurs engourdis, je ne sauverai que quelques images, ( effectivement, comme l’a dit l’un des Masques, il y a à un moment un mur jaune du plus bel effet) ainsi que la seule surprise réussie du film, celle du feu d’artifice final.
Dans son intervention par ailleurs pleine de louanges, Alain Riou, membre sympathique et plein d’humour de ce club, a regretté que les distributeurs aient adopté pour ce film un titre anglais qui signifie « Charbon Froid ». Modestement, je voudrais lui rappeler que Black Coal ne signifie pas Charbon Froid mais Charbon Noir.
Encore que Charbon Froid eut été assez adapté à l’impression que m’a laissée ce film.

Diplomatie

Diplomatie
de Volker Schlöndorff, avec A.Dussolier et N.Arestrup

C’est peut-être parce qu’on connaît la fin, mais on n’y croit pas un seul instant.
Tout le monde sait aujourd’hui que le film raconte les efforts du consul de Suède, Nordling, pour dissuader le général von Choltitz, gouverneur de la place de Paris, de faire sauter Paris alors que les troupes du Général Leclerc vont entrer dans la capitale le 24 août 1944. Passons sur la réalité historique des événements racontés (Nordling a effectivement eu une action très importante auprès de Choltitz, réussissant à faire libérer de nombreux prisonniers qui, sans son intervention, auraient probablement été fusillés, mais le fait qu’il ait agi pour sauver Paris de l’explosion n’est ni avéré ni même évoqué dans les mémoires du consul). Peu importe, on est au cinéma, pas en classe d’histoire.

Ce qui importe, c’est que le film est raté. La mise en scène est plate et académique. Pas de mouvement, pas de passion, pas de tension malgré l’énorme importance de l’enjeu. Le film ne progresse pas. On a l’impression que les deux acteurs redisent sans cesse les mêmes répliques. Les ressorts de l’action sont enfantins, en particulier celui du passage secret qui donne à Nordling l’accès à l’appartement de Von Choltitz.

Niels Arestrup est pourtant assez crédible dans son rôle de général allemand fatigué et discipliné. Par contre, André Dussolier, acteur d’ordinaire si subtil, reste figé dans son attitude finaude et souriante, avec quelques envolées lyriques du genre « ainsi, nous ne verrons plus ce dôme des Invalides, ces tours de Notre-Dame, etc…. » qui prêtent plutôt à rire qu’à s’émouvoir.
Globalement, le film est plutôt lourd et assez ennuyeux.

Si vous voulez voir un vrai Raoul Nordling de cinéma, allez plutôt revoir Orson Welles dans le film de René Clément: « Paris brûle-t-il? »

Soyez Schnock !…….. Critique aisée 14

Soyez Schnock
Ça coûte cher, quatorze euros et cinquante cents. C’est fait sur du beau papier. C’est plein de textes et de photos rigolotes ou émouvantes.  C’est sans aucune publicité. C’est trimestriel. C’est une sorte de magazine. C’est, selon le bandeau de titre, « la revue des vieux de 27 à 87 ans« . C’est, d’après la quatrième de couverture, celle qu’il vous faut si, vous aussi, « vous ressentez l’envie d’échapper à l’hystérie de l’époque en faisant un pas de côté et en tournant poliment le dos au jeunisme ambiant« . C’est Schnock.
Le numéro de Printemps porte le numéro 10. J’en déduis que ça fait plus de deux ans que Schnock existe et qu’il m’a fallu attendre une recommandation de dernière minute du Masque et de la Plume pour le découvrir lundi dernier.
Le sujet principal du numéro de Printemps de Schnock est Guy Bedos. Non, ne  raccrochez pas tout de suite! Je suis d’accord avec vous: même s’il m’a fait bien rire dans les années soixante-dix, je n’aime pas beaucoup ce rentier de la méchanceté qu’il est devenu avec les années quatre-vingt. ( A noter qu’ on a fait depuis bien pire en matière de méchanceté, avec le fils de Guy, Nicolas, deux fois plus méchant et dix fois plus con). Ne raccrochez pas tout de suite et laissez moi le temps de dire que le vrai sujet de ce numéro est la dilogie (mon correcteur d’orthographe me refuse obstinément ce mot, mais vraiment, diptyque, ça fait trop pédant) d’Yves Robert: « Un éléphant, ça trompe » et « Nous irons tous au paradis ». Le sujet est traité par cinq interviews: Guy Bedos, Claude Brasseur, Anny Duperey, Marthe Villalonga et Victor Lanoux. (Jean Rochefort absent, pourquoi, ce n’est pas dit) Je suis certain qu’au seul énoncé de ces noms, vous êtes déjà en train de revoir les films, les parties de tennis, les rigolades, les engueulades, les farces de ces quatre copains dont on aurait aimé être le cinquième. Je suis sûr que vous êtes en train de tenter de vous rappeler certaines répliques:

« J’aime beaucoup vos seins, surtout le gauche »,

« Tu me sommes à moi! Tu me sommes à ta mère! »,

« Je t’ai demandé personnellement de ne pas lober cette semaine! »….

La première interview, et la plus longue, est celle de Bedos. Non, non! Ne raccrochez pas encore. Malgré une absence totale de modestie, qui serait pourtant parfois bienvenue, l’interview est intéressante et nous en apprend sur la carrière de Bedos, enfin, celle d’avant, sur ses amitiés, sur le tournage des deux films. Une obsession cependant est omniprésente (puisque c’est une obsession), c’est celle que Bedos a de tout classer, absolument tout, entre droite et gauche, y compris ses amis, qu’ils soient de droite ou de gauche. Je n’aime pas, je n’aime plus Bedos. Mais quelqu’un qui a pour ami Jean Loup Dabadie, qui a de l’admiration pour Jean Yanne, et qui a mis le pied de Pierre Desproges à l’étrier ne peut pas être totalement mauvais. Si?
Claude Brasseur est plus modeste et plus subtil quand il dit comment il a été choisi pour jouer et comment il a joué un homosexuel caché.
Anny Duperey dit très brièvement que deux des grands regrets de sa carrière ont été que son rôle dans le premier film soit si court et qu’elle n’en ait pas eu dans le second.
Dans son interview, Marthe Villalonga se ressemble, en plus calme. Elle n’avait, et n’a toujours, que deux ans de plus que Bedos quand elle jouait sa mère omniprésente.
L’interview la plus brève est celle de Victor Lanoux, qui fait un sympathique éloge de Dabadie et d’Yves Robert.

Le reste du magazine comprend:
-une analyse intéressante de Droit de Réponse. Mais si, rappelez-vous, cette émission où seuls Michel Polac et ses amis avaient le droit de répondre.
-un bel et long  article sur le rêve et l’échec français de Facel-Véga
-une suite d’anecdotes sur Léo Ferré
-la vie et la mort de Tintinville
-un portrait de Jean Pierre Melville
-etc, etc, etc…

Si vous n’êtes pas tendance, si vous avez aimé les années soixante et soixante-dix, alors, avant d’être vieux, soyez Schnock!