Et voilà que tout d’un coup, on m’offrait une place d’où je pourrais servir le pays. Certes, il s’agissait de travailler pour un gouvernement de collaboration, un gouvernement soumis à l’autorité allemande. Mais Cottard m’avait convaincu qu’avec son groupe d’amis, je pourrais agir, orienter la politique, préserver Pétain des influences fascisantes de beaucoup de ses collaborateurs. Alors, j’ai accepté. Début novembre, je déménageai à Vichy. J’entrai comme fonctionnaire détaché au Gouvernement de l’État Français. Mon poste officiel était deuxième adjoint au Secrétaire Général du Ministère de l’Intérieur.
Chapitre 8 – Georges Cambremer
Dixième partie
…
Plus ou moins… enfin, disons, pas tout de suite. Les choses ne sont jamais simples, vous savez… rien n’est jamais tout blanc ou tout noir. D’abord, il faut comprendre que je n’étais qu’un fonctionnaire parmi d’autres. Je débutais, on ne me confiait que des tâches sans importance, organiser des réunions, établir des comptes rendus, faire des recherches de détail. Cottard était souvent à Paris et je le voyais très peu, j’ignorais tout des ficelles du pouvoir, je ne connaissais même pas les noms de tout les membres du H4. Je restais donc prudent, je m’efforçais de faire mon travail du mieux possible, j’observais, j’apprenais…
Au début, les options du Gouvernement ne me choquaient pas vraiment : j’avais découvert Continuer la lecture de Le Cujas (47)