Pour la deuxième fois en moins d’un an, on me proposait un engagement radical et c’était le même Cottard qui m’avait engagé à servir Vichy qui m’incitait à présent à le combattre. Bien sûr, il avait raison : un soldat de plus ou de moins dans les rangs des F.F.L., quelle importance ? Mais un agent au sein du gouvernement ennemi, c’était inespéré. Bien sûr rester à Vichy, dans ce milieu délétère de la collaboration, ce serait pénible. Je savais que j’aurais du mal à toujours dissimuler mes sentiments, mais au moins je servirais la France, la vraie, plus efficacement qu’en allant faire le coup de feu dans le maquis ou en Afrique du Nord.
Ma décision était prise et je le dis à Cottard.
Chapitre 8 – Georges Cambremer
Onzième partie
« Très bien, a-t-il dit. Je prends cela comme votre parole d’officier. Maintenant, vous allez retourner à Vichy. Trouvez une bonne explication pour ce voyage à Marseille. Reprenez votre travail et même si certaines tâches vous écœurent, ne changez rien, ne faites de zèle ni dans un sens ni dans un autre. Soyez un fonctionnaire modeste et modèle, ne prenez pas de risques, écoutez, regardez, ne notez rien, souvenez-vous. Dans un mois, dans trois mois, dans six, on vous enverra quelqu’un qui vous dira quoi faire. Voulez-vous choisir un nom de guerre ? Ce sera en même temps le mot de reconnaissance pour votre futur contact. »
Je ne sais pas pourquoi ça m’est revenu à l’esprit d’un seul coup, mais je n’ai pas hésité une seconde et j’ai dit « Charles Martell avec deux ailes ».
Cottard a acquiescé, il a fait signe au patron de mettre la note Continuer la lecture de Le Cujas (48) →