Archives de catégorie : Fiction

Le Cujas (71)

Chapitre 10 – Dashiell Stiller
Cinquième partie

— Qu’est-ce qui se passe, Sergent ? Qu’est-ce qui se passe ?

— C’est fini Dash ! C’est fini ! L’Allemagne vient de capituler ! Mon Dieu, c’est fini…, achève Yanichewski avec un sanglot dans la voix.

La gorge serrée, incapable de dire un mot, Dashiell regarde autour de lui tous ces hommes qui ne vont pas mourir et il entend Yanichewski qui répète :

— C’est fini ! Et nous avons survécu !

*

Sur la terrasse du Kehlsteinhaus, la célébration de la capitulation de l’Allemagne avait duré jusqu’au petit jour. Un peu avant le crépuscule, les membres de la commission d’enquête avaient repris la piste pour rejoindre leurs véhicules.  Une trentaine d’hommes de l’Easy Company demeuraient seuls maitres des lieux. Alors, venues des entrailles du Nid d’Aigle, étaient apparus des monceaux de victuailles, des cartons de bouteilles d’alcool, des caisses de champagne et de vin, des boites de cigares. Les quelques officiers qui étaient présents avaient regardé ailleurs et les hommes, simples soldats, caporaux et sous-officiers confondus, avaient célébré dignement ce qui pour eux, ils en étaient certains, signifiait la fin de la guerre. Un groupe électrogène et un poste de radio avaient été apportés par la relève et on avait mangé et bu au son de Glen Miller et de Bing Crosby. Au fur et à mesure que la nuit avançait et que le froid montait, on s’était replié à l’intérieur Continuer la lecture de Le Cujas (71)

Les chaouesterces

Elles avaient disparu depuis le 9 juillet 2014 !
Mais les voilà qui reviennent !

Les premières chaouesterces sont arrivées au début du printemps. D’abord, elles ont suivi les courbes de niveau, puis, devenues trop nombreuses, elles ont dévalé vers le thalweg. Tant que la mardifleur a persisté, les pramagones, impassibles, les ont regardé passer. Puis, avec l’arrivée du saperneau pajeur, ils se sont désintéressés du partoufle et ont repris leur lent clombage vers les vilards.

Plus bas, au tornille, les tagaliens attendaient avec radatance l’arrivée des chaouesterces. Mais il y a prou du tornille au thalweg, et ce n’est qu’après mir dermes qu’un petit zigonu avita la chaouesterce de tête et donna le gropard des acromères. Aussitôt, ce ne birent plouf que dématonages et crapistouilles. Tout le tornille recanait de mufanorts et de bracantilles. La hitte devait riler toute la gomme.
Une daze encore, l’arrivée des chaouesterces afurait la gumeuse au tornille.

Le Cujas (70)

Chapitre 10 – Dashiell Stiller
Quatrième partie

(…)Et il s’endormait quelques secondes, et puis l’idée qu’il avait tiré et probablement tué des camarades de combat le reprenait, et il se sentait pris d’une grande faiblesse, et puis la chaleur lui montait au visage et la sueur naissait sur ses tempes, sur son front et sous ses aisselles, et il se retournait dans son sac de couchage. Il se calmait et s’endormait encore quelques secondes. Et ses pensées funestes revenaient en rond : pourquoi avait-il tiré, la Jeep aurait-elle eu le temps de s’arrêter, le conducteur avait-il braqué instinctivement, avait-il été atteint par les tirs ?…

— Stiller, vous avez quelque chose à ajouter ?

— Non, Monsieur

— Vous pouvez disposer.

*

Tandis que le Colonel Cooper se plongeait dans la rédaction du Procès-Verbal de classement définitif de ce qu’il était maintenant convenu d’appeler « l’accident français », le Lieutenant Stiller est sorti de la bibliothèque. Il a pris l’escalier de pierre qui descend au niveau inférieur où se trouvent les cuisines et les logements des domestiques. C’est dans cette partie presque entièrement préservée des bombardements de la fin avril que le 5 au soir, le commando Stiller a installé son campement. Stiller a choisi une réserve sans fenêtre pour en faire Continuer la lecture de Le Cujas (70)

Le Cujas (69)

Chapitre 10 – Dashiell Stiller
Troisième partie

(…) — Ben, mon salaud ! Il a fait un joli saut, le nazi !

Coney ne dit rien.

Stiller a descendu la pente sur quelques mètres jusqu’au bord du ravin. Il contemple le vide silencieusement. Yanichewski le rejoint. Ils regardent ensemble vers le bas et puis Yani prononce d’une voix blanche :

— Dash… je crois que c’était une Jeep…

*

— Lieutenant Stiller, en tant que président de la commission d’enquête, je dois vous informer qu’elle a achevé ses délibérations. Le rapport que le Capitaine Bronski a établi sur cet incident est accablant. Vous avez manqué de sang-froid en déclenchant votre tir contre la Jeep française sans laisser la moindre possibilité au conducteur de tenter de s’arrêter. Le Sergent Yanichewski n’a tiré que sur votre ordre. Les deux occupants de la Jeep sont morts, un lieutenant et un caporal — oui, le caporal qui conduisait la Jeep a succombé ce matin à l’hôpital de Berchtesgaden. C’est donc votre responsabilité qui est seule engagée. Vous êtes le seul responsable de ce drame, Stiller.

Le colonel Cooper est assis derrière la table que l’on a dressée hier soir dans ce qui fut la bibliothèque du Nid d’Aigle et que l’on a aménagée au Continuer la lecture de Le Cujas (69)

Le Cujas (68)

Chapitre 10 – Dashiell Stiller
Deuxième partie

(…)Dashiell a regardé la voiture se dégager du trottoir, tourner à gauche le long des murs de la Sorbonne et descendre lentement en direction de la Seine. Quand elle a disparu dans la rue des Écoles, il est rentré dans ma chambre et il s’est allongé tout habillé sur le lit, crispé, les bras le long du corps, les yeux écarquillés, fixés sur le filament orangé de la lampe qui pendait du plafond. Au bout de quelques instants, sa respiration a commencé à se calmer et son dos à se détendre. Épuisé, il a fini par s’endormir. Et tout de suite, les phares sont revenus.

*

Le lieutenant Dashiell Stiller, 101e Division aéroportée, 501e Régiment d’infanterie parachutée, 2e bataillon, Compagnie E, a passé sa jambe droite à l’extérieur de la Jeep. Du pied, il appuie fortement sur l’aile droite. Sa main gauche est crispée sur le montant du pare-brise. Il ne quitte pas des yeux la piste qui se déroule devant lui, dont une épaisse couche de neige fondue recouvre les cailloux et les ornières. C’est Königsberg qui conduit. Allan Königsberg a dix-neuf ans. Il vient d’arriver à la Compagnie E et Stiller ne sait Continuer la lecture de Le Cujas (68)

Le Cujas – Chapitre 9 – Mattias Engen -Texte intégral

Après que Mattias Engen vous ait été livré en treize petits morceaux en un peu plus d’un mois, le voici dans toute sa splendeur et toute son intégralité.
Le chapitre suivant, qui sera sans doute le dernier — mais qui sait ? — sera consacré à Dashiell Stiller. Celui qui, jusqu’à présent, ne s’est exprimé qu’au moyen de groupes de trois petits points va-t-il enfin parler ? Va-t-il enfin nous révéler le pourquoi du comment de cette histoire chorale et compliquée ?

Vous le saurez bientôt, mais surement pas la semaine prochaine.

 

Chapitre 9 – Mattias Engen

Monsieur Stiller ? Bonsoir Monsieur Stiller. Je suis Mattias Engen. C’est moi qui vous ai téléphoné hier au sujet de Samuel Goldenberg. J’ai des choses importantes à vous dire. Vous voulez bien monter dans ma voiture, s’il vous plaît ? C’est celle-là.

Non, non ! Dans le bar de votre hôtel, on risquerait de nous entendre. On sera très bien dans ma voiture pour causer.

Écoutez, Stiller, on ne va pas rester là plantés sur le trottoir comme deux pingouins congelés. Il fait froid, la nuit va tomber et il va bientôt neiger, alors montez ou je rentre chez moi illico et vous ne saurez rien du Journal de Samuel.

Oui, le Journal de Samuel ! Quand il était à Treblinka, Samuel a écrit un journal. Ça devrait vous intéresser, non ? Allez, montez.

Voilà, c’est mieux. Installez-vous. Pas trop chaud ? Elle est chouette, hein, ma Chrysler ? Vous vous intéressez aux voitures, Monsieur Stiller ?  Non ? Vous devriez… Elle a été fabriquée chez vous, celle-là. Ah, pour le vrai luxe, avant la guerre, il n’y avait que les Anglais, et puis les Allemands aussi, un peu. Mais après les bombardements, il est pas resté grand-chose de leurs usines. Alors maintenant, il n’y a plus que Continuer la lecture de Le Cujas – Chapitre 9 – Mattias Engen -Texte intégral

Le Cujas (66)

Chapitre 9 – Mattias Engen
Treizième partie

 Que du champagne, tu parles ! Il m’a même dit que c’était ce soir-là qu’il avait découvert le charme et les avantages des bordels. C’est pour ça qu’il venait régulièrement au Marquis et qu’il a continué à La Marquise pendant un temps après la Libération. Mais maintenant, il est ministre. Alors, il faut qu’il fasse plus attention. Je suppose qu’il se fait livrer à domicile ! Bon, moi, j’ai rien à y redire, chacun ses goûts, mais c’est juste pour vous montrer que c’est un fameux baratineur, le Georges !

Au Marquis. La première fois qu’il y est venu, il se trouve que j’étais là, en tournée d’inspection, si j’ose dire. Je ne le connaissais pas, mais j’ai bien vu qu’il accompagnait un sous-ministre quelconque de Vichy, alors je me suis dit que c’était sûrement un bonhomme à cultiver. Et puis je le vois qui croise Simone et les voilà qui se tombent dans les bras l’un de l’autre, et qui s’exclament, et qui se congratulent. Je me suis approché et Simone me l’a présenté. On est allé boire une Veuve Clicquot dans un coin du bar et on a fait connaissance. Je me disais qu’un type du Ministère de l’Intérieur, ça pouvait toujours servir, et je l’ai soigné. Et ça a servi, je peux vous le dire… J’avais toujours besoin de formulaires pour les autorisations de transport, de bons d’essence et même de cartes d’identité et de passeports vierges à fournir à des amis ou à vendre à des clients. Alors, la deuxième fois qu’il est arrivé au Marquis — je n’étais pas là, mais j’avais demandé à Simone de me prévenir — j’y suis allé vite fait et je l’ai sondé gentiment sur des possibilités de coopération. Je peux vous qu’il n’a pas été trop difficile à convaincre, le grand serviteur de l’État. En moins d’un mois, on avait mis au point un gentil petit trafic de faux papiers. Ce qui est marrant, c’est que quelques-uns de ces papiers ont servi à des juifs, et même Continuer la lecture de Le Cujas (66)

Le Cujas (65)

Chapitre 9 – Mattias Engen
Douzième partie

 Bon, Cambremer…
Ah ! D’abord, tenez ! Je vous rends vos notes.

Il n’y a pas de quoi, c’est bien normal. De toute façon, j’en garde une copie : j’ai tout fait taper ce matin à Bougival. C’est du rapide, hein ! Elles s’y sont mises à plusieurs, faut dire.

Bon ! Cambremer ! Allons-y !

Cambremer, Georges, la trentaine, Polytechnicien, bel homme, fils de l’industriel Fernand Cambremer, agent de De Gaulle infiltré à Vichy, membre de plusieurs cabinets ministériels et maintenant, ministre des Anciens Combattants… un homme très remarquable, Monsieur Cambremer… beaucoup de relations… promis à un grand avenir… enfin, peut-être.

Tout ça, c’est ce qu’il vous a dit, c’est ce que vous avez écrit. Et tout ce qu’il vous a dit, c’est vrai… ou presque… Non, presque, c’est pas le mot que je cherche. Ah ! Comment dire ? Vous savez, au tribunal, quand on interroge un témoin, on lui fait jurer de dire la vérité, rien que la vérité, toute la vérité. Eh bien, notre ami, il n’a pas dit toute la vérité. Il en a caché une bonne partie, même. Dans chaque mensonge, il a mis un peu de vérité, et vice-versa. Il a changé une date, ici ou là, il a mélangé des personnages, il a même avoué quelques erreurs, et ça, quand on raconte des bobards, c’est la meilleure méthode pour qu’on vous croie. C’est qu’il est loin d’être bête, l’ami Georges. Bref, avec ça, il a entourloupé tout le monde, et vous le premier.

Par exemple, tenez : est-ce qu’à un moment quelconque, il vous a dit Continuer la lecture de Le Cujas (65)

Les journées de Monsieur Lambert

Ce texte est de Marie-Claire. C’est sa deuxième publication. La précédente date du 19 novembre 2016.

Monsieur Lambert est ponctuel, c’est une qualité que sa femme lui reconnaît. Il ne se permet pas de flâner, la vie dans la maison est réglée comme ça, pas de temps perdu, pas de laisser-aller, une efficacité maximum. Même les enfants, un garçon et une fille, subissent cette loi et Madame Lambert en est fière.

Comme d’habitude, elle le regarde partir au bureau. Il est huit heures, il décroche sa gabardine du portemanteau, Il l’enfile, enroule son écharpe autour de son cou, prend son attaché-case, crie « A ce soir » à sa femme et claque la porte. Il a pris soin, avant de partir, de ramasser sa carte orange sur la console de l’entrée et de la mettre dans sa poche.

Il sort à petits pas, regarde le ciel menaçant puis monte dans sa voiture qu’il a garée devant le portail.

Arrivé à la gare, il prend le RER, ne descend pas à Étoile, station de son bureau, change à Châtelet, sort enfin à Luxembourg. Il avance droit devant lui, puis il tourne à droite, quitte le boulevard Saint-Michel pour la rue Soufflot.

Encore quelques pas et il se retrouve dans les pas de sa jeunesse : à la bibliothèque Sainte-Geneviève. Il se sent chez lui. Les bibliothécaires le saluent d’un cordial « bonjour ». Chaque jour, elles s’étonnent de le revoir là : il ne correspond à aucun type d’habitués, trop vieux pour être étudiant. Trop jeune pour être retraité et sa façon de lire est si étrange ! Il choisit chaque matin une lettre de l’alphabet, dans l’ordre, et il prend trois livres dont le nom de l’auteur commence par cette lettre. Aujourd’hui, il en est au M -Malraux, Maupassant, Mauriac…Il ne les emporte jamais ; une fois son choix fait, Il s’installe à une place et passe la journée là, absorbé au point d’en oublier de sortir déjeuner.

Il est trois heures. A la maison, Madame Lambert fait des rangements et pense à son mari. Elle a beau le sermonner, il est incapable d’obtenir de l’avancement. Ce soir, elle lui en reparlera.

A la bibliothèque, Monsieur Lambert bouge. Il va rendre un livre pour se dégourdir les jambes. Les trois dames lèvent le nez. Le petit homme leur sourit. La plus jeune suit la progression méthodique de ses lectures. Arrivé au bout de l’alphabet, que fera-t-il ?

A six heures, Monsieur Lambert quitte la bibliothèque. Chaque soir, le voyage lui semble plus pénible : RER, changement, RER puis trajet en voiture.

Une fois chez lui, il pose sa carte orange sur la console, manteau, embrasse sa femme.

-Comment s’est passée ta journée ? demande-t-elle. Monsieur Lucas est-il toujours content de toi ? Tu pourrais lui demander une augmentation !

Cela lui rappelle les retours de l’école et les questions de sa mère : « As-tu été sage ? Quelles notes as-tu eues ? Tu pourrais faire mieux !  » Il en a la chair de poule.

Les enfants sont rentrés, il se garde bien de les questionner.

Les jours passent. Monsieur Lambert a négligé la lettre X, Xénophon ne le tente pas. Le Y lui apporte Yourcenar et Il oublie pendant quelques heures l’échéance qui approche. Un jour de plus et le Z sera là. Finir avec Zola, ce n’est pas si mal. Il a déjà vécu cent vies à travers ses lectures. Il a connu l’amour, la jalousie, la haine, l’avarice et la prodigalité, tant de péripéties.

Le jour suivant tire à sa fin. Il est près de cinq heures. Les enfants, rentrant de l’école, trouvent leur mère singulièrement nerveuse. Elle vient d’avoir un appel de la banque : « Votre compte est débiteur, Madame. » Elle ne comprend pas, elle va appeler leur père au bureau. Le petit garçon s’interroge aussi : depuis quelques temps, Papa se propose pour l’aider à faire ses dissertations, c’est nouveau. Sa sœur, elle, se contente de sucer son pouce.

Loin d’eux, Monsieur Lambert réfléchit. Il sait que l’heure de vérité est là. Les ressources de l’alphabet sont épuisées, ses ressources financières aussi. On lui avait donné de l’argent pour qu’il parte, Il n’y en a plus. Comment aurait-il pu annoncer à sa femme qu’on le payait pour se débarrasser de lui ?

Mais le temps passe, maintenant il est six heures. Il rend les derniers livres, adresse un salut aux dames et sort. Il achète un paquet de caramels, qu’il mange, un à un. Il déchire sa carte orange en confetti. Les petits morceaux colorés se mêlent aux papiers des caramels, s’envolent et tombent derrière lui, seules traces de son passage.

Il hésite puis se met à descendre le boulevard. Au début, on le bouscule encore. Il croise une multitude de femmes auxquelles il donne un nom : Anna, Emma, Mathilde, compagnes de ses journées volées.

Plus il avance, plus il a l’impression de fondre, de se dissoudre dans la foule, de s’évaporer. C’est doux, confortable, il est léger, léger… Arrivé place Saint-Michel, il ne voit même plus son reflet dans les vitrines.

MCC

Bientôt publié

22 Mai, 07:47 Pleine Lune
23 Mai, 07:47 Le Cujas (65)
23 Mai, 16:47 Rendez-vous à cinq heures : les pavés de Gay-Lussac
24 Mai, 07:47 L’examen de minuit

Le Cujas (64)

Chapitre 9 – Mattias Engen
Onzième partie

C’est incroyable, ça, quand même ! Vous passez votre temps à faire parler les gens, vous noircissez des pages et des pages avec ce qu’ils vous racontent et quand on vous pose la moindre question personnelle, toc, ça y est, vous vous refermez comme une huître et il n’y a pas moyen de vous tirer quoi que ce soit. Ça commence à être agaçant, vous savez ? Dis-moi, kamrat, est-ce que tu serais timide ? Ou alors, est-ce que par hasard tu n’aurais pas des choses à cacher ? Non ? Alors, qu’est-ce qui t’empêche comme ça de raconter quoi que ce soit sur toi-même ? Et d’abord, tu veux faire quoi, avec toutes ces interviews ?

 

Un roman. Bon, d’accord, disons un roman… peut-être… mais toi, d’où est-ce que tu viens, toi ? C’est quoi ton histoire ?

Mais si, ça a un intérêt. Et d’abord, moi, ça m’intéresse. Alors ?

Vraiment ? Tu ne veux rien dire ? Écoute, Stiller, ne me force pas à te faire revisiter la machine de Marly. Il y a plein de neige, il fait froid et la nuit va tomber ! Alors, j’ai pas envie de retourner là-bas, t’as pas envie de retourner là-bas, personne a envie de retourner là-bas, mais fais gaffe quand même !
Allons bon ! Voilà que je m’énerve encore une fois. C’est de ta faute, aussi ! Oh, et puis, fais donc comme tu veux…
Bon, faut que je me calme. Je crois que vous aimez mieux quand Continuer la lecture de Le Cujas (64)