Les Siffleurs – Critique aisée n°198

Critique aisée n°198 

 Les Siffleurs
Corneliou Prumboiu – 2019
Vlad Ivanov, Catrinel Marlon
97 minutes – 8,50 € tarif senior

Nous autres critiques de cinéma, nous aimons bien de temps en temps donner à nos critiques un sous-titre qui, sous la forme d’un jeu de mots, d’un calembour ou d’une référence littéraire, indiquera d’entrée au lecteur le sens de notre appréciation. Par exemple, j’avais fait un « Ad Astra – désastreux » dont j’étais assez content. Par contre, « Il était une fois à Hollywood – Beaucoup de bruit pour rien » était moins percutant et un peu trop sévère.

Je pense que c’est Libération qui, voulant imiter le Canard Enchainé, est le premier journal non-satirique à avoir usé et abusé de ces sous-titres-jeux-de-mots ironiques, au point d’en avoir fait une quasi-obligation. Les magazines branchés comme Télérama et Mon Tricot ont bien sûr embrayé aussitôt. Ils ne pouvaient pas faire moins. Alors, moi, pour Les Siffleurs, j’ai cherché quelque chose dans le genre, mais je n’ai rien trouvé de vraiment satisfaisant, du moins rien qui puisse résumer ma position.

En gros, le film raconte de façon alambiquée une intrigue confuse menée sur un rythme engourdi. Ça va comme ça ? C’est assez concis comme jugement ?

Des truands mal intentionnés veulent faire évader un petit voyou qui sait où, dans Bucarest, se trouve un très joli magot. Pour communiquer sans être compris par la police, ils ont l’idée aussi évidente que lumineuse d’utiliser la langue sifflée pratiquée aux Canaries. Sur le plan scénaristique, cette trouvaille apparait vite comme très artificielle. Elle aurait pu apporter une touche d’originalité à cette histoire de truands par ailleurs totalement banale, mais compte tenu de la faible utilisation qui en est faite, on ne peut  jamais croire à la réelle utilité de cette langue dans le développement de l’intrigue.

Ce film a recueilli d’excellentes critiques pratiquement unanimes, y compris au Masque et la Plume. Je n’ai compris cet enthousiasme que par le plaisir d’esthète que les critiques y ont trouvé dans la vaine originalité du moyen utilisé pour berner les flics, dans les quelques clins d’oeil que le réalisateur leur a adressé en parsemant son film de références à l’excellent cinéma de Papa (Gilda, La Prisonnière du désert, Psychose et le décor d’une scène de combat) et dans la beauté de la femme fatale, Gilda (Catrinel Marlon). Sur ce dernier point, mais sur celui-là seulement, je ne peux qu’être d’accord avec eux.

 

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