
Décidemment, il en faisait quand même beaucoup, Trois-cafés.
Il a porté sa main vers le becquet de la porte, mais il s’est ravisé et, comme un automate, l’index tendu devant lui, il a pivoté sur les talons jusqu’à pointer la table de Cottard, lequel était toujours passionnément plongé dans les petites annonces immobilières.
— Ah ! Jules ! s’est-il exclamé. Je suis impardonnable, j’allais t’oublier.
— Tiens ! Bonjour Stanislav ! Je ne vous avais pas vu !
Il faut savoir que le bonhomme qui disait ça, ça faisait plus d’une demi-heure qu’il était planqué derrière un journal qu’il tenait à l’envers. À moins de trois mètres de tout le monde ! Et il disait qu’il nous avait pas vu ! Il est con, ce Cottard ! Il a tout de suite ajouté :
— Mon Dieu ! Il est midi moins le quart, il faut que je parte. J’ai un rendez-vous à midi à la Mairie.
Son rendez-vous, c’était avec la cantine, on le savait tous, sauf Trois-cafés qui a fait semblant de rien. Il a dit, joyeux :
— Une petite minute, mon bon Jules. Est-ce que tu as ton agenda ?
— Ben… non. Je l’ai oublié à mon bureau.
— Ah ! C’est contrariant. C’est très contrariant ! J’ai vu Anne Hidalgo hier après-midi et Continuer la lecture de Trois cafés (25)