Archives par mot-clé : Philippe

Le vide de la Place du Palais Royal

temps de lecture : 2 minutes

Vous la voyez, la Place du Palais Royal, à Paris ? Oui ?
Attention ! Ne confondez pas avec l’esplanade qui se trouve devant la Comédie Française et qui s’appelle en fait la Place Colette !

Parce que, moi, je vous parle de la Place du Palais Royal, la vraie, celle qui se trouve juste devant le Conseil d’État. C’est une sorte de grand carré de plus de 40 mètres de coté, limité par la rue Saint Honoré au Nord, la rue de Rivoli au Sud, l’Hôtel du Louvre à l’Ouest et un bâtiment symétrique qui abritait le Louvre des Antiquaires, à l’Est. Ça y est ? Vous y êtes ? 

Eh bien, sur cette place entourée de bâtiments magnifiques, il n’y a rien. Il y eut autrefois un parking de surface, mais aujourd’hui, il n’y a rien, rien que des touristes fatigués, des skate-boarders bruyants et des promeneurs curieux. 

D’ailleurs, regardez cette photo : 

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Cher connard – Critique aisée n°244

temps de lecture : 5 minutes 

Critique aisée n°244

Cher connard
Virginie Despentes – 2002
Grasset – 344 pages – 22€

Avertissement : Cette critique a été écrite sur la seule lecture du premier tiers de ce roman. En cela, elle est sujette elle-même à critique. Mais bon, qui me jettera la pierre ? Qui n’a jamais critiqué que ce qu’il a lu ? 

 Je vous ai déjà fait le coup, vous vous souvenez ? C’était avec « La plus secrète mémoire des hommes« , incontournable événement littéraire, pavé chéri du Masque et de la Plume, gros succès de librairie. Lecteur de Panurge, j’achète bien sûr, et je commence à lire avec la ferme intention d’en faire une de ces Critiques aisées complètes, sincères et objectives dont vous avez l’habitude, histoire de rentabiliser mon investissement de 22 euros.  Seulement voilà, dans La Mémoire des hommes, je n’avance pas, ou plutôt j’avance avec cette sensation que l’on éprouve au bord de la mer quand on marche parallèlement à la plage avec de l’eau jusqu’à la ceinture : il parait que c’est bon pour la santé, mais c’est quand même très pénible. Alors, qu’est-ce que je fais ? Juste un petit mot pour déclarer dans quoi je me suis embarqué et annoncer que je ne suis pas certain d’aller au bout.

Eh bien, c’est à peu de choses près ce qui m’arrive avec ce Cher connard, le dernier événement littéraire incontournable, le chéri Continuer la lecture de Cher connard – Critique aisée n°244 →

Les fleurs jaunes (intégral)

temps de lecture : 5 minutes et encore …

Un homme avec des fleurs ? Le plus empoté, c’est l’homme.
Antoine Blondin

 Première partie

En rentrant de la rue de Rennes, il y a quelques jours, je me suis rappelé brusquement la promesse que je m’étais faite la veille, offrir des fleurs à ma femme. Je n’avais pas pu le faire sur le moment, celui où j’avais conçu le projet, forcément, parce que, ce jour-là, nous étions le dernier lundi du mois d’août. Alors vous pensez ! Lundi + mois d’août = zéro fleuriste. Normal ! Contrariant, mais normal.

Si je dis « nous étions« , ce n’est pas parce que je me prends pour le roi des Belges. Quand je dis « nous étions« , quand je parle à la deuxième personne du pluriel, c’est par pure politesse, parce que vous pensez bien que, où vous étiez, vous, à ce moment-là, je m’en fiche comme de ma deuxième (je dis ça parce que, la première, il parait qu’on s’en souvient toujours).

Donc, je suis du côté de la rue de Rennes, on est mardi Continuer la lecture de Les fleurs jaunes (intégral) →

Rendez-vous à cinq heures avec César ou avec David ?

temps de lecture : trois  minutes 

La page de 16h47 est ouverte…

César ou David ? 

Dans notre rendez-vous d’hier à cinq heures,  Lorenzo nous faisait part de son visionnage ou plutôt de sa vision du film « César et Rosalie ». On a pu noter que, pour lui, les hésitations de Rosalie entre César et David sont dues à l’approche de la ménopause car, ayant une fille de dix ans, elle en a une bonne quarantaine,  qu’elle vit des pensions alimentaires de ses anciens maris et qu’enfin, à la question finale « Alors, Rosalie ? César ou David ? », Claude Sautet répond en normand : ni l’un ni l’autre. 

Je voudrais cet après-midi apporter quelques précisions :

Tout d’abord à propos de l’âge de Rosalie : sa fille, telle qu’on peut la voir sur son balcon grenoblois, n’a pas dix ans, mais quatre ou cinq tout au plus. Rosalie, telle Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures avec César ou avec David ? →

Les fleurs jaunes (2/2)

temps de lecture : 5 minutes et des broquilles

(…) J’ai une série de personnages comme ça que j’utilise au gré des circonstances, c’est-à-dire, en fait, au gré du quartier et de ma tenue.
Mais quand j’ai un bouquet de fleurs à la main, aucun de mes personnages ne tient deux secondes, à l’exception de celui de livreur de chez Monceau Fleurs. Mais qui a envie d’être pris pour un livreur de chez Monceau Fleurs ?

Seconde partie

Donc me voilà rue de Vaugirard. Je sens bien que ma démarche est un peu raide et je sais bien que c’est dû à ma façon de porter le bouquet. Je cherche vainement à me composer un personnage qui colle avec cette démarche. Sur le coup, je n’en vois qu’un : blessé de guerre ; mais j’ai des scrupules : à part mai 68, je n’en ai fait aucune.

Donc me revoilà, rue de Vaugirard, la jambe droite un peu raide, sans raison apparente, sans personnage adapté.

Dans quelques mètres, je vais croiser une femme. Je la vois, elle approche. Le trottoir fait à peine un mètre cinquante de large et des voitures de livraison m’empêchent de descendre sur la chaussée. Aucun moyen de passer à distance. Que faire ? Rien, rien d’autre Continuer la lecture de Les fleurs jaunes (2/2) →

Les fleurs jaunes (1/2)

temps de lecture : 5 minutes et encore …

Un homme avec des fleurs ? Le plus empoté, c’est l’homme.
Antoine Blondin

 Première partie

En rentrant de la rue de Rennes, il y a quelques jours, je me suis rappelé brusquement la promesse que je m’étais faite la veille : offrir des fleurs à ma femme. Je n’avais pas pu le faire sur le moment, celui où j’avais conçu le projet, forcément, parce que, ce jour-là, nous étions le dernier lundi du mois d’août. Alors vous pensez ! Lundi + mois d’août = zéro fleuriste. Normal ! Contrariant, mais normal.

Si je dis « nous étions« , ce n’est pas parce que je me prends pour le roi des Belges. Quand je dis « nous étions« , quand je parle à la deuxième personne du pluriel, c’est par pure politesse, parce que vous pensez bien que, où vous étiez, vous, à ce moment-là, je m’en fiche comme de ma deuxième (je dis ça parce que, la première, il parait qu’on s’en souvient toujours).

Donc, je suis du côté de la rue de Rennes, on est mardi — tout le monde est mardi — Continuer la lecture de Les fleurs jaunes (1/2) →

Ah ! les belles boutiques ! – 48

Bar L’Océan
2 Quai d’Estienne d’Orves, Le Guilvinec

Seuls les modèles de la voiture que l’on aperçoit sur la gauche et du landau en terrasse permettent de réaliser que cette photo n’a pas été prise en août 1952. Si Tati avait tourné Les Vacances de Monsieur Hulot en couleur, on pourrait croire que la photo en est extraite. Continuer la lecture de Ah ! les belles boutiques ! – 48 →

Novembre – Critique aisée n°243

temps de lecture : 2 minutes papillon

critique aisée n°243

Novembre
Cédric Jimenez – 2022 – 100 minutes
Jean Dujardin, Sandrine Kiberlain, Anaïs Demoustier

Un film parfaitement maîtrisé, sobre, nerveux, sans effet racoleur, interprété de la même manière, maîtrisée, sobre, nerveuse et sans effet racoleur et, dans cette manière, remarquablement par Jean Dujardin.

Les attentats du 13 novembre 2015 à Paris… Le sujet est énorme, mais à aucun moment ils ne nous sont montrés : pas une rafale, pas une victime, rien. Rien qu’une grande salle de la Direction de la Police Antiterroriste, remplis de bureaux inoccupés et sur lesquels les téléphones de mettent à sonner les uns après les autres. Rien que les regards incrédules et effarés des policiers et des membres de la cellule de crise. Rien que Continuer la lecture de Novembre – Critique aisée n°243 →