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La Princesse, l’Ours et le Chasseur – Critique aisée 13

Fenêtre sur Cour. Alfred Hitchcock

Tout le monde, du moins je l’espère, tout le monde a déjà vu « Fenêtre sur cour ».
Ces derniers temps, la télévision spécialisée l’a repassé régulièrement en version « longue ». (Cette appellation est ridicule car il ne peut pas y avoir de version « longue » de ce film, il ne peut y avoir que des versions trop courtes.)
Bien que ce film soit, avec La Prisonnière du Désert et La Règle du Jeu, celui que j’ai vu le plus grand nombre de fois, je l’ai regardé à nouveau, deux fois. J’ai beau connaître chaque plan, chaque réplique, chaque ensemble porté par Lisa Carol Fremont, j’ai beau connaître la vie de chaque personnage de cette cour miraculeuse, le pianiste, la danseuse, les jeunes mariés, la femme esseulée, le couple au chien, je suis pris à chaque fois. Avec L.B. Jefferies, j’attends, je suis Jeff. Dans mon demi-sommeil de convalescent, dans la chaleur de l’été new yorkais, j’attends la visite de Lisa. Et quand elle apparait, quand elle sort de l’ombre et du flou de mon demi-rêve, quand son visage se précise en se rapprochant du mien, alors elle est si belle, si douce et si aimante que j’en ai presque les larmes aux yeux.
Et puis, le cinéma reprend ses droits, la caméra devient objective, le gros plan change et on voit de profil les visages de Grace Kelly et de James Stewart se rapprocher pour un tendre baiser. À ce moment, les cinéphiles ne pourront pas ne pas remarquer le très léger ralenti, le très léger saccadé du mouvement qui les rapproche. Je n’ai jamais pu analyser ni vraiment comprendre les raisons de ce choix de réalisateur, ni lire quoi que ce soit qui puisse me l’expliquer, mais cet effet si spécial et si discret, presque subliminal, donne à cette scène de baiser, en principe ultra-classique, une très grande originalité et un aspect féérique. Le beau chevalier endormi est réveillé de son sommeil de cent ans par le baiser de la princesse charmante.
Il n’est vraiment pas souhaitable que je raconte la suite du film. Je ne ferais que l’abimer.
Voyez le, regardez-le, décortiquez le. Appréciez les aphorismes gouailleurs de l’infirmière, les toilettes et les accessoires du top model, les fétiches du grand-reporter, les humeurs du pianiste, celles de la danseuse et tous les détails minuscules qui font vivre les micro-personnages dans le petit tableau de leurs fenêtres accrochées au mur de la cour.
Fenêtre sur Cour est une pièce de théâtre, une comédie de mœurs, une présentation de mode, un film à suspense, un film parfait, qui se boucle sur lui-même avec sa dernière image qui vous invite à reprendre l’histoire à son début.

Marchais est un village de l’Aisne, à quelques kilomètres à l’Est de Laon. En 1975, une aile du château de Marchais a brûlé, laissant cependant la vie sauve à sa propriétaire, Charlotte Grimaldi de Monaco, mère du Prince Rainier III.
Un an plus tard, les assureurs, courtiers et experts qui avaient participé au règlement du dossier d’indemnisation furent invités par le Prince pour une chasse sur le domaine de Marchais. Je fis partie de la bande.
Le grand jour approchait. Nous avions fourbi nos armes, nos voitures et nos habits de chasse. On nous avait instruits de la façon de s’adresser au Prince : Monseigneur, etc…Nous étions une dizaine. Lorsque nous nous retrouvâmes le fameux matin dans la cour du château pour un dernier briefing, le chef du protocole nous apprit que la Princesse Grace avait tenu à participer à cette journée de chasse, accompagnée de sa fille Stéphanie. Elle nous retrouverait à la dernière battue du matin pour déjeuner avec nous. Il nous fut précisé que la formule d’appel pour lui adresser la parole était simplement « Madame ».
Je n’osais pas croire à cette chance extraordinaire qui allait m’être donnée de rencontrer non pas une princesse régnante, mais la jeune mariée du Train Sifflera Trois Fois, la riche héritière de High Society et l’amoureuse de Fenêtre sur Cour, lui parler cinéma, la faire rire peut-être…
Le Prince arriva enfin, accompagné d’une petite fille brune et vive et d’un grand bonhomme. C’était Stéphanie et son garde du corps. Il était dix heures du matin. Les présentations furent faites rapidement et la chasse pût commencer.
Rainier me faisait penser à un gros ours, doux et taciturne. Plusieurs fois au cours de la chasse, je me trouvais placé à côté de lui, et je pu constater que c’était un excellent tireur. Ayant réussi en sa présence un magnifique « coup du roi », j’eu même droit à ses félicitations. Poursuivant la conversation qu’il avait lui-même engagée, banalement je lui demandai :
-« Monseigneur, est-ce que vous venez souvent chasser ici?
-Non, deux ou trois fois seulement dans l’année. »
Après un petit temps de silence il poursuivit:
-« Ici, c’est chez ma mère, vous savez, alors on ne peut pas faire ce qu’on veut…  »
Nouveau silence:
-« J’ai une autre chasse en Sologne, avec un ami. Là, on peut s’amuser… »
Je n’étais pas certain de comprendre ce qu’il entendait vraiment par « s’amuser », et ne le sus jamais, car la battue reprit.
Vers midi et demi, Grace Kelly (je n’arrive pas à penser à elle comme Madame Grimaldi) nous rejoint à la fin de la quatrième battue dans une Range Rover aux armes de la principauté. Les présentations sont faites dans une allée en sous-bois devant les faisans alignés sur le sol.
Elle a quarante-six ans. Dans sa très simple tenue de chasse, elle est simplement magnifique. Elle dit quelques mots, je ne sais plus lesquels. Nous rentrons, ébahis, à pied vers le château qu’elle rejoint en voiture. De là, nous repartons en caravane derrière la Range-Rover. Nous traversons le village de Marchais dont les habitants se découvrent et saluent au passage du convoi. Nous arrivons bientôt dans une auberge de campagne réservée pour cette occasion. Le chef du protocole prend discrètement les choses en main et nous assigne nos places à table. En tant que plus jeune et moins important des invités, je suis placé loin de la Princesse, et, de surcroît, du même côté de la table qu’elle, ce qui fait que, pour la voir, je devrai me pencher impoliment devant mon voisin de gauche. Par contre, j’ai une un très bonne vue sur Rainier, qui ne dira pas grand-chose de tout le déjeuner, et sur Stéphanie, qui ne cessera de discuter à mi-voix et de rire avec son garde du corps.
La préséance a placé de part et d’autre de la princesse l’assureur, l’homme le plus timide de notre groupe, et le courtier, que je connais pour avoir chassé plusieurs fois avec lui. Depuis longtemps, je l’ai surnommé Tartarin de Tarascon, car il ne parle que de chasse et de pêche, avec une forte tendance à insister sur la taille de ses prises et la férocité de ses gibiers. J’imagine les murs de son salon couverts de massacres, de photographies d’Afrique et de râteliers à fusils, et son parquet garni de peaux de bêtes à gueules ouvertes. Il fait partie de ces gens qui sont persuadés que leur secrétaire, leur chauffeur, leur moniteur de ski, leur guide de chasse, le barman du Ritz, et même leur chien, les aiment, et vont le répétant à toute occasion. D’où je suis, en me penchant de temps en temps, j’arrive à voir que Tartarin a entrepris Grace. Il parle, il parle, cet abruti, peut-être de ses exploits et la princesse acquiesce en souriant doucement. Je suis furieux et mortifié. Je hais Tartarin qui, tout en frétillant de la moustache, se rend ridicule et nous rend ridicules aux yeux de cette femme sublime qui ne peut que s’ennuyer auprès de ce goujat.
Le repas se termine, la princesse se lève avant qu’on ne serve le café. Nous nous levons aussi. Elle se déclare désolée de devoir nous quitter déjà. Elle est heureuse d’avoir passé ce déjeuner si agréable en notre compagnie. Sans doute pour couper à de fastidieux au-revoir individuels, elle quitte la salle immédiatement, suivie par sa fille, le garde du corps et le prince Rainier qui la raccompagne à sa voiture.
Le silence règne maintenant dans la salle à manger de l’auberge, puis, les conversations reprennent petit à petit, et j’entends Tartarin qui s’adresse à l’assureur timide :
– » Elle m’adore !  »
A la prochaine battue, je le tuerai.

871-CINEMATOQUIZ 2

The Grand Budapest Hotel. Critique aisée 10

(Pas) Drôle de Palace

The Grand Budapest Hotel
Film de Wes Anderson, avec Ralph Fienes, Tilda Swinton, Harvey Keitel, Mathieu Amalric, Lea Seydoux, Bill Murray, Ed Norton, Jude Law, Owen Wilson, Adrien Brody, Willem Dafoe, Jeff Goldblum, etc, etc…

Vous avez vu la distribution, là, juste au-dessus ? J’aurais dû me méfier.
Dans l’histoire du cinéma, il est extrêmement rare qu’une superproduction dans laquelle on a réuni un si grand nombre d’acteurs de premier plan soit une réussite.
Pourtant, Hollywood renouvelle l’expérience à peu près tous les cinq ans. Et souvent, ça marche, commercialement parlant s’entend. Pourquoi ? Parce que chacun y met du sien.
De leur côté, les comédiens importants y participent volontiers comme ils donneraient leur concours à une fête de bienfaisance. Probablement peu payés, ils sont ravis de se grimer, d’incarner de tout petits rôles à contre-emploi, qui leur permettent d’adresser des clins d’œil à leur public habituel.
Quant au public, lui, il est attiré par cette pléiade d’acteurs, conditionné par une campagne promotionnelle pas trop mal faite, ébloui par une bande annonce rythmée et prometteuse et canalisé par une critique unanime (mon professeur d’écriture littéraire dirait que « pléiade d’acteurs » et « critique unanime » sont deux syntagmes figés, forme à éviter autant que possible ; bon, d’accord, mais comment exprimer autrement et en si peu de mots que Pariscope, Daily telegraph, The Guardian, Ecran Large, Elle, Journal du Dimanche, Le Figaro, Le Monde, Les Inrocks, La Croix, Marianne, Nouvel Obs, Le Point, Télérama -ah ! l’article de Télérama(1) !-, Le canard Enchainé, ont donné d’excellentes notes à Grand Hôtel Budapest)

Pour moi, J’ai trouvé ce film très décevant et plutôt ennuyeux.
Pourtant, je commencerai par le seul point positif que j’ai pu y trouver : les décors. Parfois reconstitution très soignée de ce qu’on imagine avoir été le grand luxe des années folles, parfois pur carton-pâte totalement assumé, poétique et rigolo, le mélange des  deux genres est surprenant et finalement plaisant, malgré une volonté  esthétique souvent très appuyée. Les costumes suivent. Dans la colonne de gauche (celle de l’actif), on ajoutera donc les costumes aux décors.
Mais on pourra  mettre tout le reste dans la colonne de droite.
En tant que ressorts comiques, le film utilise le décalage, le loufoque et la poursuite. Mais les décalages sont  répétitifs, le loufoque sans rythme, et les poursuites interminables.
Ce pauvre Ralph Fienes, d’habitude plus subtil, en est réduit à rejouer sans arrêt les deux mêmes scènes : celle de l’homme élégant, distingué et coureur de vieilles femmes riches, donnant des leçons de vie et de tenue au jeune groom admiratif, et celle du même homme, élégant, distingué et tout et tout, mais dépassé, éperdu dans des situations dangereuses et burlesques.
Bref, on s’attendait à une comédie brillante, sophistiquée, rapide et légère et on se retrouve avec un film au montage laborieux, au comique répétitif, avec pour couronner le tout une intrigue sordide et confuse. Pendant quatre-vingt-dix minutes de film, dans cette salle à moitié pleine, le lendemain de la sortie, on n’a pas entendu un seul rire.
Bon, il y a les décors, d’accord. Et les costumes, d’accord.
N’empêche, j’aurais dû me méfier.
Maintenant, vous êtes prévenus ; vous avez d’un côté, le syntagme figé de la critique unanime et, de l’autre, le spectateur figé du jeudi matin, moi, tout seul!
Vous devriez vous méfier.

Note (1)
On peut dire de Wes Anderson qu’il a la carte.
Louis Guichard, critique à Télérama, dans sa chronique on ne peut plus élogieuse consacrée au Budapest Hotel, écrit notamment ceci :
(…) la vieille maitresse énamourée et octogénaire jouée avec génie par Tilda Swinton (…)
Personnellement, j’apprécie beaucoup cette actrice qui a joué à la perfection plusieurs rôles difficiles. Mais il faut savoir que, dans le Budapest Hotel, elle apparait deux fois. La première fois, c’est pendant à peu près 2 minutes 30 secondes, dissimulée derrière un maquillage outrancier qui lui tient lieu d’expression. Quand elle apparait pour la deuxième fois, elle est dans son cercueil, totalement morte, rôle qu’elle joue effectivement à la perfection, avec génie. Mais jusqu’où ira l’enthousiasme de Monsieur Guichard ?
Eh bien,  jusqu’à déceler un clin d’œil évident (sic) à Max Ophüls dans le fait que le personnage que joue Tilda Swinton, la comtesse Desgoffe und Taxis, est appelé familièrement Madame D. par le personnel de l’hôtel, ce qui constitue selon le critique une subtile référence au film « Madame de… », histoire d’une ravissante aristocrate frivole incarnée par Danielle Darrieux en 1953. Allez plutôt revoir « Madame de… » et goutez la différence.

 

 

 

Philomena – Critique aisée (6)

Philomena
Film de Stephen Frears, avec Judi Dench et Steve Coogan

Je ne voulais pas y aller. Cette histoire d’enfant volé à une pauvre jeune fille, mère, irlandaise et catholique de surcroît, ne me disait rien qui vaille. En réalité, j’ai du mal à supporter physiquement et sentimentalement les histoires lamentables, pathétiques et mélodramatiques quand elles mettent en scène des enfants, surtout quand elles sont basées sur des faits véritables. Plutôt que d’endurer cela, j’aimerais encore mieux revoir le Django Unchained de Tarantino.
Donc, je ne voulais pas y aller…
Mais Stephen Frears, quand même! My Beautiful Laundrette, Les Liaisons Dangereuses, The Queen… (à propos, avez-vous vu Les Arnaqueurs, Mrs Henderson présente, Tamara Drewe ? Non? Ah, dommage!)
Et puis aussi Judi Dench, quand même! Chambre avec Vue, Mrs Henderson présente, Shakespeare in Love, Orgueil et Préjugés … (à propos, avez-vous vu The Best Exotic Marigold Hotel ?)
Et puis Sophie voulait…

Montparnasse, samedi matin, séance de 9 heures 15.
Au début des années cinquante, Philomena, irlandaise, seize ans, succombe au coin d’une fête foraine au charme d’un garçon de son âge. Quand son état de future mère est révélé, sa famille la place dans une institution où les bonnes sœurs prennent durement en charge les jeunes filles dans sa situation. L’enfant nait et grandit dans l’institution, à côté de sa mère qui a le droit de le voir une heure par jour. Vers l’âge de trois ans, Anthony est remis contre argent à une famille américaine qui l’emmène en Amérique pour l’adopter.
Le jour du cinquantième anniversaire de sa naissance, Philomena entreprend la recherche de son fils qu’elle n’a jamais revu. Elle fait appel à un journaliste-écrivain pour l’aider dans sa quête. Tout est dit, sauf la fin que je ne révèlerai pas.

Comment parler de ce film ?
Ce n’est pas une charge contre les pratiques scandaleuses de certaines institutions catholiques irlandaises. Ce n’est pas la peinture révoltée d’une époque et d’une société sans pitié envers les erreurs de jeunesse. Ce n’est pas la recherche douloureuse d’une mère angoissée depuis cinquante ans par la disparition de son enfant.

Non, ce film est un road movie tout ce qu’il y a de plus classique et de plus réussi. C’est la rencontre attendue et réjouissante de deux caractères que tout oppose. C’est la succession tranquille de deux ou trois rebondissements. C’est l’alternance subtile de moments d’émotion retenue et d’humour distancié. C’est une fin apaisée, sans désespoir ni réel happy-end.
C’est tout sauf le mélodrame auquel on pouvait s’attendre, auquel je m’attendais, à la lecture du pitch. C’est un excellent film.

Philomena, infirmière retraitée, est sans haine, presque sans inquiétude. Elle est simplement et calmement obstinée. Presque totalement dénuée d’humour, elle est pourtant drôle et souvent gaie. Philomena, c’est Judi Dench, quatre-vingts ans à l’hiver prochain, magnifique, solide, touchante, et parfois même, belle. Parfaite. On penserait à Simone Signoret ou Jeanne Moreau dans leur grand âge si elles avaient été capables de jouer dans des comédies.
Lui, c’est Steve Coogan, trente ans de moins. Il  incarne avec beaucoup d’élégance ce journaliste-écrivain, membre du Tout-Londres en disgrâce, ne parlant, ne vivant qu’au deuxième degré comme tout britannique bien élevé sortant de « Oxbridge ». Deuxième degré qui fondra au cours de l’enquête plus vite que la sérénité de Philomena lorsque sera révélée la duplicité finale des sœurs.

C’est du cinéma de grande qualité, sans emphase ni prétention, ni manichéisme, mais drôle, émouvant, parfaitement réalisé et joué. So british.

Django Unchained. Critique aisée (4)

Django unchained. Quentin Tarentino.

Paris, Janvier 2013

Ma chère Zoé,
J’ai vu Django Unchained et comme je te l’avais annoncé, je te fais part de mes impressions.
Tout ce que je craignais est arrivé, justifiant à posteriori mes préjugés contre les films de Tarantino. J’ai vu:
— un western tortellini  caricaturant les westerns spaghettis
— avec une musique omniprésente, imitant parfois les musiques bon marché des vrais et si épouvantables Django, et d’autres fois les musiques prétentieuses de Ennio Morricone.
— avec un acteur insupportable de cabotinage (le chasseur de prime autrichien), qui avait pourtant sauvé du néant le précédent peu glorieux Inglorious Bastards de Q.Tarantino
— avec un Jammie Fox, admissible car taciturne pendant la majeure partie du film, puis insupportable quand il se met à chausser ses lunettes de soleil  de chez Prada
— avec une complaisance grand guignolesque pour les explosions de sang (en l’occurrence, on ne peut pas parler d’écoulements ni d’épanchements)
— avec une reprise de toutes les roublardises et de tous  les tics de mise en scène de Sergio Leone (ah! ces regards horripilants et interminables échangés entre adversaires avant la bataille).

Tarantino est un enfant gâté (mais vieillissant) du cinéma, qui a tout vu, sauf les bons films, et caricature les plus mauvais  avec des clins d’œil appuyés  pour montrer qu’il n’est pas dupe de la bêtise qui s’attache aux sujets qu’il ne traite que pour étaler son habileté et sa culture cinématographique.

Quand Q.T. se décidera-il à tourner un film original, je veux dire un film qui ne soit pas un pastiche, pour nous montrer qu’il sait faire autre chose?
Ou alors, le pastiche n’étant, dit-on, rien d’autre qu’un hommage, quand ce petit génie pastichera-t-il Orson Wells, David Lean, ou Jean Renoir?

Tu as deviné, je n’ai pas vraiment aimé ce film.
Je pardonne encore à Q.T. à cause de son Réservoir Dogs et de sa Pulp Fiction, mais ma patience est à bout.

Du désastre Django, je sauverai pourtant deux scènes:
—le débat qui s’établit entre lyncheurs masqués sur la qualité des sacs aménagés par l’épouse de l’un d’entre eux, et sur ce qu’il convient d’en faire pour la suite de l’opération
—la très longue discussion entre l’éleveur de Mandingos dans sa salle à manger et le chasseur de primes autrichien, dans laquelle Leonardo de C. montre encore une fois tout ce qu’il sait faire.

Sans rancune.
Philippe

P.S. Ça m’a bien détendu d’écrire cette diatribe.