Vérité et mensonge

Morceau choisi

J’ai souvent dénoncé ici même l’aujourd’hui sacro-sainte « transparence », et en particulier dans ma Critique aisée n°16.

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Je ne suis pas certain d’avoir tout compris de ce que dit Cynthia Fleury de Jankélévitch à propos de la vérité, mais je crois qu’il (ou elle) est plutôt d’accord. Avec une nuance : je dis que « toute vérité n’est pas bonne à dire à tout instant », il dit que « toute vérité est relative à un contexte ». Voyez vous-même :

Quel est donc le rapport entretenu par Jankélévitch avec la notion de vérité ? D’emblée, l’on pensera que l’auteur du Traité des vertus est un défenseur acharné de la vérité, à tout prix, qu’il est conscient, quelle forme pour lui un impératif catégorique indépassable. Comment pourrait-il en être autrement ? Seulement voilà, deux grands camps s’affrontent en philosophie, qu’elle soit métaphysique ou morale : d’un côté, ceux qui croient toucher du doigt la vérité et, de l’autre, ceux qui sont conscients de ses multiples voiles, qui perçoivent non la vérité mais le je-ne-sais-quoi et le presque-rien. D’un côté encore ceux qui interdisent le mensonge car il est forcément contraire à la vérité, et surtout il est impossible de défendre l’universalité d’une morale si elle défend le mensonge…, et de l’autre… ceux qui ne séparent pas la vérité d’une situation, d’un contexte, d’une relation à, d’une responsabilité ici et maintenant, non qu’ils défendent la relativité de la vérité, mais plutôt sa relationnalité, le fait qu’elle fasse sens, si et seulement si, et dès lors l’acte de mentir n’est plus si aisé à dénoncer : il y a des mensonges qui sauve les êtres et les âmes.

Cynthia Fleury – Un été avec Jankélévitch

Une réflexion sur « Vérité et mensonge »

  1. Oui, cette notion de vérité plurale me plaît. Je l’applaudis. Elle exprime véritablement la réalité des débats d’aujourd’hui. J’avais moi-même pensé à proposer la notion de vérité diversifiée, mais d’un point de vue de la rime, c’est important la rime pour la déclamation oratoire, surtout quand elle est prononcée en alexandrins, plurale offre beaucoup de richesse, avec par exemple sidérale, ou virale, pourquoi pas magistrale, alors que pour diversifiée l’offre de rimes est plus pauvre, peut-être démystifiée, voire cocufiée. En vérité, cette discussion sur la vérité aujourd’hui ne rime à rien. Ce sera ma conclusion sous les huées de l’auditoire électrifié.

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