Rendez-vous à cinq heures : Anne H. est-elle de gauche ou d’ailleurs ?

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Anne H. est-elle de gauche ou d’ailleurs ?

A propos des dernières mesures circulatoires  et discriminatoires — diminution de moitié du nombre de  places de stationnement et  doublement de leur  tarif — prises par Cruella, un lecteur, qui révèlera son identité s’il le souhaite, s’insurgeait : “Comment ! Mais de telles mesures ne peuvent que favoriser les riches qui se  moquent de payer deux fois plus cher leur stationnement !”,  s’étonnait qu’elles fussent prises par une femme affichée de gauche, et demandait une explication au sage de service. Eh bien voilà ce que le sage lui répondit, très sérieusement :

C’est pourtant très simple de trouver la clé qui explique toutes les mesures relatives à la circulation prises par A.H. depuis qu’elle est à la mairie.

Pour les analyser,  il faut abandonner totalement le prisme socialiste : est-ce une mesure de gauche ? Va-t-elle favoriser ou défavoriser les classes laborieuses ? Et quelles classes ? Celles de Paris ? Celles de banlieue ?

Pour ce qui est de la circulation, A.H. n’a jamais raisonné comme ça.

Ce qui sous-tend toutes ses actions, c’est le désir de réduire à rien ou presque rien la part de l’automobile dans les déplacements parisiens. C’est une décision idéologique, basée sur des idées toutes faites et de mauvais critères d’analyse, mais c’est une décision.

Et, la décision étant prise, la trouver mauvaise ne change rien au fait que la technique appliquée pour la mettre en œuvre est constante, logique et infaillible : rendre la vie des automobilistes la plus difficile possible de manière à ce que, d’eux-mêmes, ils abandonnent la voiture. J’ai déjà parlé souvent des moyens utilisés. Inutile de revenir dessus.

Les riches comme les pauvres ne pourront bientôt plus rouler, car, s’ils se fichent de payer leur stationnement trois fois plus cher, leur voiture sera comme celles des autres, bloquée dans les embouteillages créés à dessein ou limitée à 30km/h comme cela vient d’être annoncé. Seuls les convois officiels seront exemptés de toutes ces contraintes.

Il n’y a pas trace de politique de gauche ou de droite dans tout ça, mais juste une volonté très forte de réduire à presque rien l’automobile en ville. Les conséquences à moyen et long terme sur l’urbanisme, sur la nature d’une ville qui avait su jusque-là à peu près concilier les rôles de capitale, de ville de plaisirs et de ville-musée, sur la vie des parisiens qui ne veulent ou ne peuvent faire du vélo, et des tas d’autres conséquences connues ou inconnues, ne sont pas prises en compte ni même étudiées.

C’est comme ça, et dans 5 ans, il sera impossible de revenir en arrière.

A.H. est arrivée par la Gauche, mais elle n’est de gauche que pour rassembler les votes. Elle se moque de la gauche comme de sa première voiture. En revanche, elle a une obsession, la bagnole, qu’il faut selon elle éliminer comme autrefois l’hérésie.

Sic transit Lutetiae gloria !

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11 réflexions sur « Rendez-vous à cinq heures : Anne H. est-elle de gauche ou d’ailleurs ? »

  1. Après avoir accompli la dévastation de Paris, Hidalgo aspire à celle de la France. Et dire qu’il y en a à ma gauche, près à tout, qui croient en sa légitimité à le faire. Au secours!
    Revoyons avec le regard de l’ingénieur les chiffres livrés par Jim hier pour bien comprendre la représentativité, voire la légitimité, d’Hidalgo dans sa mission dévastatrice après les élections municipales de 2020:
    – Nombre d’inscrits à Paris = 1.332.282
    – Hidalgo, après 6 années à la mairie et autant d’années pour être jugées par les parisiens: 125.639 voix = 9,4%, même pas un électeur sur 10! Ça ne mérite pas une messe de Te Deum! Au deuxième tour, après toutes les combines électorales, ce pourcentage ne sera que 16,9%.
    Dilemme! C’est une Messe de Requiem qui se prépare pour Paris si elle reste à la mairie encore cinq années, sinon… je ne veut pas y penser.

  2. 48 x 36 = 17 % seulement des parisiens ont voté pour elle, ce qui est absolument ridicule et démontre les dérives gravissimes de la démocratie …
    Elle n’a peut-être fait que 48% des votants au deuxième tour, d’accord, mais n’empêche que le résultat est là : elle a été élue
    Point barre.

  3. @Lorenzo,
    Hidalgo n’a jamais fait 50% des voix à Paris. Heureusement qu’il y a Wikipedia pour nous rappeler ses scores lamentables aux élections municipales à Paris en 2020:
    1er tour: 162.219 voix, soit 29,3% du total (total votants 42,3%)
    2ème tour: 224.790 voix, soit 48,8% du total (total votants 36,7%)
    En fin de compte, ce qui l’a portée à être la mairesse n’est que des combines de cuisine électorale par le biais des représentations par arrondissements.
    Donc, Hidalgo ne représente pas le parisiens et n’a aucune légitimité pour parler en leu nom, ni d’ailleurs pour parler de Paris qu’elle dévaste. Mais je sais que nous, les fidèles lecteurs du JDC, emportés fougueusement derrière la bannière de son rédacteur en chef, somme tous d’accord là-dessus.

  4. Ce commentaire moralisateur (et vaguement humoristique) de notre Rédacteur en Chef jadis mondain mais néanmoins adoré confirme ce que je disais à propos des Ingénieurs des Pompons.
    Et en plus, ils s’en vantent …

  5. Evidemment, cette anomalie statistique pose problème. Problème qui me rappelle un cocktail professionnel très chic où je me trouvais (cela m’arrivait autrefois, mais où sont les neiges d’antan ?) peu avant l’élection de Mitterrand à la présidence.
    Sur la terrasse d’un bel appartement qui donnait sur l’avenue Kleber, les invités discutaient, coupe de champagne en main, de l’issue de l’élection à venir. Ils étaient unanimes à craindre l’arrivée de la gauche au pouvoir, et chacun en rajoutait sur le sujet.
    A un moment, une femme d’âge moyen, déclara d’un ton joyeux : « Mais enfin ! Je ne comprends pas pourquoi vous vous inquiétez. Mitterrand ne peut pas être élu : tous les gens que je rencontre votent à droite ! » Je sortis du cocktail très rassuré.

  6. Nous sommes 100% (3 sur 3) à détester Hidalgo.
    Or, elle a eu plus de 50% des suffrages exprimés, ce qui ne correspond manifestement pas à la réalité du terrain.
    Il y a donc une couille dans le potage que, n’étant pas ingénieur, je suis incapable de m’expliquer.
    Merci de votre aide, les gars des Pompons

  7. “C’est pas parce qu’elle (Hidalgo) est la dévastatrice de Paris qu’elle peut devenir présidente”, dixit Luc Ferry (un philosophe dont j’apprécie le bon sens) sur Radio Classique ce matin. “Dévastatrice”, c’est le bon mot.

  8. Après des décennies de réflexion, je pense qu’il vaut mieux être ingénieux que faire ingénieur, surtout quand il s’agit de trouver la solution au problème. La réalité à la condition de Paris c’est Hidalgo. La seule solution est de s’en débarrasser, démocratiquement bien sûr. La Victoire en Votant et en Vaccinant (contre la connerie). Voilà!

  9. C’est mal connaître les ingénieurs, et surtout ceux de l’ancienne (grande) école, que d’affirmer qu’ils font des cabrioles, c’est à dire qu’ils jouent avec la réalité. Au contraire, l’Ingénieur voit, ne peut voir que la réalité brute, telle que les chiffres la décrivent. Il ne voit rien au delà. Il manque d’imagination, l’ingénieur, ou il refuse de s’en servir. C’est d’ailleurs ce que me reprochaient mes anciens associés qui, eux, n’avaient pas “fait ingénieur”.
    S’il existe des professions dans lesquelles on pratique quotidiennement l’art de la cabriole, et la profession politique n’en est pas la première représentante, celle d’ingénieur n’en fait pas partie.
    C’est donc avec un esprit scientifique totalement dénué de second degré et de parti pris que j’ai avancé dans cette analyse de la motivation et des méthodes de A.H. pour emmerder le monde, quitte à priver le public de deux ou trois bons mots et calembours.
    Et je ne vois là aucune cabriole. Le contraire voudrait dire qu’il me serait arrivé de soutenir des positions contraires, ce dont je ne me souviens pas. Et d’ailleurs quelles positions contraires ?
    Que le renversement du sens d’une partie de la rue Saint Jacques est d’inspiration socialiste ? Allons donc !

  10. Ce qui m’impressionne le plus chez les ingénieurs, même d’un âge avancé, c’est ce goût de la cabriole et cette capacité à toujours retomber sur leurs pieds.

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