Archives de catégorie : Critiques

Les Filles du Docteur March – Critique aisée n°196

Critique aisée n° 196

Les Filles du Docteur March
Greta Gerwig
Saoirse Ronan, Emma Watson, Laura Dern, Meryl Streep, Timothée Chalamet, Louis Garrel

Les Filles du Docteur March (Little Women) est un roman écrit par Louisa May Alcott en 1868. Il raconte la vie quotidienne de la famille March, dont le père est parti à la guerre de sécession, laissant derrière lui sa femme et ses quatre filles.
Ce premier roman connu immédiatement un tel succès que Louisa écrivit une suite dès l’année suivante, puis deux autres suites en 1871 et en 1886.
Personnellement, je n’ai lu aucun des romans de Mme Alcott mais je me souviens qu’enfant, le titre français de la traduction du premier volume de la saga, Les Quatre filles du Docteur March, parue en 1951 était sur toutes les lèvres.

Bien entendu le cinéma s’est vite emparé de ce succès, et la dernière adaptation de Greta Gerwig en est en fait la sixième. Vers l’âge de dix ou douze ans, probablement Continuer la lecture de Les Filles du Docteur March – Critique aisée n°196 →

¿ TAVUSSA ? (66) – Il faut brûler Notre-Drame de Paris

        Ah, Paris !

Pour les automobilistes, l’enfer.
Selon le Parisien, les automobilistes n’ont jamais perdu autant de temps dans les embouteillages dans les grandes métropoles, Paris est la ville la plus embouteillée de France devant Marseille et Bordeaux, et la 4ème ville la plus embouteillée d’Europe derrière Dublin, Athènes et Édimbourg. Hidalgo veut supprimer 60 000 places de stationnement, près de la moitié du total, pour faire des pistes cyclables1.

Pour les piétons, la jungle.
-incapable de compenser sa réduction drastique des capacités offertes aux automobiles par une augmentation des fréquences des bus et une amélioration du confort du métro et du RER,
-peu désireuse de faire respecter l’interdiction faite aux vélos et trottinettes Continuer la lecture de ¿ TAVUSSA ? (66) – Il faut brûler Notre-Drame de Paris →

Cafés, etc. – Critique aisée n°195

Critique aisée n°195

Cafés, etc.
Mercure de France – 116 pages

C’est un type qui va dans les bistrots.
Il y va tout seul, dans des tas de bistrots. Souvent, il dit leur enseigne, il donne leur adresse, il les décrits, juste un peu ou plus précisément. Ça dépend.
La plupart du temps, il ne précise pas ce qu’il consomme, mais il consomme, c’est forcé, car dans ces bistrots, il y reste longtemps, une heure, deux heures, plus même, parfois. Alors, vous comprenez, il faut bien qu’il consomme.
Une fois assis, il commence par regarder. Il regarde le serveur, un couple, une femme, la porte des toilettes, le plafond, n’importe quoi, la rue même. Et puis il écrit. Des notes, des phrases, ou même seulement Continuer la lecture de Cafés, etc. – Critique aisée n°195 →

Black Mirror – Critique aisée n°194

Critique aisée n°194

Black Mirror
Netflix

Après The Big Bang Theory, et sur un total de presque 200 critiques publiées, ceci n’est que la deuxième Critique aisée à porter sur une série télévisée.

Encore une série. Une série américaine. Ah non ! Elle est britannique, plutôt. Bof ! C’est pareil ! Et diffusée sur Netflix en plus !  Pouah ! On ne va pas se laisser prendre à des trucs comme ça, non mais sans blague. On a mieux à faire. Lire le JdC, par exemple.
Bon, allez, on va essayer quand même, puisque Machin nous a dit que c’était pas mal du tout et que Machin, c’est Machin.
Tiens ? Il y a déjà cinq saisons ! Allons-y pour le premier épisode de la première saison. Faut être logique quand même. Et puis sans ça, on ne va rien comprendre, enfin, s’il y a quelque chose à comprendre…

Premier épisode, première saison : L’hymne national.
Bonne mise en scène, bons acteurs… Ça, les Anglais, ils savent faire… Mais quelle histoire grotesque ! Le premier ministre, pour sauver une Continuer la lecture de Black Mirror – Critique aisée n°194 →

Phèdre – Critique aisée n°193

Critique aisée n°193

Phèdre
Jean Racine
Mise en scène : Brigitte Jaques-Wajeman
Rôle titre : Raphaële Bouchard
Par le Théâtre de la Ville au Théâtre des Abbesses.

Cette fois-ci, nous n’avons marché qu’une heure et demi dans un Paris privé de Métro pour parvenir jusqu’au Théâtre des Abbesses, qui abrite le Théâtre de la Ville pour le temps de son interminable rénovation.

Quand même pas à la taille du Théâtre de la Ville (1000 places), celui des Abbesses (400 places) est cependant un vrai théâtre, d’architecture greco-moderne, moins confortable qu’il n’y parait au premier abord, mais avec une salle plutôt pentue qui permet de bien voir de partout. (Bien entendre de partout, c’est une autre histoire et on y reviendra.)

Avant ce soir là, je n’avais vu Phèdre qu’une seule fois. Maria Casarès tenait le rôle titre, Alain Cuny était Thésée et Jean Vilar était à la fois Théramène et metteur en scène. C’était au TNP. Nous y avions été traîné par notre école. Je n’avais pas seize ans. Je me souviens du décor minimaliste, juste un petit banc sur un grand Continuer la lecture de Phèdre – Critique aisée n°193 →

Bartleby – Critique aisée n°192

temps de lecture : 3 minutes 

Critique aisée n° 192

Bartleby
Herman Melville

Bartleby ! Depuis cent cinquante ans, cette petite nouvelle de l’auteur de Moby Dick redevient régulièrement à la mode. Par exemple, si dans une soirée, vous déclarez : « Tiens ! Je viens de lire Bartleby ! »…

Attendez, attendez : un conseil, ne vous donnez pas le ridicule de le prononcer comme je l’ai entendu faire au Masque et la Plume de France-Inter : Barteulbaille. Non, prononcez-le comme ça se prononce, c’est-à-dire tout simplement Barteulbi.

Bon, donc, si dans une soirée, vous déclarez : « Tiens, je viens de lire Bartleby ! »…

Encore une chose, si vous permettez : en vérité, le Continuer la lecture de Bartleby – Critique aisée n°192 →

Trois femmes – Critique aisée n°191

Critique aisée n°191

Trois femmes
Catherine Anne
Catherine Hiegel, Clotilde Mollet, Milena Csergo
Théâtre Le Lucernaire (dernière représentation le 5 Janvier 2020)

 Comment ? Dernière représentation le 5 janvier 2020 ! Mais nous sommes déjà le 6 ! Alors à quoi bon nous donner la critique d’une pièce que nous ne pourrons de toute façon pas voir avant son hypothétique reprise en novembre 2023 à l’Alcazar de Rodez ou à l’Espace André Lejeune de Guéret (dans la Creuse) ?
C’est la question que vous vous posez probablement en ce moment même.

Ma réponse pourrait être : « Oui ! À quoi bon ? » ce qui permettrait au moins d’arrêter là la discussion. Mais moi, j’ai un article à faire. Il fait bien que je publie quelque chose en ce lundi matin. Alors pourquoi pas la critique d’une pièce que personne Continuer la lecture de Trois femmes – Critique aisée n°191 →

Ellis Island – Critique aisée n°189

Critique aisée n°189

Ellis Island
Georges Perec – 1979
P.O.L. — 76 pages

Ce petit livre de 76 pages format poche est une toute récente réédition sans photographie du texte que Perec avait écrit comme commentaire d’un film documentaire commandé par l’I.N.A. à Georges Perec et Robert Bober.

Dans une description volontairement brève, plate et froide, parsemée de listes, d’inventaires et de quelques anecdotes, Perec y raconte cet ilot qui, pendant une trentaine d’années fut le point d’arrivée, de filtrage et, pour la plupart des émigrants, d’entrée aux États-Unis. Il détaille les contrôles que les agents de l’immigration effectuaient sur les arrivants dans cette « usine à fabriquer des Américains, usine à transformer des émigrants en immigrants, une usine à l’américaine, aussi rapide et efficace qu’une charcuterie de Chicago : à un bout de la chaine, on met un Irlandais, un Juif d’Ukraine ou un Italien des Pouilles, à l’autre bout — après inspection des yeux, inspection des poches, vaccination, désinfection — il en sort un Américain. »

Dans les dernières pages de ce que j’ai appelé Continuer la lecture de Ellis Island – Critique aisée n°189 →

Le passager de la nuit – Critique aisée n°188

Critique aisée n°188

Le passager de la nuit
Maurice Pons – 1959
Editions du Rocher – 92 pages

Maurice Pons, c’est l’auteur des « Saisons« , dont je vous ai déjà parlé en aout dernier dans ma 166 ème critique aisée. Les Saisons, roman culte, roman massif, incroyable roman, trop riche, trop horrible, inoubliable. J’ai du mal à croire que c’est le même homme qui a écrit celui dont je veux vous parler aujourd’hui, Le passager de la nuit.

Le passager de la nuit, c’est une histoire de rien, de presque rien. Presque une histoire de Résistance, mais pas vraiment. Pas une histoire d’amitié, même naissante, non, trop courte l’histoire. Un récit engagé ? Non, plutôt dégagé le récit. Une road story ? Si ce genre existait en littérature comme il existe pour le cinéma, ou pourrait dire : peut-être.

Un homme jeune, vingt-neuf ans, propriétaire attentif et cajoleur d’un cabriolet grand sport (1), automobiliste dominateur et sûr de lui, conduit un mystérieux homme d’origine algérienne entre Paris et Champagnole (2). En arrière-plan, les évènements d’Algérie, comme on les appelait officiellement à cette époque (3) donnent tout leur mystère au passager de Continuer la lecture de Le passager de la nuit – Critique aisée n°188 →

The Irishman – Critique aisée n°187

Critique aisée n°187

The Irishman
Martin Scorcese – 2019 – 210 minutes
Roberty de Niro, Al Pacino, Joe Pesci
NETFLIX

Trois heures trente, c’est long. Ça dépend pour quoi, me direz-vous. Mais pour un film, même dans son canapé, même avec la possibilité, sans rien perdre de la projection, de se lever sans déranger personne, d’aller au Frigidaire, de regarder dehors, de répondre à un coup de fil, c’est long. C’est drôle, pourtant, Lawrence d’Arabie durait vingt minutes de plus et je n’avais pas trouvé ça long du tout. Bizarre, non ?

Parce que, malgré toute l’admiration que je porte et le respect que je dois à Martin Scorcese, Robert Continuer la lecture de The Irishman – Critique aisée n°187 →