Critique aisée n°172
AD ASTRA
Désastreux
James Gray – 2019
Brad Pitt, Tommy Lee Jones, Donald Sutherland
Pour commencer, comme d’habitude, un peu de small talk avant d’entrer dans le vif du sujet : tous les articles, tous les critiques, tous les amis et moi qui vous parleront de ce film vous diront avec componction que son titre vient de l’expression latine « Ad astra per aspera » qui signifie : « Vers les étoiles à travers les difficultés ». Ils pourront vous donner aussi une autre traduction, plus littérale : « Vers les étoiles par des chemins ardus ». On s’en fout, c’est pareil. Vous serez surement intéressé à savoir que c’est la devise du grand-duché de Meckembourg-Schwerin et de la marque de vêtements Quatre Cent Quinze. Personnellement, je préfère celle de Buzz l’Éclair : « Vers l’infini et au delà ! » Pour le film de James Gray qui vous emmène Continuer la lecture de AD ASTRA – Critique aisée n°172
Habitués que vous êtes à mes Critiques aisées, en lisant ce titre, Asphalt jungle, vous vous régalez déjà à l’idée que je vais aujourd’hui vous parler de ce formidable film de 1950 de John Huston, de la présence physique écrasante de Sterling Hayden, de l’éternel regard de labrador de James Whitmore, de la subtilité avide de Louis Calhern, de la courte mais prometteuse apparition de Marylin Monroe, de la superbe photographie noir et blanc de Harold Rosson et des tentatives de colorisation heureusement interdites. Eh bien non, je ne vais pas vous parler de The asphalt jungle, le film dont le titre avait été fidèlement traduit en français par « Quand la ville dort« .
Roubaix, une lumière
Quand on écrit aujourd’hui, même si l’on n’est lu que par quelques dizaines de personnes, il faut faire très attention aux mots que l’on emploie, aux plaisanteries que l’on fait, aux anecdotes que l’on raconte, aux thèmes que l’on aborde. Sinon, le flair surdéveloppé des beagles du service de détection du politiquement incorrect a tôt fait de vous signaler, pas encore aux autorités, mais à l’attention des zélotes de la correctitude.
Il était une fois à Hollywood
Il faut avouer que j’ai bien failli abandonner. J’ai tellement patiné dans la gadoue froide et visqueuse des vingt premières pages, je me suis tellement senti mal à l’aise à entrer dans ce village en ruine sous cette pluie désespérante, j’ai tellement été rebuté par les premières rencontres avec ses habitants que j’ai bien failli abandonner et ranger le bouquin avec son billet de train composté coincé entre les pages vingt et vingt et un — car on ne sait jamais…
Le thème est le suivant : un vaisseau spatial venu d’ailleurs se pose dans la région de Barcelone. À bord, deux aliens, le commandant et son adjoint, Gurb. Il est important de savoir que ces deux-là sont des êtres incorporels. Bon. Gurb est envoyé en reconnaissance par son chef qui, après consultation du Catalogue Astral Indicatif des Formes Terrestres Assimilables, choisit pour lui la forme de Madonna. Au bout de quelques heures, Gurb n’est pas