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Mes terrasses – 2 – Bistro Mauzac

Mes terrasses – 2

LE BISTRO MAUZAC
7 rue de l’Abbé de l’Épée. Paris 5°

Le matin, quand je ne vais pas à la Crêperie, c’est là que je viens poser mon MacBook pour une heure ou deux. Ce café-restaurant a été repris par une jeune femme il y a quatre ou cinq ans. Elle n’a rien changé au décor, absolument rien. C’est le genre de truc qui me plait, je l’ai dit plus haut. On se croirait fin des années cinquante, avec son carrelage en opus incertum de marbre beige veiné de noir, ses murs de fausses briques en papier peint, son bar démesuré en demi-cercle, ses banquettes recouvertes de tissu écossais passé, ses chaises assorties en bois blond, ses lustres aux abat-jours coniques orange, son porte-manteau près de l’entrée et, juste à côté, la table où sont étalés trois ou quatre journaux du jour.  Entre deux ardoises affichant le plat du jour, une affiche de Jour de Fête confirme l’année. J’oubliais la terrasse : dans cette partie un peu plus large et ombragée de la rue de l’Abbé de l’Épée, sa terrasse aux dais et parasols brique attire Continuer la lecture de Mes terrasses – 2 – Bistro Mauzac 

Mes terrasses – 1 – Le Soufflot – La Crêperie

Mes terrasses – 1 

LE SOUFFLOT
16 rue Soufflot. Paris 5°

C’est le café de mes débuts. C’est là que j’ai commencé à écrire. Il n’avait pas encore été refait et, à cette époque, la salle était sombre et en contre-bas. Le matin, c’était propice à l’écriture. L’après-midi, j’allais plutôt en terrasse et c’est là que j’écrivis un de mes premiers « Couleur café » : Le stockfish et la méduse. Un peu agressif, je le reconnais (Je me suis pas mal humanisé depuis, dit-on). Et puis, il y a quelques années, le café a été entièrement refait. A neuf. Pas mal, je dois le dire. Mais ça a changé mes repères et je n’y vais plus. Je n’aime pas quand les choses changent.

LA CRÊPERIE
12 rue Soufflot. Paris 5°

La Crêperie, c’est l’inverse. Je n’y allais pas et maintenant, j’y vais. Pourquoi ? Avant, je trouvais le décor clinquant, trop clair sans doute. Et puis ce nom ! La Crêperie ! On n’a pas idée ! C’est un nom pour Montparnasse, pour la rue du Départ ou la rue d’Odessa, mais pas pour la rue Soufflot !
Pourtant, maintenant, j’y vais, très régulièrement. Mais uniquement le matin.

Le matin, La Crêperie est remplie d’Américains : familles du New Jersey, amis de l’Indiana, étudiants de Californie, retraités de Floride. Ils prennent de copieux petits déjeuners — Djoucedowandje, oh ! you do speak english, then orange juice, pancakes, oh ! you don’t have scrambled eggs ? Never mind ! Fried eggs, sunny side-up, coffee, american coffee please — ils consultent des plans de Paris pliés en huit ou des iPhones deux fois plus grands, ils sont gais, ils sont aimables et parlent fort — my Goodness, mais pourquoi ces jeunes Américaines parlent-elles si fort ? Et pourquoi s’esclaffent-elles aussi souvent ? Ça ne fait rien, le bruit ne m’empêche pas d’écrire. Contents de leur sort, ils sont en vacances pour quelques jours en Europe — les Américains ne viennent pas à Paris : ils font un tour en Europe — ou étudiants à la Sorbonne pour quelques mois. J’aime cette ambiance.

Depuis quelques temps, le personnel me reconnait ostensiblement. La patronne est aimable et le serveur ressemble à Mathieu Kassovitz.

ET DEMAIN, SANS LÉGENDE