Sacrée soirée (8)

8

— Voici André. André est médecin. Je fais une présentation collective. Ensuite, vous vous débrouillerez sans moi pour faire plus ample connaissance ! Ah ! Ah ! André, voici Marcelle. Marcelle est une brillante femme politique, pleine d’avenir. Pour le moment, mais ce n’est qu’un début, elle est Maire d’Antony ! Vous connaissez ?

— Maire de Gentilly, Renée, pas d’Antony. Gentilly ! corrige Marcelle.

— Suis-je bête ! Je ne m’y ferai jamais. De Gentilly, bien sûr ! Et voici Anne, la charmante épouse de Gérald qui est là-bas près de la fenêtre.

Charmante épouse, tu parles ! Mais Renée poursuit :

— Gérald est courtier. Je n’ai jamais compris en quoi consistait son métier. Ah ! Ah !

La gourde ! Ce n’est pourtant pas faute de lui avoir expliqué !

— Gérald ! Ne reste donc pas tout le temps collé à cette fenêtre. La Place des Vosges est belle, c’est entendu, mais enfin, nous aussi ! Ah ! Ah ! Bon, ça, c’est Charles. Charles est écrivain. J’aime beaucoup ce qu’il fait. Et puis, voici François Longchamp, l’acteur. Vous le connaissez certainement ?

— Mais bien sûr, Monsieur Longchamp, tente de mondaniser le toubib. J’ai lu que vous sortiez bientôt un nouveau film ?  Les Nouveaux pauvres, je crois. C’est pour quand ?

— Ç’a été reculé à fin septembre, répond Longchamp, aux anges. Commercialement parlant, c’est meilleur comme date de sortie. Mais dans deux mois, Canal+ commence une nouvelle série, Embrayages, où j’ai un rôle récurrent…

Et il ajoute en se tournant vers Charles :

—… mais je jure que ce n’est pas moi qui joue Monsieur Loyal dans le Cirque Merveilleux !

— Pardon ? dit André

— Rien, rien. C’est sans importance, répond-il puis se tournant vers Renée : Dites-moi, chère hôtesse, on dine à quelle heure chez vous ? Parce que… Tiens ! On a sonné. Tout espoir n’est pas perdu ! On va peut-être pouvoir passer à table ! Ah ! Ah !

Mais quel butor, cet acteur ! Il a vraiment tout à apprendre ! Bon, c’est vrai qu’il a un peu raison, parce que je commence à avoir la dalle, moi aussi. Heureusement, Renée revient avec sa dernière invitée.

A SUIVRE

Bientôt publié

7/09, 16:47 Brèves de mon comptoir (4)
8 Sep, 07:47 Le parc à jeux
9 Sep, 07:47 Pont tordu et de travers
10 Sep, 07:47 Sacrée soirée (9)

3 réflexions sur « Sacrée soirée (8) »

  1. @Lariegeoise : Attention, attention, Sacrée soirée n’est pas une nouvelle à clé.
    Comme disait le petit Marcel, mais mieux que moi, un personnage littéraire, Alfred par exemple, est un mélange de gens que connait l’écrivain : il donne à Alfred la moustache de l’un de ses amis, son gout pour les belles phrases d’un autre, la vanité d’un troisième et la claudication de la gardienne de son immeuble.
    Mais dire, comme aurait pu le faire Sacha Guitry, « La clé, c’est moi !», serait plus exact. Car, comme aurait pu le dire Flaubert s’il avait bien voulu (voir à ce propos ci-dessous un extrait d’un article paru ici-même le 21/11/2014), « il y a de moi dans chaque personnage » : Je suis Renée pour ceci, Charles pour cela, Gérald pour cette autre chose, etc…
    ET maintenant, que les lecteurs se débrouillent avec ça !

    “Madame Bovary, c’est moi!”
    Ce qu’avait voulu dire Flaubert en lançant cette petite phrase, on ne le sait pas vraiment. Voulait-il confirmer par là qu’il avait écrit tout ça tout seul : Madame Bovary, c’est moi qui l’ai écrit tout seul ! Moins prosaïque et plus littéraire: on pourrait penser qu’il voulait expliquer que la personnalité d’Emma, son attitude devant la vie, son insatisfaction, ses déceptions, étaient le résultat de ce que lui, écrivain, avait vécu. Moins littéraire et plus psychologique: certains affirment qu’avec cet aphorisme, Flaubert avait voulu révéler la femme qui était en lui. Moins psychologique et plus people: à partir de cette petite phrase, d’autres ont même été jusqu’à insinuer que Gustave était une femme.
    “Madame Bovary, c’est moi ! ” Qu’est-ce que Flaubert avait bien voulu dire par là ? Hé bien, rien du tout. Parce qu’aux dernières nouvelles, il n’aurait jamais dit ni écrit cette phrase ! Que de dissertations, essais, articles, thèses, notes de bas de page et autres exposés deviennent désormais bons à jeter aux orties ! Au moins, ça fera de la place pour les choses sérieuses.
    Donc, Flaubert a dit “Madame Bovary, c’est moi ! ” et personne n’a rien compris.

  2. Ah ah sa dernière invitée! Le cluedo est en place; le jeu de massacre va vraiment commencer… car pour tenir jusqu’en vovembre , je suppute que nous sommes à peine aux préliminaires….
    J’ai hâte….
    Ceci étant cela sent tellement le vécu, que tu vas pouvoir établir une statistique de ceux de tes lecteurs -teices, pas cons du tout eux qui vont se sentir épingles-es!
    J’ai hâte ; d’autant que moi c’est fait deja!

  3. André, Charles, François, Gérald et les autres. Un échantillon trop petit pour en sortir un pourcentage significatif de cons. Dommage!

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