RENDEZ-VOUS À CINQ HEURES (11)

RENDEZ-VOUS À CINQ HEURES (11)

25/05/20

La Sentence 

Le Masque et la Plume… Vous connaissez certainement mon attachement à cette émission créée en 1955 et que j’ai écoutée quasiment sans interruption depuis. Accusée récemment de misogynie par les ayatollahs de la correctitude que sont Mediapart et Télérama, ça m’ennuie d’ajouter une pierre dans le jardin du Masque, mais quand même, je vais le faire.

Dans son émission confinée du 26 avril et consacrée à la littérature, le Masque s’est intéressé à la dernière livraison de John Grisham. Les commentaires ont été unanimes. Dans l’ordre :

Arnaud Viviant : du lourd, du précis, pas un mot de trop, passionnant, du très grand Grisham…

Olivia de Lamberterie : grandiose, j’ai adoré, très forte intrigue, écrit à l’ancienne, tout en demi-teinte…

Jean-Claude Raspiengeas : de l’orfèvrerie, pas d’effet de style, des phrases simples

Patricia Martin : absolument formidable, un suspense incroyable…

Vous pensez si moi, incapable d’avancer davantage dans le Voyage de Céline, déçu par le dernier Ian McEwan, dépassé par le livre de Marie David, j’étais content de savoir qu’un livre, a priori facile à lire, recueillait tant d’avis favorables et, fait remarquable, sans aucune réserve de la part de critiques chevronnés exerçant depuis des années dans une émission respectable.

Aussitôt, je bravai le confinement pour me procurer le pavé en question. Impossible, épuisé, en cours de réimpression, me disait-on. Alors, je me rabattis sur une nouvelle saison de The Big Bang Theory comme à chaque fois que le moral descend.

Et puis, un jour, dans une papeterie qui, à part les magazines et les crayons, ne vend que du Musso et du Cartland, elle était là en vitrine, la Sentence, un peu décolorée par le soleil, un peu poussiéreuse. Je l’acquis au prix indiqué, ne songeant même pas à demander une ristourne tenant compte de son état.

Et le soir même, dans mon lit vers 20h10, j’en commençai la lecture :

Page 10
Les Bannings étaient fermiers et propriétaires fonciers, mais ils travaillaient aussi Auchan, ils n’étaient pas comme ces planteurs décadents qui s’enrichissaient grâce à la sueur des autres.
Aïe !

Page 20
—J’ai ôté la vie à beaucoup d’hommes, Pasteur. Tous des braves sur le champ de bataille. Mais vous, vous êtes un lâche.
Aïe !

(…)
Pete avança d’un pas, pointa son Colt sur le pasteur et pressa la détente. En ancien tireur d’élite, il savait manier toutes les armes à feu et avait tué beaucoup d’hommes à la guerre. Bien trop à son goût...
Aïe, aïe, aïe !

 

Page 24
— Apparemment l’affaire est réglée, annonça Arnette. On sait qui est le meurtrier.
— Sans doute. Mais prenons quand même quelques photos et cherchons les douilles.
(À ce propos, veuillez noter qu’Arnette et son collègue sont les policiers en charge des constatations. Ils viennent d’apprendre que Pete a utilisé un Colt 45. Le Colt 45 est un revolver et de ce fait, les douilles ne tombent pas au sol mais restent dans le barillet. Il peut toujours chercher, Arnette !)

Arrivé là, j’ai encore donné sa chance à Grisham sur une dizaine de pages. Comme elles contenaient la même quantité de clichés, de banalités et d’âneries que les 24 premières, j’ai arrêté là. Vous n’en saurez pas plus de ma part. Ah si, quand même ; vous apprendrez de moi que la quatrième de couverture se termine ainsi : « John Grisham est l‘auteur d’une quarantaine de romans, tous des best-sellers, dont « La Firme » et « Le Cas Fitzgerald ». Ses livres sont traduits dans le monde entier et ses ventes dépassent les cent millions d’exemplaires. »

Non mais, ça va pas, le Masque ?

 

6 réflexions au sujet de « RENDEZ-VOUS À CINQ HEURES (11) »

  1. En plus de ça Paddy, c’était pas un Colt mais un Smith et Wesson. Vous me ferez 20 pompes soldat Paddy, allez, plus vite que ça!

  2. A mon tour de faire des excuses. Le fameux Colt à la ceinture du Général Patton durant la 2ème GM était bien un Colt 45, la crosse en ivoire, mais version à barillet. J’ai vérifié! On ne plaisante pas avec les armes à feu!

  3. Le Colt 45 ou Colt M1911 a bien existé sans barillet. C’était un pistolet officiel de l’armée américaine et le Général Patton le portait dans un holster à sa ceinture. A ce sujet, j’ai un petit souvenir à raconter. Dans les années 90, en Afrique du Sud pour quelques jours pour un voyage professionnel, j’ai rendu une visite le week end à un cousin qui habitait à Durban. Il était avocat, grand amoureux de la nature, chasseur, champion de pêche à la mouche, amateur de belles armes et président de la NRA en Afrique du Sud. J’ajoute, libéral, pacifiste et défenseur des droits des africains, position dangereuse dans ce pays à l’époque… Le Dimanche soir, la nuit tombée, on s’installe dans sa voiture pour me conduire à l’aéroport où je devais prendre le dernier avion du jour pour Johannesburg. En s’installant au volant, je constate qu’il pose entre lui et moi son Colt 45 (il m’avait montré sa collection plus tôt), et il me dit que la route entre chez lui et l’aéroport n’est pas sûre la nuit. ”Si nous tombons en panne, crevaison ou autre, il y a peu de chances que l’on s’en tire vivant si on a pas d’armes”. Visiblement, de ce que j’ai pu voir pendant le trajet, il ne bluffait pas.Tout s’est bien passé. Mais il est mort quelques mois après, emporté par une maladie foudroyante, et ses cendres ont été dispersées dans le ”bush” qu’il aimait tant.

  4. Au temps pour moi. Vérification faite, il a bien existé un revolver Colt 45.
    Mais il n’est pas aussi courant et “populaire” que le pistolet.
    Avec mes excuses.

  5. Euh en bon corse, je connais un peu les armes à feu. Le Colt 45 est un pistolet. Son nom est le Colt 1911, de calibre 45. Colt a fabriqué aussi des pistolets, de calibre 357 magnum et 38.

    Désolé.

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