A la Bastille… ( Critique aisée 31)

A la Bastille, on ne l’aime pas l’grand Opéra

De la terrasse du café Le Bastille où je viens de m’installer, on peut voir les premiers numéros de la rue de la Roquette, l’entrée de la rue du Faubourg Saint Antoine, le socle de la colonne de Juillet, la bouche du métro et le kiosque à journaux. Si on enlevait la couleur et les deux ou trois filles qui passent en minijupe, ça pourrait être le décor d’un film de Marcel Carné. On y verrait Jules Berry en chapeau mou discuter avec Bernard Blier en casquette devant la bouche de métro en fumant une Gauloise.
Mais, aujourd’hui, de la terrasse du café Bastille, on voit aussi l’escalier monumental de l’Opéra.
Construit à la demande de François Mitterrand, inauguré en 1989, cet énorme machin gris m’a toujours fait penser à un gigantesque Monoprix ou, mieux, à une énorme Beryezka qui aurait été dessinée en 1957 par un architecte soviétique.
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L’escalier monumental que, de ma table, je ne vois que de profil, n’est certainement pas le pire de ce monument de pesanteur. Le pire, on pourrait le chercher dans ce triste arrondi qui fait face à la place, ignoble cylindre grisâtre aux molles proportions, ou peut-être dans

cet ensemble de petits carreaux sans rythme, ou bien dans ce péristyle extérieur de colonnes sans grâce, ou encore dans cette interminable façade quasi aveugle sur la rue de Lyon…On hésite à choisir devant tant d’exemples de lourdeur.
Encore un palais national à ranger avec le Ministère des Finances du quai de Bercy, la Villa Méditerranée de Marseille et la Grande Arche de la Défense dans le tiroir de la prétention architecturale expressive. Je ne manquerai pas d’y ajouter quelques autres monuments au fur et à mesure de mes balades et voyages.
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Vous allez me dire que je n’aime pas l’architecture moderne ou contemporaine. Faux! Et j’espère vous le prouver bientôt en rédigeant davantage de critiques positives sur l’architecture. D’ici là, vous devrez vous contenter de celle que j’ai faite sur l’Hotel de Ville de Bagnolet.
Vous ajouterez que l’Opera Garnier avait dû faire aussi l’objet de vives critiques dans les premières années de la 3ème République.
Probablement vrai. Alors j’attendrai une centaine d’années pour revoir mon jugement.

3 réflexions au sujet de « A la Bastille… ( Critique aisée 31) »

  1. On peut difficilement juger un tel monument si on ne l’a pas vu et si on ne connait pas son environnement, mais avec ces petits carreaux bleus et blancs cela me fait penser à l’entrée d’une très grande piscine ou d’un parc aquatique !

  2. On est bien d’accord. Il n’y a que l’intérieur de l’opéra Bastille qui vaille (je parle de ce que l’on peut y entendre, et encore, pas toujours) et à l’extérieur il n’y a que Nini Peau de Chien que l’on aime bien.

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