Hostiles – Critique aisée 119

Critique aisée 119

Hostiles
Scott Cooper – 2017
Christian Bale, Rosamund Pike, Wes Studi

Ma mère aimait bien le cinéma. Elle disait : « Il y a les films d’amour, avec des messieurs et puis des dames, les films de gangsters, avec des bandits et des policiers, et les westerns, avec des cow-boys et des indiens ». Elle n’aimait pas les films de guerre et, si elle n’avait pas oublié cette espèce disparue des films de cape et d’épée, avec des mousquetaires et des duchesses, elle aurait fait ainsi le tour des codes du cinéma. Parce que finalement, le cinéma, c’est ça : une histoire racontée avec des codes. Bien sûr, on pourra détailler, finasser, subdiviser, décortiquer, analyser, mais on reviendra toujours à ça, des messieurs et puis des dames, des gangsters et des flics, des indiens et des cow-boys.
Ah oui ! Important : ne pas confondre le code et le genre, enfin ce que, moi, j’appelle le genre, la façon de traiter le sujet : drame, mélodrame, comédie, farce, parodie… Bien sûr, toutes les combinaisons code-genre ont été mises en œuvre : par exemple, pour rester dans le western, nous avons eu le western-drame (Le Gaucher – Arthur Penn), le western-mélodrame (L’Homme des vallées perdues – George Stevens), le western-comédie (Rio Bravo – Howard Hawks), le western-farce (Blazing saddles – Mel Brooks), le western-parodie ou western-spaghetti — selon que la parodie est volontaire ou pas — (Django – Quentin Tarantino)

Pour revenir au film Hostiles, ses cinq dernières minutes pourraient le faire figurer parmi les western-mélodrames, mais je le rangerai plutôt dans la catégorie western-drame.

A la tête d’une escouade de quatre cavaliers, un capitaine de cavalerie se voit confier la mission de raccompagner un vieux chef indien mourant et sa famille depuis sa prison jusque sur les terres de ses ancêtres pour y mourir. La lente chevauchée vers le Nord, deux mille kilomètres à travers le Nouveau Mexique, le Colorado, le Wyoming et le Montana, sera parsemée de rencontres, d’embuscades et de morts. Vous savez que ce n’est pas mon habitude de raconter les films et vous n’en saurez pas davantage sur l’intrigue. Vous ne saurez de moi ni qui meurt, ni qui vit, ni le lourd passé ni le caractère des personnages.

Je vais juste vous dire que, s’il ne s’attarde pas complaisamment sur les horreurs des uns et des autres, le film est plutôt dur. Je vous dirai aussi que, si les grands espaces traversés sont parfois grandioses, on ne s’attarde pas non plus sur la contemplation des canyons, des rivières et des montagnes. La progression est lente, au pas des chevaux, les scènes d’action ne sont pas héroïques, mais intenses. Les tirs n’ont pas la précision à laquelle des western-comédies ont pu nous habituer, mais on meurt quand même. La bande son, indissociable de la musique, est impressionnante — j’ai rarement entendu dans un film un son de coups de feu aussi réaliste. Les acteurs sont solides et l’actrice est émouvante de force.

Bien sûr, le film est rempli de clichés : le passé des personnages, les bons indiens et les méchants indiens, l’amitié, la vengeance, le sens de l’honneur, la fin du voyage. Mais c’est habilement fait. Et puis c’est ça les codes du western : les clichés.

C’est un film qu’on peut voir.

 

ET DEMAIN, PIERRE DESPROGES EST MORT

4 réflexions au sujet de « Hostiles – Critique aisée 119 »

  1. Et par extraordinaire, c’est un film où l’on m’a traîné, et que j’ai aimé.
    Il faut dire que, dégoûté du cinéma français depuis l’époque du Splendid, je n’y ai plus mis les pieds (à tort car il y a toujours quelque chose à sauver).
    Le genre épopée, ou grandes biographies, auront toujours ma préférence sur la mode des films pseudo-intimistes ( un homme deux femmes, ou une femme deux hommes et toutes les variantes du comico-mélo des séries et feuilletons étouffants).

    Ca m’a donc fait plaisir d’entendre élogieusement commenter une vraie histoire (ou qui pourrait très bien l’avoir été) avec des héros à l’honneur chevillé au corps (au moins quelques-uns pour souligner la noirceur des autres) qui fait toujours du bien car on s’identifie toujours à ce que l’homme porte de meilleur. Tant pis si l’on s’abuse sur soi-même.

  2. Suite à la suite, la dernière:
    Autrement dit, je préfère la Conquête de l’Ouest à la conquête de l’Espace.

  3. Et puis on peut ajouter aujourd’hui les films de néo-science-fiction (à base d’effets spéciaux démesurés) avec des humains et des extra-terrestres.

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