L’interminable et lamentable histoire des disparus de la rue de Rennes (4)

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CHAPITRE 1      CHAPITRE 2         CHAPITRE 3 

Résumé : Après un vote unanime, moins les voix de l’opposition, le Conseil Municipal, Maire en tête, s’est rendu sur place et sous la pluie pour constater les faits de visu. C’est confirmé, tout un bout de la Rue de Rennes manque. C’est bien embêtant.

4- Stratégie municipale

Où l’écologie retrouvera ses limites et la politique, ses habitudes.

Ces choses ayant été accomplies, la Maire se retira dans le véhicule à gyrophare, parce que l’écologie, ça va bien cinq minutes, tandis que son garde du corps restait planté au milieu de la chaussée, triplement embarrassé par un parapluie de golf marqué aux armes de la ville, un vélo batave et un costume sombre complètement fichu.

Sur le chemin du retour, dans le confort de sa voiture de fonction et de son for intérieur, Madame la Maire réfléchissait :

Cette disparition n’était pas une petite affaire et il fallait la prendre très au sérieux : deux ou trois cents mètres de rue manquants, ça faisait quand même désordre, même pour une municipalité de gauche. Sa réélection quasi assurée en 2020 risquait d’être compromise. Il lui fallait établir une stratégie de toute urgence.

Était-il possible de mettre l’affaire sur le dos de quelqu’un d’autre ? Elle pourrait bien sûr parler d’héritage de la mandature précédente, mais ça faisait quand même presque quatre années qu’elle exerçait le pouvoir absolu sur la ville. De plus, dans ce cas, on ne manquerait pas de lui rappeler que, dans l’équipe précédente, elle était première adjointe. Remonter plus loin en arrière, c’est-à-dire à Tiberi ou même jusqu’à Chirac, lui paraissait difficile. Elle demanderait conseil sur ce point à Laurent Joffrin et à Edwy Plenel dès demain, mais elle ne pensait pas vraiment que le barbu bougon de Libération et l’homme à la moustache d’acier de Mediapart pourraient la sortir de cette mauvaise passe.

Puisque faire porter le chapeau à quelqu’un d’autre paraissait exclu, fallait-il étouffer l’affaire ? Certes, en matière politique, c’était une technique éprouvée. Mais pour la mettre en œuvre, il faudrait d’abord obtenir l’accord de l’opposition et des écologistes. Ces derniers, dont on ne savait jamais s’ils étaient en dedans ou en dehors de la majorité, ou ailleurs ou même nulle part, réclamaient depuis longtemps la fermeture dominicale du Boulevard Périphérique. Ils voulaient y organiser une grande course de patinettes du coté intérieur et des piqueniques festifs à thèmes médiévaux du coté extérieur. Une vague promesse en ce sens lui assurerait sans doute le silence des écolos. Mais l’opposition ? Comment satisfaire l’opposition ? Rendre les quais de Seine à la circulation était exclu, car non seulement leur fermeture était devenue le symbole de son action, mais les Verts en feraient une jaunisse. Alors, si on ne pouvait satisfaire l’opposition, il fallait la faire chanter. Pour ça, il y avait bien la vieille affaire des appartements de la Ville de Paris mis à disposition des nombreux colleurs d’affiche du RPR, mais depuis qu’elle avait pris le pouvoir, Notre-Drame avait fait tout aussi bien au profit des non moins nombreux distributeurs de tracts du P.S. Il fallait absolument trouver autre chose. Dès ce soir, elle lancerait Hubert Lubherlu sur le sujet.

A SUIVRE … 

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