L’Amérique – (Joan Didion) Critique aisée n°123

Critique aisée n°123

 L’Amérique – Chroniques
Joan Didion

Très étonnant petit livre que ce recueil de chroniques sur l’Amérique de Joan Didion. Je n’en ai lu que les cent premières pages, mais cela m’a suffi pour oser l’abandonner en chemin.
Je ne me permettrai pas de juger cette romancière reconnue sur ce seul petit opuscule, mais je me permets de juger ces chroniques sur leurs cents premières pages, parce qu’après tout, ici, c’est chez moi.

Bien sûr, dans ces pages, on trouve quelques fulgurances de phrases hachées, courtes, pointues dans des descriptions implicites pour initiés de situations de l’Amérique hippie de cette époque. Mais, finalement, c’est assez désespérant. Désespérant sur deux plans, celui de la société décrite et celui de l’écrivain.

Désespérante, la société décrite, l’Hollywood et le San Francisco des

années 60 et 70, est entièrement refermée sur elle-même, persuadée qu’elle est à elle seule l’incarnation d’une Amérique qui évolue vers une autre conception de la vie, une conception molle et communautaire de la recherche du bonheur, du plaisir de planer le mieux et le plus loin possible, avec une forte tendance à justifier par une philosophie obscure un avachissement qui pourrait bien n’être dû qu’à l’usage des stupéfiants et au refus des contraintes.

Désespérant, l’écrivain, qui sans être totalement impliquée dans ce microcosme, le prend quand même pour le cosmos tout entier, et le décrit platement, reproduisant, probablement avec admiration, les propos futiles de Jim Morrison ou de Janis Joplin. En voici un exemple, parmi les plus légers : la scène se passe en 1967 dans une communauté du quartier de Haight à San Francisco. À cette époque, Joan Didion a 34 ans.

« Michaël, le petit garçon de trois ans de Sue Ann, a déclenché un incendie ce matin alors que personne n’était encore levé, mais Don a réussi à l’éteindre avant qu’il ait fait trop de dégâts. Michaël s’est tout de même brulé le bras, ce qui explique pourquoi Sue Ann s’est tellement énervée quand elle l’a surpris à mâchouiller un câble électrique. « Tu vas griller comme une sardine », a-t-elle hurlé. Les seules personnes présentes étaient Don, l’une des amies macrobiotiques de Sue Ann, et quelqu’un qui allait bientôt rejoindre une communauté dans les Santa Lucias, et aucun d’entre eux n’a vu Sue Ann hurler après Michaël parce qu’ils étaient dans la cuisine en train d’essayer de récupérer du très bon hasch marocain qui était tombé sous une latte du plancher abimée dans l’incendie. »

Désespérant, non ?

 

ET DEMAIN, ET POURQUOI DONC L’ITALIE TROUVERAIT-ELLE UN GOUVERNEMENT ?

 

 

 

2 réflexions au sujet de « L’Amérique – (Joan Didion) Critique aisée n°123 »

  1. Désespérant, comme tu le dis, affligeant même. Cela m’évoque les paroles des « tub » anglo-saxons que nous avons admirés et que nous continuons à aimer. Les textes sont au mieux stupides, sans queue no tête et n’expriment rien, même pas une poésie. C’est un constat édifiant que la pseudo-culture d’une génération d’américains (qui est ma génération) est complètement creuse.

  2. C’est bon! Je n’m’aventurerai même pas à feuilleter ce morceau de littérature engagée si je le vois en librairie. J’ai suffisamment à pester par les temps qui courent avec des chroniques sur l’Amérique qui me désespèrent que je n’ai nul besoin d’en rajouter, merci.

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