Archives par mot-clé : COVID-19

Journal de Campagne (16)

Journal de Campagne (16)
Mardi 31 mars 2020 -16h47

Je ne sais pas vous, mais moi, hier, il s’est passé plein de trucs :

08h30 – remplacé la bouteille de butane
09h45 – vu s’envoler deux perdreaux devant nous pendant l’une de nos promenades quotidiennes
11h50 – remarqué une livraison Chronopost chez un voisin
15h05 – vu passer furtivement un coq faisan piétant dans une allée forestière avec envol simultané de deux canards lors de notre seconde promenade,
16h35 – vu passer devant chez nous un attelage composé d’une Continuer la lecture de Journal de Campagne (16)

Journal de Campagne (15)

Journal de Campagne (15)
Lundi 30 mars 2020 – 16h47

Ce serait intéressant de savoir si vous avez ressenti la même chose :

Hier soir, dans mon lit, je regardais un film sur mon ordinateur. Peu importe le film.  C’était une comédie de mœurs, parisienne, contemporaine, banale. Et les collègues de bureau se retrouvaient pour déjeuner dans le brouhaha de joyeuses brasseries fourmillantes d’habiles serveurs, et les rendez-vous professionnels commençaient avec des poignées de main à n’en plus finir et même parfois avec de chastes et précautionneuses bises sur les joues de la DRH ou de l’avocate chargée du dossier, et les vieux amants se retrouvaient dans le calme des bars de la rue Marbeuf et les jeunes, à de bruyantes terrasses de la rue des Continuer la lecture de Journal de Campagne (15)

Journal de Campagne (14)

Journal de Campagne (14)
Dimanche 29 mars 2020 – 16h47

Aujourd’hui, il s’est passé quelque chose : l’article du matin est paru avec une heure de retard. C’est la faute à Giscard et à son heure d’été. C’est réparé : le Journal sera a nouveau distribué à l’heure. Jusqu’à la foutue heure d’hiver.

Et il vient de se passer autre chose : la chute de quelques flocons de neige.

Mais avant-hier, il ne s’était rien passé. Hier non plus. Tellement rien que j’en ai été réduit à vous parler d’un distributeur automatique de légumes et du Monde de l’Écriture. C’est dire !
Aujourd’hui, à l’heure d’écrire mon petit mot quotidien, j’essaie de me rappeler quel a été l’évènement marquant de la journée (autre que l’avènement de l’heure d’été). Fut-ce le lever du soleil ou le passage du facteur ? Vous me direz que ce dimanche n’est pas achevé et qu’il peut se passer Continuer la lecture de Journal de Campagne (14)

Journal de Campagne (13)

temps de lecture : 2 minutes 

Journal de Campagne (13)
Samedi 28 mars 2020 – 16h47

Mardi dernier, je vous ai entretenu de mes lieux d’écriture.
Aujourd’hui, j’aimerais vous parler du Monde de l’Écriture. Ne craignez rien, je ne vais pas vous parler de ce Grand Monde exclusif que, nous autres écrivains, nous formons, avec ses amitiés et ses haines, ses espoirs et ses déceptions, ses artistes et ses faisans, ses acrobates et ses tâcherons, ses agents et ses éditeurs, ses critiques et ses lecteurs… Non, je vais plus simplement vous parler d’un forum dont le nom est « Le Monde de l’Écriture ».

Le Monde de l’Écriture, qu’est-ce que c’est ?
D’abord, c’est sur Internet. C’est un site, c’est-à-dire un lieu virtuel, fréquenté par des gens qui écrivent, un peu, beaucoup, à la folie, passionnément. Qu’ils écrivent bien ou mal, que leurs textes soient longs ou courts, qu’ils abordent le drame, la comédie, l’épopée, la poésie, qu’ils soient plein d’humour ou de prétention ou de fautes d’orthographe, les adeptes y viennent en procession déposer leurs textes, les soumettant ainsi à la critique des autres. C’est le jeu. C’est ce que Continuer la lecture de Journal de Campagne (13)

Journal de Campagne (12) et Nouvelles du Front (17)-27/03/2020

Journal de Campagne (12)
Vendredi 27 mars 2020

 Hier, en fin d’après-midi, après avoir admiré une dernière fois mon tas de bois et répondu aux quelques commentaires que mon billet précédent avait déchainés, j’ai regardé une vingtaine de minutes d’une émission-débat sur L.C.I. Je vous en parlerai tout à l’heure.

Mais avant ça : merci à ceux qui se donne la peine de rendre accessible aux lecteurs du JdC le récit de leurs aventures covidiennes et leurs remarques sur la vie en général ou en particulier. Pour les autres, il semble qu’il existe une barrière psychologique, une sorte de distanciation sociale, une pudeur ou une timidité qui les retient de faire connaitre leur avis au cercle restreint des lecteurs du JdC. C’est particulièrement étonnant à une époque où tout un chacun partage la moindre de ses émotions avec le reste du monde par voie de Facebook et d’Instagram, sans parler des gags désopilants venus Continuer la lecture de Journal de Campagne (12) et Nouvelles du Front (17)-27/03/2020

Journal de Campagne (11)

Journal de Campagne (11)
Jeudi 26 mars 2020 – 16h47

Hier, il ne s’est rien passé. Rien du tout.
Quand on est à la campagne, c’est un peu prévisible, non ?

Ah si ! quand même : je suis allé acheter des légumes et des œufs à la ferme du coin(1).
« Quelle imprudence ! me direz-vous. Et le confinement alors ? »
Rassurez-vous, je n’ai rien risqué, ni pour moi, ni pour le fermier.

Vous allez comprendre.

À la lisière d’un tout petit village situé à moins de cinq kilomètres de Champ de Faye, il y a une ferme. Normal.
N’allez pas imaginer une longère avec colombages, géraniums aux fenêtres, pelouse et massif de fleurs au milieu de la cour. Non. On n’est pas chez Disney ici ; c’est l’Aisne, rappelez-vous.
Donc, il y a une ferme.
Dans une grange à peine Continuer la lecture de Journal de Campagne (11)

Journal de Campagne (10)

Journal de Campagne (10)
Mercredi 25 mars 2020 – 16h47

En Amérique, il s’en passe des choses.

Le Donald trouve que le COVID-19, ça va bien comme ça, que quinze jours de pseudo-confinement, c’est mauvais pour la Bourse — et que si c’est mauvais pour la Bourse, ce n’est pas bon pour lui —  et que l’Amérique doit retourner au business as usual avant Pâques, le 12 avril prochain, et qu’avec un peu de Chloroquine, ça va bien se passer ;

Bien entendu, tous les experts scientifiques, les autorités sanitaires, et les expériences étrangères lui disent que ce serait une folie de lever ou même de ne pas renforcer les mesures de restriction. Les mêmes lui disent aussi que les essais sur la Nivaquine sont encore Continuer la lecture de Journal de Campagne (10)

Journal de Campagne (9)

Journal de Campagne (9)
Mardi 24 mars 2020 — 16h47

Puis-je vous parler aujourd’hui d’écriture ? Oui ? Vous êtes sûrs ? C’est vrai que vous étiez prévenus. Parfait, alors c’est parti.

Récemment, je me suis souvent plaint de mon manque d’inspiration, de ma difficulté à trouver de nouveaux sujets, de ma tendance à me répéter, notamment en me lançant dans des descriptions d’ambiances de cafés sans parvenir à les boucler avec une chute originale, ce qui me venait encore assez facilement il n’y a que quelques mois.

Souvent, je vous ai dit ma prédilection pour les cafés et leurs terrasses comme lieu d’écriture. Compte tenu de la situation actuelle, ces endroits ne me sont plus accessibles. On imagine Continuer la lecture de Journal de Campagne (9)

Journal de Campagne (8)

Journal de Campagne (8)
Lundi 23 mars 2020 — 16h47

Une semaine de Campagne. Faut-il dire déjà ou faut-il dire seulement ?
Donnons-nous encore une semaine pour nous prononcer.

*

De quoi vais-je vous parler aujourd’hui ?

D’abord de mon exaspération :
— devant tous ces crétins qui s’embrassent comme au 15 août sur les débarcadères des iles bretonnes,
— devant ces gens qui, entassés devant le Prisunic du coin, attendent son ouverture en discutant amicalement comme si de rien n’était,
— devant ces jeunes américains qui se saoulent de bière et de promiscuité sur les plages de Floride parce que Spring Break oblige,
— devant tout ceux dont les Continuer la lecture de Journal de Campagne (8)

Une lettre de Venise

Morceau choisi

Cette belle lettre nous vient de Venise à l’heure du Coronavirus.

 Je vous écris d’une ville coupée du monde. Nous vivons ici dans une parfaite solitude qui n’est pas le vide. Nous prêtons chaque jour un peu moins attention à ce que nous ne pouvons plus faire car Venise, en ces jours singuliers, nous ramène à l’essentiel. La nature a repris le dessus. L’eau des canaux est redevenue claire et poissonneuse. Des milliers d’oiseaux se sont installés en ville et le ciel, limpide, n’est plus éraflé par le passage des avions. Dans les rues, à l’heure de la spesa, les vénitiens sont de nouveau chez eux, entre eux. Ils observent les distances, se parlent de loin mais il semble que se ressoude ces jours-ci une communauté bienveillante que l’on avait crue à jamais diluée dans le vacarme des Continuer la lecture de Une lettre de Venise