Archives par mot-clé : COVID-19

Journal de Campagne (26)

Journal de Campagne (26)
Vendredi 10 avril 2020 – 16h43

J’avais totalement oublié de vous dire que j’avais nettoyé ma terrasse. Ce fut pourtant un évènement marquant parmi les autres évènements de cette saga de campagne dont on ne sait pas vraiment sur combien de trimestres elle va s’étendre. Un évènement si important que sa narration ne pourrait entrer dans le cadre limité de ce Journal de Campagne. Je vous le narrerai donc demain matin dans tous ses détails à 7h47.

Mais revenons à des évènements de moindre importance : hier, il a fait beau. Moins beau qu’avant-hier, mais beau quand même. Et hier, les voisins Continuer la lecture de Journal de Campagne (26)

Journal de Campagne (25)

Journal de Campagne (25)
Jeudi 9 avril 2020 – 16h47

A force de vouloir écrire un texte par jour, à force de puiser dans les grands scandales de la semaine et dans les sombres prévisions sur l’avenir proche, à force de chanter les derniers exploits du taureau au front stupide, de tenter des parodies de poésie et des pastiches de pensées profondes, les idées viennent à manquer.

On m’avait averti. On m’avait dit qu’un texte par jour, sur la durée, ce n’était pas possible, qu’il valait mieux annoncer tout de suite un abandon volontaire et honorable que de disparaitre inopinément et honteusement dans quelques jours sous l’effet d’un manque d’inspiration pourtant prévisible. J’étais prévenu.

Hier, vers 15 heures, aux confins de la sérénité Continuer la lecture de Journal de Campagne (25)

Journal de Campagne (24)

Journal de Campagne (24)
Mercredi 8 avril 2020 – 16h47

En cette joyeuse période de confinement, je rencontre de grandes difficultés à lire. D’après ce que j’entends, je ne suis pas le seul. Dans un des premiers numéros de mon Journal de Campagne, j’avais précisé la liste des livres emportés en exil, dont aucun n’avait bougé de son étagère après plusieurs jours. Finalement, et je l’avais fièrement annoncé, j’ai réussi à terminer le dernier Ian McEwan, Une Machine comme moi, mais je n’ai même pas eu le courage d’en faire une Critique Aisée. Avec le temps que j’ai mis à le lire, quand je suis arrivé à la fin, j’avais oublié le début. Comment faire une critique honnête dans ces conditions ? J’ai progressé aussi, mais bien peu, dans le Voyage au bout de la nuit.

Intéressante, cette seconde lecture :  je me suis aperçu que, lors de la première, je n’avais probablement pas dépassé le deuxième tiers. Je me souvenais assez bien de la guerre, de la convalescence, du séjour en Continuer la lecture de Journal de Campagne (24)

Journal de Campagne (23)

Ceux qui s’inquiétaient hier pour ma santé mentale se rassureront sans doute à la lecture de ce qui suit. 

Journal de Campagne (23)
Mardi 7 avril 2020 – 16h47

Je ne suis pas arrivé à mettre en vers mon merle sur gelée blanche d’avant-hier. Ça m’a un peu énervé. Alors ce matin, j’ai composé un sonnet octosyllabique, que j’ai intitulé « Tous les goûts sont dans la nature« . Pour faire bonne mesure, j’ai ajouté deux alexandrins.
Depuis, ça va beaucoup mieux.
Le voici :

Tous les goûts sont dans la nature
*
Sonnet
*
Tous les gnous sont dans la pâture
Tous les clous sont dans la voiture
Tous les roux sont dans la mature
Tous les poux sont dans la coiffure

Tous les bouts sont dans la voilure
Tous les mous sont Continuer la lecture de Journal de Campagne (23)

Journal de Campagne (22)

NDLR : Par un hasard malicieux ou grâce à une déchirure inopinée dans l’espace-temps, à moins que ce ne soit du fait d’une défaillance inexpliquée de l’éditeur WordPress, vous avez reçu hier soir l’article qui ne devait paraitre que le surlendemain. Du coup, je l’ai programmé pour ce soir, l’avançant ainsi de 24 heures, tout en le reculant du même nombre d’heures par rapport à la première publication. 
C’est pas clair ?
Quand on ne comprend pas l’énoncé d’un problème, ne pas paniquer, mais le relire. Ensuite si l’incompréhension persiste, lire l’énoncé à haute voix. Si elle persiste encore, le recopier. En désespoir de cause, accepter de ne pas comprendre. Moi, c’est toujours par là que je commence.

Journal de Campagne (22)
Lundi 6 avril 2020

Je ne sais pas si c’est la Campagne ou l’écriture de ce billet quotidien qui m’empêche aujourd’hui d’écrire, d’écrire autre chose que ces impressions de Champ de Faye. Je vois s’approcher le jour où je n’aurai plus un seul texte en stock. Il ne m’en reste plus que deux : un sur le Saint-Régis, bistrot de l’Île Saint Louis, Couleur café habituel, rien d’original, et un pastiche de Proust « Longtemps, je me suis levé de bonne heure ». Après, c’est le vide. Sentiment d’inconfort, pas encore de panique. Oh ! J’ai bien un texte sur les Deux Magots,  mais il est en panne, inachevé, bloqué. Et maintenant, voilà que les bistrots sont fermés. Impossible d’y aller chercher des idées. Impossible également d’écrire des « Critiques aisées » : plus de théâtre, plus de cinéma, et comme je ne lis pas non plus, plus de roman. Bien sûr, il y a les rediffusions, et j’en ai Continuer la lecture de Journal de Campagne (22)

Journal de Campagne (21)

Journal de Campagne (21)
Dimanche  5 avril 2020

Gelée blanche
Ce matin, un merle sautille sur la gelée blanche de la pelouse tondue d’hier. Vus de ma fenêtre, les rejets d’herbe coupée y forment des lignes régulières, celles d’une portée musicale sur papier vert pâle. En s’y promenant, l’oiseau noir, note pleine, compose son ode au matin.

Pas mal, non ?

J’ai écrit ça jeudi dernier, à l’aurore.
Et depuis, je travaille à le mettre en vers.
Ce sera encore plus mignon.

Oui, aujourd’hui , je sais  c’est court.
C’est court, mais c’est beau.
Et puis, c’est dimanche, merde !

Journal de Campagne (20)

Journal de Campagne (20)
Samedi 4 avril 2020

Depuis les événements des Gilets Jaunes, je ne regarde plus les informations télévisées et depuis que je suis à la Campagne, je n’ai plus de télévision du tout.

Mais je me tiens quand même informé. Pour cela, j’ai les alertes de FranceInfo et celles du Figaro, et quelques fois, la radio RTL au hasard de mes passages dans la salle de bain. L’autre jour, il devait être 13h30, tandis que je me rasais — je fais ce que je veux — j’ai écouté presque à mon insu, quelques minutes de l’émission Les auditeurs ont la parole. Je n’ai connu ce titre que plus tard quand Continuer la lecture de Journal de Campagne (20)

Journal de Campagne (19) et NOUVELLES DU FRONT (18) – 3/04/2020

Journal de Campagne (19)
Vendredi 3 avril 2020

Hier, à propos de la Campagne et plus particulièrement de Champ de Faye, je me suis fait une petite envolée sur la mémoire volontaire, l’involontaire, l’édifice immense du souvenir et tout le toutim. Cet exercice n’est pas facile et il devient vite casse-gueule quand on se laisse entrainer par la philosophie ou par la poésie si on n’est pas équipé pour. Donc, je vais laisser tomber pour un temps, bien que je sache que j’y reviendrai toujours, à ces gouttelettes impalpables qui portent le fameux édifice.

Revenons un peu aux bons vrais et simples souvenirs, à ce livre d’images que l’on peut tirer de la mémoire volontaire. Dans ce domaine, je m’aperçois qu’en six années de JdC, j’ai déjà beaucoup donné. En effet, tout ce que j’ai Continuer la lecture de Journal de Campagne (19) et NOUVELLES DU FRONT (18) – 3/04/2020

Journal de Campagne (18)

Journal de Campagne (18)
Jeudi 2 avril 2020

Dans mon 14ème Journal de Campagne, celui de Dimanche dernier, je vous avais parlé de la mémoire et des souvenirs. J’avais annoncé que, sitôt qu’il ne se passerait plus rien ici qui soit digne d’être raconté, je me lancerai à la recherche des souvenirs de Champ de Faye.

Ce temps est arrivé et, entre un essai de reprise de mon Cujas , la tentative avortée de réparation d’un banc de jardin et le visionnage de la nouvelle saison de la série Ozark, j’ai essayé. Croyez-moi, j’ai essayé de les retrouver, ces souvenirs, honnêtement, laborieusement. Et ils sont revenus, certains d’entre eux tout au moins : le premier jour seul dans cette maison glacée, les enfants glissant et tombant dans la gadoue, les tas de bois, les cabanes, les arcs fabriqués avec de la ficelle et du noisetier, les feux dans la cheminée, les mois de juin aux tisons, les parties de football avec le chien, les balades en forêt , les jeux de sociétés, les jeux de piste, les œufs en chocolat dans l’herbe mouillée, les weekends entre amis, l’herbe qui pousse et qu’il faut tondre, les rapports d’expertise sur la table de la cuisine, la neige sur les champs, le givre sur les arbres, les taupes, les chevreuils, les tracteurs qui passent, les vaches qui paissent et les veaux qui grandissent, les retours du dimanche soir…

J’aurais peut-être pu en faire un je me souviens. Je l’avais déjà fait avec mon enfance et mon adolescence, mais pour Champ de Faye, il est Continuer la lecture de Journal de Campagne (18)

Journal de Campagne (17)

Journal de Campagne (17)
Mercredi 1er avril 2020 – 16h47

Favorisée par cette période de crise et par l’anxiété qui en découle, cette année, on peut craindre que des poissons d’avril contaminés n’arrivent en masse sur les étals de nos marchés et que, pour ceux qui les ingurgiteront, le goût n’en soit amer.

Attention, ne pas confondre — NPC ! écrivait en gros sur le tableau vert mon prof de mathématiques, qui aimait bien les acronymes — ne pas confondre un poisson d’avril et une blague.

Depuis des semaines, les blagues sur le Coronavirus foisonnent et circulent librement. Et c’est un bien, parce que, qu’elles soient drôles ou minables, les blagues sont nécessaires pour traverser les temps difficiles. Tant que des blagues tournent, tant que l’on fait preuve d’un peu d’humour en les racontant ou en en souriant, c’est que le fond n’est pas atteint. Je ne crois pas du tout à cet aphorisme, attribué Continuer la lecture de Journal de Campagne (17)