La phrase de Proust

Si vous voulez savoir ce que je pense de Marcel Proust, allez lire ma critique « Ne lisez jamais Proust !« 

Mais  si vous voulez savoir ce que Paul Morand pensait de la longue phrase caractéristique du petit Marcel, lisez ce qui suit:

« Cette phrase chantante, argutieuse, raisonneuse, répondant à des objections qu’on ne songerait pas à formuler, soulevant des difficultés imprévues, subtile dans ses déclics et ses chicanes, étourdissante dans ses parenthèses qui la soutiennent comme des ballons, vertigineuse par sa longueur, surprenante par son assurance cachée sous la déférence, et bien construite malgré son décousu, vous engaine dans un réseau d’incidents si emmêlés qu’on se serait laissé engourdir par sa musique si l’on n’avait été sollicité soudain par quelques pensées d’une profondeur inouïe ou d’un comique fulgurant. »

Si vous voulez un bel exemple de la phrase proustienne, cliquez sur Proust à longueur de phrase

3 réflexions sur « La phrase de Proust »

  1. Bonjour Avistodenas
    Puisque tu es à la fois récent sur ce blog et intéressé par les incipits, je te suggère d’aller voir si les textes suivant te plaisent:

    L’hiver, des singes égarés
    https://www.leblogdescoutheillas.com/?p=7991

    dans le quel je cite quelques incipits fameux,

    Adoptez un incipit !
    https://www.leblogdescoutheillas.com/?p=4969

    texte dans lequel j’évoque l’angoisse de l’écrivain devant l’incipit de la Recherche du Temps Perdu

    et enfin « Incipit »
    https://www.leblogdescoutheillas.com/?p=4735

    dans lequel j’ai pris la première phrase de « Pour qui sonne le glas » à la suite de laquelle j’ai écrit un texte.

  2. Proust et son charme vieillot..

    Aujourd’hui, le point virgule a quasiment disparu au profit du point. Point.

    Pour ma part, je me suis plutôt essayé à trouver une première « plus belle phrase de roman » (alors que jamais je n’écrivis hormis quelques texticules) : « Longtemps, je me suis couché de bonne heure ». Quelle classe !

  3. “Quelques pensées d’une profondeur inouie ou d’un comique fulgurant”, ne se pose-t-on pas cette question, hésitant entre deux extrêmes, à la lecture ou à l’écoute d’une logorrhée fastidieuse? Je ne pense pas à Marcel en disant cela, mais tout de même, il peut remercier la langue française d’une telle richesse d’adjectifs qualificatifs.

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