Archives de catégorie : Critiques

Happy end – Critique aisée n°101  

Happy end
Michael Haneke – 2017
Isabelle Huppert, Jean-Louis Trintignant

Le sujet est banal : une famille bourgeoise de Calais, les Laurent, très riches, très bourgeois, très province.

Le genre n’est pas original : une comédie du genre « Pièce grinçante » d’Anouilh, c’est-à-dire pas une comédie, mais pas un drame non plus, juste de quoi se moquer de manière consensuelle des turpitudes des gens.

L’histoire est métaphorique : un effondrement sur un chantier de travaux publics va, sinon provoquer, du moins accélérer l’effondrement de la famille Laurent.

Le point de vue est double : un narrateur omniscient et silencieux qui passe d’un personnage à l’autre et une jeune fille de 13 ans, troublante et perturbée, surement la meilleure performance de comédien du film.

La position morale ou politique n’est pas trop manichéenne, mais quand même : les bourgeois sont des méchants ; il n’y en a pas un, y compris la petite fille, pour Continuer la lecture de Happy end – Critique aisée n°101  

¿ TAVUSSA ? (30) La Loi, entre vous et nous

Comme chaque année, le Sénat sponsorise l’installation de grands placards sur les grilles du Jardin du Luxembourg le long de la rue Médicis. J’ai toujours reproché à ces panneaux d’empêcher la vue sur les jardins, et j’avais proposé qu’au lieu de photos d’insectes répugnants ou de trognes rubicondes d’artisans en pleine activité, on y présente de grandes photographies de ce qu’on pourrait voir du jardin si les panneaux n’étaient pas là. Je n’ai pas été écouté, ni même entendu.

Ainsi, voici une nouvelle exposition d’une quarantaine d’agrandissements d’aquarelles de Noëlle Herrenschmidt. Elles représentent des palais, des salles et des scènes de la vie publique où la loi s’élabore, se discute, se vote et s’applique. L’exposition se tiendra du 16 septembre au 14 janvier 2018. Vous avez tout le temps.

Tout cela est assez joli et traite avec un grand respect ces lieux et ces hommes (et ces femmes, oui, d’accord, d’accord) qui font la loi. Je n’ai rien contre ce respect. Je serais même plutôt favorable à la pompe, pourtant souvent désuète et parfois ridicule, qui entoure tout cela. Il est toujours bon d’impressionner le peuple. En tout cas, moi, ça m’impressionne.

Cependant, dans cette exposition, un détail me perturbe. C’est le titre :

LA LOI, entre vous et nous

Qu’est-ce qu’on entend par là ?

Pour moi, bien sûr, il ne fait pas de doute que, dans l’esprit de l’auteur, ce « vous« , c’est vous, c’est moi, c’est nous, nous qui Continuer la lecture de ¿ TAVUSSA ? (30) La Loi, entre vous et nous

Petit paysan – Critique aisée n°100

Petit paysan
Hubert Charuel – 2017
Swann Arlaud, Sara Giraudeau

Je viens de voir un film, « Petit paysan », et j’ai brusquement réalisé que j’avais vécu des centaines et des centaines de week-ends à côté d’un éleveur de vaches laitières, un tout petit éleveur, encore plus petit que celui du film. Sans que je m’en aperçoive, ou plutôt sans que j’y prête attention, pendant ces week-ends et pendant les semaines qu’ils encadraient, mon tout petit paysan travaillait, peinait, s’inquiétait du temps, pourri, du prix du gas-oil, trop cher, de celui du lait, trop bas, des nouvelles normes, incompréhensibles… En fait, mon voisin des fins de semaine s’inquiétait de tout. Est-ce que sa voiture allait tenir encore longtemps, est-ce qu’il faudra vraiment remplacer le tank à lait, est-ce que le toit de l’étable supportera encore un hiver… ? Mais je ne le voyais pas, ou plutôt, je n’y prêtais pas attention. Et puis, après des centaines de week-ends et de semaines intercalées, il a vendu ses vaches laitières et il a élevé quelques veaux. Il a un peu changé d’inquiétudes : est-ce que le prix de la viande va encore baisser, combien va couter la réparation du chauffage de l’étable… Mais toujours : est-ce que ma voiture…, pourvu que le toit…, s’il se met à faire vraiment froid…. Mais je ne le voyais pas, ou plutôt, je n’y prêtais pas attention.

Et puis, il a pris sa retraite. Il a vécu enfin tranquille pendant quelques années, sans trop d’inquiétudes. Mais je ne le voyais pas, ou plutôt, je n’y prêtais pas attention. Et puis il est mort. Sa voiture, son toit, sa chaudière avaient tenu jusqu’au bout.

Toute sa vie de voisin, il avait été aimable, discret, souriant même. Il disait bonjour, ça pousse les enfants, comment ça va dans la banque ? car il me croyait banquier. Je disais bonjour, il fait drôlement froid, hein, vous avez voyagé un peu pour vos vacances ? car je croyais qu’il en prenait. Mais nous ne nous parlions pas, nous ne nous disions rien, que des petites paroles, banales, sans poids.

Voilà, j’ai pensé à tout ça. Je me suis dit que si je l’avais vu plus tôt, ce film, quelques centaines de week-ends plus tôt par exemple, je lui aurais prêté attention, à mon voisin des fins de semaine, un peu plus peut-être. Je lui aurais peut-être dit des choses, il m’aurait peut-être répondu. Va savoir…

Bon, on secoue les épaules et on pense à autre chose. Au film, par exemple. Je ne vous ai encore rien dit du film, ou si peu. Alors disons que le héros, Pierre, est un petit paysan, jeune, 30 ans, éleveur de vaches laitières, vingt-six. Il a une sœur, vétérinaire, des parents, retraités, il a repris leur ferme, des voisins, un gentil vieillard à l’esprit égaré, un autre éleveur, gros celui-là, cinq-cents hectares, un patron de bistrot, chaleureux. Il y a aussi une boulangère, éphémère.

Pierre vit avec ses vaches, par elles, pour elles. Il rêve d’elles, il en est fier, il les soigne, il les lave, il les caresse, il les trait, il ne fait jamais rien d’autre. Mais une méchante épidémie arrive de Belgique. Une de ses vaches est atteinte. Elle devrait être abattue, et le reste du troupeau avec. Mais non, il ne veut pas. Alors…Mais je ne vous dirai rien de plus. Ce n’est pas que l’histoire soit inattendue mais, même prévisible, sa progression est prenante, inexorable, comme celle d’une tragédie antique.

Quand vous irez voir ce film — parce qu’il le faut — ne vous attendez pas à un documentaire d’Arte sur la condition paysanne, avec petit matin brumeux sur pâture luisante, tasse de café et tartines silencieuses sur toile cirée à carreaux, dialogues renfrognés en contre-jour, gadoue et misère latente. Non, Pierre n’est pas renfrogné, il n’est pas pauvre, pas vraiment en tout cas, enfin on n’en parle pas. Il aime ce qu’il fait, il ne fait que ça, il n’a de temps pour rien d’autre. Même qu’il est peut-être heureux. On ne sait pas vraiment. Mais Pierre ne veut pas qu’on tue ses vaches. Alors avec obstination, avec lenteur, avec douleur, il fait ce qu’il ne devrait pas faire…

Film noir, thriller, drame psychologique, le film est tout ça à la fois. Il est dense. Il est tendu sur une action unique, sauver le troupeau. Il n’y a aucune complaisance sur l’éventuelle beauté de la campagne, sur l’hypothétique philosophie bucolique ou une prétendue amitié campagnarde. Mais il n’y a pas non plus de pathos, d’affectation, de cliché. On est toujours dans le sujet et, quand le film diverge brièvement sur un diner au restaurant, une partie de chasse ou une nuit de bowling, c’est pour montrer la perte de temps que ces distractions constituent dans l’itinéraire du petit paysan et faire ainsi monter encore un peu la tension.

Swann Arlaud est tellement convainquant dans son obstination douloureuse qu’on dirait un paysan doué pour le théâtre.

Enfin, j’ai un très gros faible pour Sara Giraudeau. Elle m’avait déjà emballé dans son rôle dans la série « Le bureau des légendes« . Elle est ici sensible et volontaire dans son personnage de sœur-vétérinaire. Et puis, elle ressemble tellement à son père.

On doit voir ce film, même quand on n’a pas de paysan dans ses voisins de fin de semaine.

Seven sisters – Critique aisée n°99

Seven sisters
Tommy Wirkola 2017
Noomy Rapace, Glenn Close, Willem Dafoe

Il m’arrive d’aller au cinéma sans idée préconçue, sans programme, sans projet. Et c’est comme ça que je viens de voir Seven Sisters de notre ami Wirkola. Il faut bien dire que, jusqu’ici, il ne nous avait rien donné de bien intéressant. Mais, voilà…

Un monde post apocalyptique, une dystopie —c’est chouette ce mot, non ? — dans laquelle un dérèglement hormonal dû à l’alimentation provoque un nombre immense de naissances multiples. Pour lutter contre la surpopulation, le gouvernement interdit plus d’une naissance par couple. Toute enfant supplémentaire est sanctionné par la cryogénisation du nouveau-né. Une femme meurt en mettant au monde sept filles, et le grand-père va les élever dans la clandestinité. Il les appellera Lundi, Mardi, Mercredi, etc…Pour tromper les autorités, elles devront toutes vivre la vie d’une seule, qui s’appellera Karen, et seulement le jour de la semaine correspondant à leur nom. En d’autres termes, chaque lundi c’est Lundi qui sera Karen, le lendemain ce sera Mardi, et ainsi de suite. C’est plus clair ?

Quand, deux heures plus tard, je me suis retrouvé sur le trottoir devant le cinéma, comme c’était le jour de la sortie du film, un enquêteur poli et distingué m’a demandé ce que je pensais de Seven sisters. Comme vous sans doute, j’ai souvent rêvé de cette situation où un journaliste me demande mon avis sur le film que je viens de voir. A chaque fois, je me vois argumenter une critique pleine d’esprit et Continuer la lecture de Seven sisters – Critique aisée n°99

Nostalgie n°16 – Le faucon maltais

Le faucon maltais
John Huston – 1941
Humphrey Bogart, Mary Astor, Peter Lorre

-Intrigue quasiment incompréhensible du roman de Dashiell Hammett, mais qu’est-ce que ça peut faire ?
-Premier film de John  Huston en tant que réalisateur.
-Premier vrai grand rôle d’Humphrey Bogart, impressionnant.
-Deux excellents acteurs moins connus, dans des rôles secondaires :

Elisha Cook, le petit gangster —l’homme qui tient le journal dans les photos ci-dessous. Cet acteur qui fait ici une prestation extraordinaire a toujours joué les traitres, les pleutres, les minables, mais il le faisait très bien. On se souvient de lui dans « L’homme des vallées perdues » et surtout dans « Ultime razzia« .

Sydney Greenstreet, le gros bandit —l’homme qui fait face à Bogart sur a dernière photo. Tout d’abord acteur de théâtre classique à Broadway —Shakespeare, Ben Jonson— et contemporain —O’Neill, Tchekhov, Giraudoux—, il est passé au cinéma. Surtout connu pour « Le faucon maltais » et pour « Casablanca« , il dégageait une énorme présence, pas seulement due à sa corpulence, mais aussi à son ambiguïté doucereuse.

Sur cette dernière photo, on peut voir aussi, debout en arrière plan, Peter Lorre, toujours inquiétant dans les roles troubles (M le maudit, Casablanca, Arsenic et vieilles dentelles)

Villa triste (Critique aisée 98)

Modiano, pour moi, c’était du passé : oubliée sa « Rue des boutiques obscures« , déserté son « Café de la jeunesse perdue« . Je ne pensais plus à le lire et, à vrai dire, aujourd’hui, j’en suis à me demander si je l’ai vraiment lu, le « Café… » D’ailleurs je ne lis pratiquement plus, occupé que je suis à la construction de mon magnum opus à moi.
Son prix Nobel de 2014 avait un instant remis le projecteur de mon attention sur cet auteur de mon âge, mais la banalité décevante de son discours de réception me l’avait fait vite oublier.
Un an auparavant, son éditeur, Gallimard, avait sorti un livre de 1088 pages, toutes signées Modiano. Il s’agit en fait de la re-publication de dix de ses romans.
J’ai de la chance, pour la fête des pères 2017, on me l’a offert. Alors, par politesse, j’ai lu le premier de ce volume, Villa triste.

Villa triste
(Gallimard, 130 pages, 1975, Prix des Libraires 1976. Impossible de vous donner le prix de vente, occulté par une pastille bleue, c’est un cadeau.)

Un garçon flou, incertain, dont on ne sait pas grand-chose sinon qu’il n’est pas ce qu’il prétend être, une grande et belle jeune femme molle, paresseuse, lascive, au passé mystérieux.

Un soi-disant médecin, probablement pervers, peut-être espion, peut-être ange gardien, une ville d’eau, brièvement réveillée pour la saison d’été, avec ses pianos de la plage, ses airs de rumba, ses concours d’élégance, ses oisifs, leurs automobiles, leurs femmes et leurs chiens, d’interminables après-midi, allongés n’importe où dans une chambre de palace, à regarder la lumière baisser, à faire l’amour, sans jamais le décrire ni même le dire, au son feutrés des balles de tennis, une atmosphère à la Souchon…

Un roman à lire l’été, mais pas un « roman de l’été » ; on en sort tout ensommeillé, comme après une longue sieste,

On dirait presque un premier roman, presque un  chef d’œuvre de débutant.

La planète des singes – Suprématie (Critique aisée 97)

La planète des singes – Suprématie
Matt Reeves – 2017

Quand je suis sorti de la séance de « La planète des singesSuprématie« , et dès que j’ai pu récupérer un peu de réseau, je me suis précipité sur Google. Je voulais vérifier si Matt Reeves n’avait pas, par hasard, réalisé tout à la fois « Les dix commandements« , « La grande évasion » et « Apocalypse now« . Et bien non, le gars n’est ni Cecil B. DeMille, ni John Sturges, ni Francis Ford Coppola (et c’est bien dommage). Ces trois monuments l’ont tellement impressionné qu’il en farci sa Planète : tout un peuple en fuite poursuivi par un escadron de néos-nazis, un Colonel Kurtz plus maniéré que Marlon Brando, et une extraction de masse d’un camp de prisonniers par un tunnel. Dans le cas de cette Planète, je ne parlerai pas d’influence ni même de référence à ces grands films, mais carrément de simple transposition, pour être gentil et ne pas dire mauvaise copie. Reeves a dû penser que ça ne se verrait pas trop parce que sa clientèle est trop jeune ou trop occupée ailleurs pour avoir vu autre chose que Iron Man, Batman, Spiderman et Superman, ou parce que les héros de son film sont des singes. Des singes qui parlent, qui aiment, qui pleurent, qui calculent, qui philosophent tout comme les hommes. La seule chose qu’ils ne font pas comme eux, c’est de rire. Parce que, comme chacun et Reeves le savent, le rire c’est notre propre à nous.

A croire quand même que les grands singes descendent de l’homme, car ils pensent et agissent selon tous les stéréotypes auxquels les séries B nous ont habitués : le leader inflexible animé par sa seule vengeance mais qui fera preuve de pitié à la fin, les braves seconds toujours là au bon moment pour le sauver ou pour le ramener à la raison jusqu’à ce qu’ils se sacrifient pour lui, le traitre à sa race qui se rachètera au dernier moment, le peureux ridicule qui trouvera la solution salvatrice, la fin apocalyptique qui tuera tous les méchants, et aussi quelques gentils car il ne faut pas être naïf. Une originalité cependant avec la présence parmi les singes d’une petite fille sourde et muette dont on se demande bien ce qu’elle vient faire dans ce scenario.

On pourrait rire de tout ça, parce c’est ce qui nous distingue de l’animal, de tous ces poncifs, ces ressorts dramatiques éculés et ces artifices transparents, si les scènes ne devenaient pas lassantes par leur longueur et quelques fois par leurs répétitions.

J’en sauverai une pourtant, parce qu’elle est brève spectaculaire et bien réalisée, une magnifique avalanche, puissante, aveugle mais aussi justicière car Reeves l’utilise pour nous asséner une grosse métaphore bien symbolique : de ce tsunami de neige, les seuls survivants seront les singes. Et pourquoi donc, s’il-vous-plait ? Mais parce qu’ils auront grimpé aux arbres, bien sûr ! Vous voyez le message ?

Si vous n’avez pas de gamin à accompagner voir ce must, vous pourrez éviter de le voir.

J’attendais quand même beaucoup mieux de ce réalisateur à qui nous devons un « Cloverfield » original, surprenant et terrifiant à souhait.

P.S. : Je dois à la vérité de dire que le Masque et la Plume, à l’unanimité de ses critiques et de son meneur de jeu, ont déclaré sans rire que ce film était à la hauteur d’Anthony Mann et de John Ford, qu’il était rempli d’humour et de sagesse, et qu’il constituait un enseignement pour l’avenir de l’humanité (C’est d’ailleurs sur la foi de cette émission que je suis allé voir le film sans trop renâcler). Je crois qu’il est temps qu’ils partent en vacances.

Nostalgie n° 15 – To be or not to be

To be or not to be
Ernst Lubitsch – 1942
Jack Benny, Carole Lombard

Encore un chef d’œuvre absolu, dans le genre comédie cette fois-ci. D’une incroyable habileté d’écriture et de mise en scène, l’histoire qui se passe à Varsovie occupée et qui raconte les démêlées d’une troupe de théâtre polonaise avec les nazis est inracontable. Lubitsch avait lui-même défini le principe de l’élégant humour qu’il pratiquait dans ses films : « Tout se fonde sur la théorie qu’au moins deux fois par jour le plus digne des êtres humains se rend ridicule« .
Ce fut le meilleur rôle de Jack Benny, comédien surtout connu pour ses shows à la radio puis à la télévision.
Ce fut aussi le dernier rôle de Carole Lombard, tuée dans un accident d’avion avant la sortie du film.

 

Le Vialatte est-il inné ou acquis ?

Ce texte, vous l’avez déjà lu. Il date de mai 2014. Mais il a perdu si peu de son actualité que, pour le mettre à jour, je n’aurais eu qu’à remplacer  mes références au Scooter du Pingouin ( que personne n’oubliera) et au Dictaphone de Monsieur Buisson (que tout le monde a oublié) par le transfert d’un footballeur hispano-brésilien dans un club quatari et les pistes cyclables de la rue de Rivoli. Mais, par respect pour Catherine T. à qui il avait été dédié,  j’ai préféré laisser intact ce texte désormais historique. Le voici :

à Catherine T.

L’autre soir à diner, ma charmante voisine de table me disait qu’elle aimait bien lire de temps en temps les petites histoires que je publie dans le Journal de Coutheillas. Laissant les autres dîneurs discuter de problèmes ardus de mécanique présidentielle, à savoir du scooter de Monsieur Hollande et du dictaphone de Monsieur Buisson, nous avons parlé longtemps de la forme et du contenu du JdC. C’est dire si, pour moi, ce fut une bonne soirée.
Mon enthousiaste convive émit cependant une interrogation sur le sens, et peut-être même un doute sur l’opportunité de l’exergue permanent qui figure sous le titre du Journal: « L’éléphant est irréfutable« .
Dans l’instant et les brumes du Haut-Médoc, je n’ai pas su lui donner de réponse satisfaisante, ou plutôt de réponse qui me satisfasse.
Mais à présent, muni de mon meilleur esprit d’escalier, je vais lui en donner, moi, des explications.

L’éléphant est irréfutable
Ces quelques mots constituent le plus bel aphorisme que je connaisse. Mais ce n’est pas que cela : ils forment à eux quatre toute une philosophie, une ligne Continuer la lecture de Le Vialatte est-il inné ou acquis ?

Nostalgie n° 14 – Stagecoach

Stagecoach
(La chevauchée fantastique)
John Ford 1939
John Wayne (Ringo kid) – Claire Trevor (Dallas) – Thomas Mitchell (Doc Boone)

Inspiré d’une nouvelle américaine elle-même vaguement inspirée de Boule de Suif, le film Stagecoach est un pur chef d’œuvre qui a renouvelé totalement le genre du western.

Le film fut un très grand succès lors de sa sortie et un critique avait pu même écrire : « Dans un grand geste superbe, John Ford a balayé dix ans d’artifice et de compromis et a réalisé un film qui fait chanter la caméra ».

On se souviendra en particulier de l’apparition de John Wayne au bout de 18 minutes de film : Ringo apparait de face au bord de la piste, sa selle posée sur l’avant-bras gauche et sa Winchester à la main droite : une des plus belles entrées qui soit pour un acteur. Il a fallu attendre 1962 et Lawrence d’Arabie pour voir aussi bien avec l’apparition d’Omar Sharif comme un mirage dans le désert. Voici quelques scènes de Stagecoach :

 

 

 

 

 

Le film est visible sur YouTube
Et maintenant, qu’est-ce qu’on dit ?