Journal intime – Mardi 11 mars 2013

Café Le Comptoir, rue Soufflot, en haut à droite

Je me retrouve a nouveau dans ma position favorite de consommateur dans un cafe d’étudiants, déjà décrite dans des épisodes précédents. Je n’y reviens pas. Comme d’habitude, je suis venu la à la recherche de l’inspiration. La voilà.

Seule a une table devant moi, une grande fille, assez belle dans son allure, est assise de profil, face à son ordinateur Asus de couleur rouge. Entre elle et le PC, un gros livre est ouvert, qu’elle consulte entre deux sessions de frappe. Elle est concentrée. Derrière elle, la neige continue de tomber, moins épaisse que tout à l’heure. Plus je la regarde, et plusje trouve qu’elle est un peu trop forte, et qu’elle ressemble à cette actrice qui jouait la secrétaire de Jean-Pierre  Aumont dans La Nuit Américaine. Pensées contradictoires et simultanées.
Un garçon arrive qui s’assoit à sa table. Il a un visage ouvert, il est fin et ne colle pas très bien physiquement avec la fille, mais je trouve que c’est un point positif pour elle. Elle rit. C’est chouette à entendre.
Le reste de la salle s’est remplie de jeunes gens, probablement de la fac de droit qui est juste en face. Les discussions sont animées. Si la clientèle avait quelques années de plus, on pourrait croire à une scène d’un film de Sautet.

Je me demande pourquoi j’ai l’impression de ne pas avoir connu une telle ambiance au temps de mes années au Quartier Latin : discussions animées, rapports apaisés entre filles et garçons. Dans ce café, apparemment pas de frimeurs. Les filles sont presque toutes jolies malgré leurs gros manteaux, leurs foulards et leurs cheveux longs en tous sens.
Pourquoi ? Peut-être ai-je oublié ? Peut-être ai-je aussi connu ça ? Peut-être non ? Mariage  précoce, manque de confiance en soi, manque de naturel. Époque différente ? C’est ça ! Époque différente !

J’aurais dû tenir un journal intime. Peut-être l’ai-je fait ? Mais alors, où est-il passé, sacré bonsoir !

2 réflexions sur « Journal intime – Mardi 11 mars 2013 »

  1. Pudeur, certainement. Amertume, pas vraiment, mais simple regret que les rapports aient été plus compliqués du temps de ma folle jeunesse. Mais sincérité, certainement. La sincérité, c’est l’avantage et même le propre d’un journal intime. Il n’est normalement destiné qu’à soi-même. À quoi bon en tenir un si c’est pour arranger les faits et les sentiments ?
    La décision cruciale, elle est deux parties : c’est d’abord celle de le publier et ensuite de le publier sans le modifier.
    C’est celle que j’ai prise, mais pour un journal intime que je n’ai tenu que peu de temps.
    Comme je l’avais dit dans mon article « Souvenirs, souvenirs… » mon journal n’était pas publiable en l’état ni surtout in extenso. Je sais que lorsqu’on écrit, on s’expose, mais il y a des limites à l’exhibitionnisme. Je n’ai donc retenu de mon journal intime que les textes qui selon moi, pouvaient présenter un intérêt anecdotique ou même littéraire sans trop franchir le mur de ma vie privée.
    Que l’on se rassure, cette limite de la pudeur sera largement franchie avec Go West !, mais pour une période de temps très limitée, un été 62. Go West !, bientôt chez Amazon…pour 12 euros seulement !

  2. J’ai été très sensible à ton dernier récit qui disait ce que Paddy, Jim, Bruno et les autres dont moi, ont aussi ont un jour ressenti. Mais sommes-nous capables, comme toi, de les exprimer avec la même pudeur et la même amertume ?

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