L’Iran, connais pas ! 

J’y suis allé, moi, en Iran. Ça m’a même permis d’écrire les impressions nocturnes d’un étranger dans les rues de la capitale de l’Iran. Je les publierai demain ici-même. Donc, l’Iran, j’y suis allé. Mais en fait, l’Iran, je connais pas ! 

L’Iran, connais pas !

L’Iran, je n’y ai passé qu’un mois, et c’était il y a une cinquantaine d’années. Alors, vous pensez, l’Iran, je ne peux pas dire que je connais.

En plus, c’était du temps du Shah ! Depuis, il est parti, le Shah. Alors, l’Iran il a changé, surement. Aujourd’hui, il me serait difficile de dire que je connais. 

Et, quand j’y étais, ce que j’avais vu de l’Iran, c’était surtout Téhéran. J’avais bien fait un petit tour en avion jusqu’à Isfahan et en voiture jusqu’au bord de la Caspienne, mais je n’avais vraiment vu que Téhéran. Alors, dire que je connais l’Iran serait exagéré. 

Et encore, de Téhéran, ce que j’avais vu ce n’était que les quartiers Nord, les quartiers modernes. Bon d’accord, un petit tour au sud, dans le bazar, mais c’est tout. 

Alors, bon ! L’Iran connais pas !

Pourtant, malgré les cinquante années passées, je me souviens assez bien d’une ville agréable, moderne, libre et vivante, avec des cinémas, des restaurants, des théâtres, un opéra, des rues pleines de voitures fabriquées en Iran et de femmes bien habillées… Bref, pour moi qui, à la même époque, connaissait un peu la Syrie, la Jordanie et l’Irak, il y avait quand même un sacré contraste, une différence sensible de niveau de vie et d’impression de liberté et, comment dire, d’énergie et d’élan. Bien sûr, en France, on m’avait parlé d’une forte opposition religieuse, dont nous abritions d’ailleurs le chef, mais à Téhéran, on m’expliquait que les mollahs, grands propriétaires terriens, s’opposaient surtout à la réforme agraire de la Révolution Blanche que menait le Shah et qui allait les déposséder d’une grande partie de leurs terres. 

Aussi, quand en 1979, la révolution islamique est arrivée et que j’ai vu et entendu la presse française (et occidentale en général, mais il faut relire les vibrants éditoriaux de Libération et du Monde de l’époque, encore plus enthousiastes que ceux qu’ils avaient consacrés à la révolution des Kmehrs rouges) saluer la chute d’une horrible dictature et la libération d’un peuple opprimé, j’ai été un peu surpris quand même. Mais la même presse assurait que les mollahs n’auraient qu’un temps, qu’ils céderaient vite la place aux gentils hommes de gauche et aux bons révolutionnaires qui avaient accompagné les mollahs. Alors, le Shah ? Bon débarras !

Bon ! Mais il semble que cela ne ce soit pas passé comme prévu. Il semble que les mollahs n’aient  pas cédé la place aux vaillants hommes de gauche, ni même aux braves révolutionnaires. On dit même qu’ils les auraient exécutés, tous. Et puis, même si l’Iran finançait les attentats en France et ailleurs, on s’est habitué à l’Iran des mollahs. Au moins, il était stable, l’Iran des mollahs. Il y avait bien la guerre Iran-Irak, sorte de guerre de 14 proche-orientale. Mais nous n’étions pas vraiment concernés, et puis, sur le front, le calme est revenu. Alors, on a regardé ailleurs.

Mais aujourd’hui, qu’est-ce qu’on apprend par la presse étonnée dans les chaumières ? Qu’il n’y a jamais eu régime plus sanguinaire, plus implacable, plus cruel et plus dangereux que celui des mollahs ! Alors, la presse s’indigne, et dans les chaumières on s’indigne aussi, forcément. Ben, oui. Il faudrait qu’ils fassent la révolution, les Iraniens, qu’ils se débarrassent des mollahs, qu’ils descendent dans la rue. Faudrait qu’ils se décident les Iraniens, parce qu’en attendant, le baril ne fait que monter ! Au besoin, on ira les aider, les Iraniens, comme on a aidé les Hongrois en 1956 et les Tchécoslovaques en 1968. 

Allez, les Iraniens ! Show some guts ! 

Une réflexion sur « L’Iran, connais pas !  »

  1. Dans le même ordre d’idées, j’aimerais que l’on parle du nouveau Maire LFI de Saint Denis qui a décidé de désarmer la Police Municipale.

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