Archives de catégorie : Critiques

Le Cas Richard Jewell – Critique aisée n°201

Critique aisée n°201

Le Cas Richard Jewell
Clint Eastwood – 2019 – 129 minutes
Paul Walter Hauser, Sam Rockwell, Jon Hamm, Kathy Bates

Il est incroyable, le vieux. Il y a un an, il nous avait donné La Mule (vous pouvez cliquer sur le titre) que, dans un bel élan moutonnier, tous les critiques, moi y compris, avait appelé un film testament. Eh bien, voilà qu’il nous en sort un autre : Le cas Richard Jewell.

Moins personnel, moins original, moins testamentaire que La Mule, Le cas Richard Jewell n’en est pas moins le film parfait ; allez, disons presque parfait.

Mettons que vous ayez 90 ans et que vous vouliez faire un film parfait, enfin presque parfait. Comment vous y prenez-vous ?

C’est simple : Continuer la lecture de Le Cas Richard Jewell – Critique aisée n°201

1917 – Critique aisée n°200

Critique aisée n°200

 1917
Sam Mendes – 2020

Voilà : j’ai mis du temps à aller voir 1917. Alors peut-être l’avez-vous déjà vu sans connaitre mon avis. De toute façon, je vous aurais dit d’y aller. Mais si vous ne l’avez pas encore fait, dépêchez-vous, car 1917 ne se joue plus que dans les plus petites des salles des complexes. Le film devrait donc disparaitre bientôt, car il parait qu’il y a un « Ducobu chez les Tuche » qui arrive.

Pour 1917, les critiques ont été généralement très bonnes à l’exception essentielle de Libération. Pour ce journal, le film « manque de point de vue ». Venant de Libération, cela veut probablement dire qu’on n’y trouve ni déclaration pacifiste ni pamphlet anti-capitaliste. Peut-être le journal regrette-t-il aussi que les officiers n’y soient pas montrés comme de sombres brutes alcooliques, aveuglés par la discipline, insensibles au sort des hommes. Libération aime bien les choses simples, claires, manichéennes pour Continuer la lecture de 1917 – Critique aisée n°200

Le Porteur d’Histoire – Critique aisée n°199

Critique aisée n°199

Le Porteur d’Histoire
Alexis Michalik
Théâtre des Béliers, Paris 18°

Pour commencer, le théâtre était à perpette, rue Sainte-Isaure, sur le flanc nord de la butte Montmartre, mais plus près du périphérique que du Sacré-Coeur, c’est tout dire.
Ensuite, depuis un mois c’était la grève. Une dizaine de pour cents des employés de la RATP bloquait Paris dans de gigantesques embouteillages. Alors, il fallait prendre ses précautions parce que le spectacle commençait à 19 heures, la pointe de l’heure de pointe. Être précautionneux, cela voulait dire prévoir deux Continuer la lecture de Le Porteur d’Histoire – Critique aisée n°199

Les Siffleurs – Critique aisée n°198

Critique aisée n°198 

 Les Siffleurs
Corneliou Prumboiu – 2019
Vlad Ivanov, Catrinel Marlon
97 minutes – 8,50 € tarif senior

Nous autres critiques de cinéma, nous aimons bien de temps en temps donner à nos critiques un sous-titre qui, sous la forme d’un jeu de mots, d’un calembour ou d’une référence littéraire, indiquera d’entrée au lecteur le sens de notre appréciation. Par exemple, j’avais fait un « Ad Astra – désastreux » dont j’étais assez Continuer la lecture de Les Siffleurs – Critique aisée n°198

OCCUPIED – Critique aisée n°197

Critique aisée n°197

OCCUPIED
Série norvégienne
Erik Skjoldbjærg, Karianne Lund, Jo Nesbø

La Norvège, vous connaissez ? Moi, je n’y ai jamais mis les pieds. Tout ce que je savais d’elle avant d’aller consulter Wikipedia, c’est que c’est collé contre la Suède tout au nord de l’Europe, que c’est couvert de neige et de fjords, qu’il n’y a pas beaucoup d’habitants et que quand on les entend discuter entre eux, on dirait qu’ils parlent à l’envers. Je croyais savoir aussi que les Norvégiens qui, il y a quarante ans, se nourrissaient exclusivement de saumons fumés et de ragout de rennes, vivent aujourd’hui de pétrole et de gaz naturel comme le premier émir arabe venu. On m’avait dit aussi, mais ça il ne faut pas le répéter, que les Suédois racontent sur les Norvégiens les histoires que les Français racontent sur les Belges. Mais ça, c’était avant qu’ils ne deviennent les rois du pétrole. Bref, je ne savais pas grand-chose sur la Norvège, mais ça ne me préoccupait pas plus que ça.

Et puis, il y a eu OCCUPIED.

OCCUPIED, c’est une série Netflix et norvégienne dans laquelle je me suis imprudemment lancé. Alors, j’ai voulu en savoir davantage sur le pays. Et voilà :
La Norvège, 380.000 km2, ça fait à peu Continuer la lecture de OCCUPIED – Critique aisée n°197

Les Filles du Docteur March – Critique aisée n°196

Critique aisée n° 196

Les Filles du Docteur March
Greta Gerwig
Saoirse Ronan, Emma Watson, Laura Dern, Meryl Streep, Timothée Chalamet, Louis Garrel

Les Filles du Docteur March (Little Women) est un roman écrit par Louisa May Alcott en 1868. Il raconte la vie quotidienne de la famille March, dont le père est parti à la guerre de sécession, laissant derrière lui sa femme et ses quatre filles.
Ce premier roman connu immédiatement un tel succès que Louisa écrivit une suite dès l’année suivante, puis deux autres suites en 1871 et en 1886.
Personnellement, je n’ai lu aucun des romans de Mme Alcott mais je me souviens qu’enfant, le titre français de la traduction du premier volume de la saga, Les Quatre filles du Docteur March, parue en 1951 était sur toutes les lèvres.

Bien entendu le cinéma s’est vite emparé de ce succès, et la dernière adaptation de Greta Gerwig en est en fait la sixième. Vers l’âge de dix ou douze ans, probablement Continuer la lecture de Les Filles du Docteur March – Critique aisée n°196

¿ TAVUSSA ? (66) – Il faut brûler Notre-Drame de Paris

        Ah, Paris !

Pour les automobilistes, l’enfer.
Selon le Parisien, les automobilistes n’ont jamais perdu autant de temps dans les embouteillages dans les grandes métropoles, Paris est la ville la plus embouteillée de France devant Marseille et Bordeaux, et la 4ème ville la plus embouteillée d’Europe derrière Dublin, Athènes et Édimbourg. Hidalgo veut supprimer 60 000 places de stationnement, près de la moitié du total, pour faire des pistes cyclables1.

Pour les piétons, la jungle.
-incapable de compenser sa réduction drastique des capacités offertes aux automobiles par une augmentation des fréquences des bus et une amélioration du confort du métro et du RER,
-peu désireuse de faire respecter l’interdiction faite aux vélos et trottinettes Continuer la lecture de ¿ TAVUSSA ? (66) – Il faut brûler Notre-Drame de Paris

Cafés, etc. – Critique aisée n°195

Critique aisée n°195

Cafés, etc.
Mercure de France – 116 pages

C’est un type qui va dans les bistrots.
Il y va tout seul, dans des tas de bistrots. Souvent, il dit leur enseigne, il donne leur adresse, il les décrits, juste un peu ou plus précisément. Ça dépend.
La plupart du temps, il ne précise pas ce qu’il consomme, mais il consomme, c’est forcé, car dans ces bistrots, il y reste longtemps, une heure, deux heures, plus même, parfois. Alors, vous comprenez, il faut bien qu’il consomme.
Une fois assis, il commence par regarder. Il regarde le serveur, un couple, une femme, la porte des toilettes, le plafond, n’importe quoi, la rue même. Et puis il écrit. Des notes, des phrases, ou même seulement Continuer la lecture de Cafés, etc. – Critique aisée n°195

Black Mirror – Critique aisée n°194

Critique aisée n°194

Black Mirror
Netflix

Après The Big Bang Theory, et sur un total de presque 200 critiques publiées, ceci n’est que la deuxième Critique aisée à porter sur une série télévisée.

Encore une série. Une série américaine. Ah non ! Elle est britannique, plutôt. Bof ! C’est pareil ! Et diffusée sur Netflix en plus !  Pouah ! On ne va pas se laisser prendre à des trucs comme ça, non mais sans blague. On a mieux à faire. Lire le JdC, par exemple.
Bon, allez, on va essayer quand même, puisque Machin nous a dit que c’était pas mal du tout et que Machin, c’est Machin.
Tiens ? Il y a déjà cinq saisons ! Allons-y pour le premier épisode de la première saison. Faut être logique quand même. Et puis sans ça, on ne va rien comprendre, enfin, s’il y a quelque chose à comprendre…

Premier épisode, première saison : L’hymne national.
Bonne mise en scène, bons acteurs… Ça, les Anglais, ils savent faire… Mais quelle histoire grotesque ! Le premier ministre, pour sauver une Continuer la lecture de Black Mirror – Critique aisée n°194

Phèdre – Critique aisée n°193

Critique aisée n°193

Phèdre
Jean Racine
Mise en scène : Brigitte Jaques-Wajeman
Rôle titre : Raphaële Bouchard
Par le Théâtre de la Ville au Théâtre des Abbesses.

Cette fois-ci, nous n’avons marché qu’une heure et demi dans un Paris privé de Métro pour parvenir jusqu’au Théâtre des Abbesses, qui abrite le Théâtre de la Ville pour le temps de son interminable rénovation.

Quand même pas à la taille du Théâtre de la Ville (1000 places), celui des Abbesses (400 places) est cependant un vrai théâtre, d’architecture greco-moderne, moins confortable qu’il n’y parait au premier abord, mais avec une salle plutôt pentue qui permet de bien voir de partout. (Bien entendre de partout, c’est une autre histoire et on y reviendra.)

Avant ce soir là, je n’avais vu Phèdre qu’une seule fois. Maria Casarès tenait le rôle titre, Alain Cuny était Thésée et Jean Vilar était à la fois Théramène et metteur en scène. C’était au TNP. Nous y avions été traîné par notre école. Je n’avais pas seize ans. Je me souviens du décor minimaliste, juste un petit banc sur un grand Continuer la lecture de Phèdre – Critique aisée n°193