Café le Bac Saint Michel
Me voici à nouveau dans ma position favorite de consommateur assis en salle d’un café du coin, devant mon clavier et un demi de 1664. Serai-je plus inspiré que tout à l’heure dans le Luxembourg avec mon appareil photo ?
Contrairement au jardin, rempli d’une foule qui hésite encore entre le manteau d’hiver et le blouson de demie saison, la salle du café-tabac est vide, mis à part les fumeurs à court de cigarettes et qui font la queue au guichet. La terrasse, par contre, est pleine. Elle est au soleil. Les clients sont jeunes, c’est le quartier qui veut ça. Une fille, plutôt jolie, raconte une histoire avec vivacité et beaucoup de gestes. Elle porte une veste noire, un de ces foulards très légers couleur panthère, et un petit chignon placé très haut sur la tête. Son histoire ne devait être bien interessante, car elle vient de finir et le silence s’est installé à la table qu’elle partage avec un garçon en sweater vert et une autre fille qui me tourne le dos. Le garçon baille, l’autre fille fume. Quand celle-là tournera la tête de trois quart, je pourrai voir qu’elle est métis, avec une très jolie couleur de peau. Elle porte une veste de treillis vert vif, rien de militaire là-dedans. Je les envie un peu, malgré tous les soucis qui les attendent probablement.
Malgré l’ambiance habituelle, musique en fond sonore de mauvaise qualité, entrecoupée de publicités incompréhensibles, malgré le bruit des verres, du frigidaire à pâtisseries et de la circulation du boulevard, malgré l’odeur de la bière, je ne me sens pas du tout inspiré. Je ne crois pas que je reviendrai de sitôt dans ce café.