Journal de Campagne (2)

Journal de Campagne (2)
Mardi 17 mars 2020 – 16h47

Hier soir, Macron a parlé.  J’attendais des mots graves, durs, stressants, des mots destinés à faire peur. Ils ne l’ont pas été. Pas assez, pas assez précis, pas assez concentrés sur le seul sujet qui vaille, la distanciation, l’isolement, le confinement.

Après l’épisode scandaleux du match OL-Juventus et l’épisode ridicule du maintien du 1er tour des municipales (un grand merci à Gérard Larcher sans oublier les présidents des partis d’opposition), j’ai eu l’impression que tout cela restait dans la demi-mesure : « 15 jours… ne faites pas ceci… évitez cela… restez chez vous… lisez… » Dans le code de la route, on ne dit pas « évitez de franchir la ligne médiane » on dit « il est interdit de franchir la ligne médiane ». Alors, peut-on croire vraiment que les molles injonctions d’hier soir vont persuader les fortes têtes, les adolescents et les abrutis de rester chez eux ?

Il va falloir passer à la trique. Ce sont bien sûr les ministres, le Premier et celui de l’Intérieur, qui en sont chargés, mais je trouve qu’ils n’ont pas le poids que le Président aurait eu. J’ai la nette impression que là-haut, on craint plus la panique que la contagion.

Quand on regarde ce qui a été fait dans certains pays, on voit bien que chez nous, on a tardé à agir, et quand on l’a fait, la moitié d’entre nous s’est mise à rigoler, à convier ses amis chez soi, au restaurant, ou au bistrot.

Hier, dans l’après-midi, l’info sur le confinement à venir a fuité partout et aussitôt les trains se sont remplis de gens partant dans leur campagne contaminer leur famille. J’imagine en outre e bonheur du Covid-19 de se trouver d’un seul coup en aussi bonne et aussi dense compagnie.

Bon, on peut espérer que tout ça va s’organiser tout doucement, mais l’impression de temps perdu reste forte.

Ce matin, je me suis fait livrer, avant midi, 6m3 de produit de première nécessité : du bois à bruler.

Autrefois, en matière de bois, on parlait de stères. Mais, comme l’avait si bien dit Raymon Devos : « Si on parle de stère, on n’est pas près de s’entendre ! » Alors, aujourd’hui on parle de m3.

Cette photo me fait penser à un vieux dicton Comanche « Quand homme blanc stocker du bois, Printemps sera rude ».

A demain.

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