Ah ! Les belles boutiques – 39

Chez Léna et Mimile
32 rue Tournefort
Paris 5ème

Chez Léna et Mimile, j’y vais depuis soixante ans, pas très souvent, une ou deux fois dans l’année, mais depuis soixante ans. Au début des années soixante, peut-être avant aussi, mais je n’étais pas là, c’était un bistrot ouvrier où l’on mangeait sur de la toile cirée à carreaux rouges et blancs : un œuf mimosa fané, un steak-frite épais comme une tranche de jambon et un triangle de camembert plâtreux ou une banane pas mure. Aux beaux jours, le patron, Mimile sans doute, sortait deux tables en fer sur le trottoir surélevé, et on y mangeait trois rondelles de saucisson, un steak-frite épais comme une tranche de jambon et un triangle de camembert plâtreux ou une banane pas mure. On pouvait en déjeunant regarder les jeunes filles qui vous regardaient déjeuner du haut de leurs fenêtres du Foyer Concordia. Aujourd’hui, les choses ont changé. Léna et Mimile sont probablement partis sur la Côte d’Azur et l’établissement a été repris depuis bien des années par des gens qui ont compris l’intérêt de l’emplacement : moins de cent mètres de la rue Mouffetard mais à l’écart de tout, au carrefour des quatre rues les plus calmes de Paris, en surplomb d’un petit square en triangle muni d’une fontaine à l’esthétique discutable mais discrète. Ces gens ont donc acheté progressivement les deux boutiques voisines, dont je n’avais jamais vu les vitrines que passées au blanc d’Espagne, triplant de cette manière la surface du restaurant. Ils ont tout rénové mais en gardant strictement l’esprit bistrot et constitué une carte aujourd’hui raisonnable.

Puis-je vous conseiller d’aller chez Léna et Mimile par un beau et chaud soir d’été (autrement dit : pas aujourd’hui).

 

La série « Ah ! les belles boutiques »
L’objectif : rendre hommage aux commerçants qui réussissent à conserver l’aspect traditionnel de leur façade de magasin, et les encourager à persévérer.
Le contenu : une photo de la devanture d’un magasin, avec si possible l’adresse et, très éventuellement, un commentaire sur la boutique, ou son histoire, ou son contenu, ou sur l’idée que s’en fait le JdC.

Une réflexion au sujet de « Ah ! Les belles boutiques – 39 »

  1. Dans les années début 60, j’aimais aussi aller là les soirs de beau temps y retrouver les copains pour dîner. La place devant était totalement libre et il y avait toujours une place pour y garer ma 2CV.

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